10/12/2018

Quelle croissance ? Réponse au député PLR Yvan Zweifel, la Tribune du 10 décembre, page 2

Quelle croissance ? Comme un avion ! Sic ! Inconscience, cynisme ou prophétie ? Sans peur ni une once d’une hésitation le député PLR Yvan Zweifel y va de sa recette : « Construire en hauteur, mettre le turbot, en ville mais pas à la campagne ni dans les zones villa » pour les projets, supprimer les « lois inutiles protégeant le logement » pour les dégâts collatéraux… On croit rêver…

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19/11/2018

Prochaine votation- DÉCLARATION DE L'EGLISE PROTESTANTE DE GENÈVE

Voici cette déclaration annoncée

Votation du 25 novembre 2018 sur l'initiative populaire fédérale
dite « des juges étrangers »

Parce que l'Eglise protestante de Genève est profondément attachée à l'histoire et au destin de ce canton façonné par le christianisme éclairé, l'Europe et le monde – une histoire et un destin qui vont jusqu'à être magnifiés par l'expression de "l'esprit de Genève";

 Parce que la démarche des initiants apparaît ankylosée par des mécanismes bien connus en Eglise que sont le fondamentalisme (comme piège de la conviction solitaire) et le congrégationalisme (comme tentation identitaire et abrogation des médiations institutionnelles);

 Parce qu'on ne badine pas avec les droits fondamentaux qui nous lient à la communauté internationale par-delà les sensibilités politiques, et qu'on ne saurait considérer que dénoncer la Convention européenne des Droits de l'Homme (CEDH) soit un effet collatéral possible à une décision du peuple souverain (lequel n'est toutefois pas tout-puissant et ne saurait le croire);

 Parce que notre pays s'est efforcé, au fil de son histoire, de tenir compte et de ménager ses minorités, et que sa construction même, dans le subtil équilibre des représentations fédérales, reflète ce souci constant de la paix dite confessionnelle et civile;

 Parce que la politique et le travail parlementaire fédéraux ne sauraient se concevoir sans recherche de consensus, où le bien commun, l'expérience longue et le discernement l'emportent sur les intérêts particuliers, fussent-ils majoritaires;

 Pour ces raisons notamment, l'EPG vous recommande la plus grande prudence citoyenne au moment de voter le 25 novembre 2018 ou da manière anticipée sur l'Initiative pour l'autodétermination, et ne pas lier votre vote à des arguments maladroits et à une perspective politiquement et spirituellement appauvrissante pour notre pays. La Suisse doit rester le cœur vivant de l'Europe, elle ne saurait s'incurver davantage sur elle-même et se croire autosuffisante.

17/11/2018

Blocher et les juges étrangers

Étonnant Christophe Blocher ! Étonnant et déroutant par ses contradictions telles qu’il les exprime dans l’interview qu’il a accordée au Temps du 21 octobre. Trop perso pour être crédible, le vieux tribun ?

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27/09/2018

L'humanitaire et le politique.

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Les Conventions de la Croix-Rouge et celles des Droits de l’homme ne sont pas une question d’humanitaire mais de politique.

Je m’élève fermement contre le confinement dans le domaine humanitaire du débat sur l’élargissement de la loi sur le commerce des armes. Hier encore, au siège newyorkais de l’ONU, MM. Berset et Cassis ont entonné ce credo : « tenir compte de la tradition humanitaire de la Suisse » pour le premier, « nous demander si nous devons donner plus de poids à notre industrie d’armement, c’est-à-dire notre sécurité ou à nos considérations humanitaires » pour le second (Tribune de Genève 27 sept. 2018 p.18-19). Je relève déjà le mépris du terme considérations attribué par I. Cassis à l’humanitaire face au poids de celui d’industrie dont il gratifie le commerce des armes.

Les fondateurs de la Croix-Rouge et les auteurs des Conventions de Genève (il y a plus de 150 ans) puis des autres traités internationaux nés des catastrophes des deux guerres mondiales ne faisaient pas de l’humanitaire dans ce sens méprisant de quelques attitudes gentilles et compatissantes, ils faisaient de la politique, de la « realpolitik », avec son côté cynique, voire hypocrite mais intelligente et clairvoyante.

I. Cassis commet une grave faute politique (peut-être aussi humanitaire !) quand, copiant son mentor D. Trump, il ose : « La Suisse n’a pas besoin d’une administration mondiale qui est inefficace dans son travail ». Oh le bon élève ! Je suggère à son parti, le PLR, dont on pourrait pourtant attendre une meilleure connaissance de l’histoire politique suisse et internationale, de pallier son incurie en lui offrant quelques cours… Mais il est vrai que, élu par l’UDC, ce n’est pas sur cette connaissance-là de l’histoire de sa patrie qu’il le fut.

De plus, il entonne, sans très bien savoir ce qu’il fait, l’autre credo bien actuel : la sécurité, nouvelle déesse à qui on va sacrifier encore bien des vies. Croyez-vous vraiment, Monsieur le Conseiller fédéral, que c’est en augmentant notre production et nos ventes d’armes que nous serons plus en sécurité ? Comment allez-vous garantir notre sécurité et notre neutralité dans ce commerce : en vendant plus d'armes et munitions aux USA et à l’URSS et à la Chine et à l’Afghanistan et à la France... ?

Non, Messieurs les Conseillers fédéraux : n’ignorez pas la SAGESSE POLITIQUE D’UN GRAND SUISSE, NICOLAS DE FLUE, la sentinelle aux yeux fermés selon A. Honegger dans son Oratorio, qui appelait ses compatriotes à renoncer aux armes et à l’or du commerce et des gloires militaires! 

Nicolas, notre Saint helvétique, ne faisait pas de l’humanitaire mais bien de la politique. Lisez donc sa biographie écrite par Philippe Baud, théologien catholique à l’Université de Fribourg : Nicolas de Flue (1417-1487), un silence qui fonde la Suisse Cerf, Paris 1993. Je vous invite aussi à contacter le bureau du Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres, vous pourriez y apprendre bien des choses sur le lien indéfectible et bénéfique entre humanité et politique mais fi de l'humanitaire!

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20/09/2018

Prochaines votations sur les 2 initiatives vertes : tout va très bien Madame la Marquise !

Est-ce de la peur ou l’aveuglement qui motive le refus des deux initiatives ?

Si seulement c’était la peur on pourrait argumen20180919_150104.jpgter et peut-être se comprendre mais, comme pour la surdité, il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Vous ne voyez donc pas que si le soleil brille, il brûle aussi et que s’il fait beau,

et c’est vrai que c’est beau et doux et agréable cet arrière-été,

la sécheresse tue et tuera ?

 

Mais non, continuons… ce n’est pas vrai comme dit M. Trump, ce sera trop cher comme dénonce M. Berset en osant son : « ceux qui ne peuvent pas se payer du bio ». Touchant cette sollicitude de circonstance. Je n’ai vu et entendu ni lui ni le Conseil fédéral se battre en faveur de ceux qui ne peuvent pas se payer… des logements décents, des soins normaux, une presse de qualité... Touchante et insultante cette sollicitude : il y a des tas de gens qui, paysans et consommateurs, ne se payent pas du bio, comme si c’était un luxe mais qui choisissent une vie autre, respectueuse de la nature, de la terre et de ses habitant-e-s.

Continuons donc et à nos enfants de se débrouiller. De toute façon c’est pour plus tard et le jet d'eau sera toujours là. Vraiment ?



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01/09/2018

Junker et sa drôle conception des sondages

Merci à Alain Rebetez, correspondant de la TdG à Paris qui, dans son éditorial de l'édition des 1er et 2 septembre, révèle les curieux calculs du Président de la Commission européenne selon laquelle 84 % des Européens sont favorables à la suppression de changement d'heure.

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31/08/2018

A Tamédia : Pierre Rütschi, vous avez écarté un penseur.

La mise à pied du rédenchef de la Tribune est non seulement une injustice vis-à-vis du principal intéressé, elle est une insulte au lectorat de ce journal que vous jugez suffisamment faible et vendu aux intérêts capitalistiques de vos actionnaires pour ne pas réagir à ce que vous lui faites.

Elle est aussi une faute politique et un mépris total à la pensée, à la faculté de jugement et, donc, au besoin des habitants de la Suisse d'avoir accès à une presse intelligente.

Après l'assassinat du Matin, vous continuez votre travail de sape de la Suisse, romande pour le moment mais que les amis alémaniques demeurent vigilants... des temps tout aussi durs les attendent. A propos du Matin, je gage qu'il disparaîtra aussi dans sa version papier dominicale, déjà quasi introuvable dans les cafés et restos qui, pourtant, y étaient abonnés. Quant à sa version sur tablette, je n'ai trouvé aucun établissement public la proposant...

Et à quand le tour du Temps? Heureusement, demeure le Courrier, et c'est tout à son honneur mais quel appauvrissement!

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23/04/2018

La foi, une menace? Nous sommes tous ‘du peuple’ donc laïques. J'ai écouté les débats au Grand Conseil de Genève

L‘actuel débat sur la Loi sur la laïcité au Grand Conseil de Genève (commencé le 22 mars et dont la suite est prévue le 26 avril) m’interroge : il ne parle de croire, de foi et de religion uniquement en termes de dangerosité et de menace ou de vestiges d’un passé qui devrait être révolu. Pas de reconnaissance au double sens du terme, reconnaissance d’un héritage et joie à savoir que des hommes et des femmes sont croyants et que leur foi est belle, même si on ne la partage pas.

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04/03/2018

Lorsqu'on tue votre enfant, est-ce que vous avez envie ou la force de pardonner?

Telle est la question qui clot l'excellent article de Catherine Focas dans la Tribune de ce week-end (3 & 4 mars p. 3) Demander pardon a-t-il une valeur pour la justice? Il interroge le pasteur que je suis sur le sens du pardon. Pardonner est souvent difficile, non par manque de courage des offensés mais par mauvaise intelligence de cet acte. En effet il est trop souvent compris comme un "bon geste", un "allez, je te pardonne" ou, pire: "On efface tout ça, on n'y pense plus".

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11/02/2018

No Billag : « Un oui contraindra la SSR à se réformer » ? Non, il n’y a pas de « plan B

Un slogan apparaît de plus en plus : le plan B. Il y en aurait un mais, première explication, il est volontairement caché par le Conseil fédéral pour renforcer le clan du rejet par la peur et, seconde explication, c’est le travail du parlement (Le Temps du 29 janvier Opinion de Marc Comina).

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19/01/2018

No Billag : l’UDC tombe (enfin) le masque et trahit ses idéaux…

"Billag supprimée, c'est la démocratie libérée!" 

L’invitée de la Tribune de Genève du 18 janvier, C. Amaudruz, tombe le masque et trahit. Elle n’est pas la seule…

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11/01/2018

No Billag : l’étonnant soutien de l’UDC

L’UDC a construit son idéal politique sur l’indépendance de la Suisse, sur une identité puisée dans son histoire vue à travers le prisme d’un pays résistant, seul contre tous. Le refus des juges étrangers est encore le slogan-phare du parti.

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13/12/2017

No Billag ou la 'liberté' des lois du Marché

A propos de No Billag et de l’nterview accordée par Monsieur Jutzet à la Tribune de Genève du 11 décembre 2017

« NOUS SOMMES POUR LA LIBERTÉ » dites-vous M. Jutzet. Mais à quelle liberté pensez-vous ? Vous l’associez au marché. Mais que connaissez-vous du marché et de sa liberté? A cette question vous répondez avec une belle assurance : « C’est assez simple : le marché c’est la possibilité pour deux personnes qui veulent commercer ensemble de s’entendre » et vous ajoutez : « c’est l’expression de la liberté pure ». Ignorance ou naïveté ?  Grave !

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25/11/2017

La procédure, c’est la procédure, la mère n'enfantera pas !

Et pourtant l’enfant est mort, et pourtant la mère était enceinte, et pourtant elle criait, elle disait « contractions ». Et son mari criait et sa sœur criait. Mais il y a la procédure à appliquer. DSCN0681.JPG

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31/10/2017

L’économie selon Monsanto ou le combat contre l’obscurantisme économique, une guerre religieuse ?

Dans son dossier L’Affaire Galilée (17e s.), publié dans le numéro 440 d’octobre 2017 (pp. 36-65), la revue française L’HISTOIRE [www.lhistoire.fr] a attiré mon attention sur la vigilance à exercer face aux nouvelles religions.

L’analyse que fait L'Histoire des attaques contre Galilée et de son procès, des réseaux activés, des intérêts en jeu, de l’hégémonie de la pensée unique de l’époque — l’interprétation des textes bibliques et la maîtrise de la science par la seule papauté—, tout cela m’a conduit à faire un parallèle avec le combat entre l’actuelle pensée unique du libéralisme économique et le projet d’une vie mondiale citoyenne, combat magistralement illustré par la lutte contre l’entreprise Monsanto et son fameux ‘Roundup’.

Le numéro de L’Histoire décrit la lutte de Galilée contre l’obscurantisme religieux comme la « naissance d’un rapport rationnel de l’homme au monde qui visait à émanciper la raison de la foi » (op.cit. p. 41). Je prétends qu’aujourd’hui nous nous trouvons dans une situation analogue, soit dans un combat contre l’obscurantisme économique et que nous sommes à la naissance d’un rapport rationnel de l’homme au monde qui vise à émanciper la raison d’une pensée « économicocentrée ».

On retrouve en bonne partie les mêmes armes dans ce combat : les réseaux, les financiers, les protecteurs et, surtout, le mépris du ‘peuple’. S’il y a d’un côté la puissance politique, financière et scientifique de la Rome catholique et politique avec l’appui de plusieurs universités, Galilée jouit aussi de protections et de soutiens importants : des centres intellectuels (Pise et Padoue par exemple), la cour des Médicis avec Ferdinand II, le grand-duc de Toscane dont l’un des descendants, le Cardinal Orsini, sera son intercesseur auprès du pape, de théologiens dont Barberini, le futur pape Urbain VIII, qui le laissera tomber en recevant la tiare pontificale, d’hommes de lettre, de moines et de poètes. Certes, ces soutiens ne lui épargneront pas un procès pour le forcer à abjurer mais lui éviteront la torture et aboutiront à une peine relativement légère…

Mutatis mutandis, nous retrouvons les mêmes schémas dans le combat actuel pour la suprématie économique : réseautage, désinformation, intérêts occultes, trahisons. 

Le mépris

Cependant j’aimerais attirer votre attention sur le mépris, arme redoutable quand elle est liée à la maîtrise de l’information : avec Galilée, écrit L’Histoire, on sortait "du monde des savants transformés en héros pour rejoindre le monde des savoirs ordinaires que ces derniers partagent avec les artisans, sages-femmes ou astrologues" (op.cit. p. p. 41). Ce mouvement avait été amorcé au siècle précédent, celui de la Réforme, initié par l’affichage des 95 thèses de Luther contre le trafic des indulgences dont on fête le 500e anniversaire ces jours. Son efficacité et sa puissance doivent beaucoup au fait que le Réformateur avait d’emblée partagé ses découvertes, ses espérances et ses projets avec le ‘petit peuple’, celui de ces « artisans, sages-femmes ou astrologues ».

La Réforme et les siècles qui suivirent virent l’émergence d’une nouvelle société, celles de gens ‘ordinaires’, bourgeois, commerçants, bacheliers, artisans, imprimeurs. Ils ont rivalisé avec les soi-disant experts en théologie. Aujourd’hui, même révolution, mais les thèmes ont changé, ils sont économiques, climatologiques, agricoles, et de nouveaux intérêts et dépendances sont démasqués. La violence, elle, demeure !

Avec le combat contre le glyphosate on retrouve ce même mépris des « simples gens » exprimé par la firme avec cette perpétuelle rengaine : ils n’y connaissent rien, sont soumis à des idéologies néfastes, manipulés, par contre ‘nous’, nous savons de quoi nous parlons et avons nos experts et nous avons les moyens de nos ambitions... Monique Goyens, directrice générale du Bureau Européen des Unions de Consommateurs ne s’y est pas trompée : « La technique utilisée par l’industrie c’est de semer le doute et de se positionner comme dépositaire de la science » (La Tribune de Genève du 25 oct. 2017). « Dépositaire du savoir» : dans le procès contre Galilée, le protonotaire apostolique et secrétaire du pape Paul V écrivait à propos des partisans du savant : « Qu’ils demeurent donc plutôt avec l’Eglise, ennemie des nouveautés qu’il est séant de fuir ». L’Eglise comme lieu unique et mère du savoir. Aujourd’hui c’est d’une autre « Eglise » dont il s’agit mais avec la même arrogance et les mêmes méthodes qu’au bas Moyen-âge ! La violence exercée contre les opposants de tel pesticide ou contre les paysans résistant en Amérique du Sud  contre le vol de la terre témoigne de l’âpreté du combat. Aux partenaires du partage des ressources, soient-elles naturelles ou intellectuelles, et de leur bonne exploitation, les lobbies répondent, aujourd’hui comme au 17e siècle par la violence, qui peut aller jusqu’au meurtre, par la calomnie et des affirmations qui cachent - bien mal !- leur refus de tout partage et leur soif de pouvoir.

Un combat religieux au sens positif et négatif

Ce combat est religieux au sens positif et négatif du terme. Négatif, à cause du lien hélas toujours possible entre le glaive et le goupillon et à cause de cette prétention à parler au nom d’une instance toute puissante et nécessaire, Dieu alors, l’économie de nos jours. Il est religieux au sens positif, quand il est fondé sur le principe biblique (même si la bible n’en a pas l’exclusivité) que nous ne possédons pas l’origine du monde et que la terre a été créée avant l’humain à qui elle fut donnée et confiée.

Galilée fut condamné en 1633 puis réhabilité 359 ans plus tard, en 1992 par le pape Jean-Paul II, l’accès à la connaissance ouvert par lui et ses devanciers, Gutenberg, Luther, Copernic, Calvin ne put jamais être refermé, malgré tous les essais. Il ne le sera pas aujourd’hui non plus. Car la revue que je cite présente le 17e siècle comme le passage d’un monde clos à l’univers infini. Oui, ce n’est pas fini ! Notre 21e siècle est toujours pris dans ce mouvement vertigineux. La lutte engagée pour le partage des ressources contre la volonté de grandes puissances économiques n’est pas si éloignée du combat de Galilée et Luther.

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20/09/2017

Ce que je veux, si je veux, quand je veux ou le Marché, nouvelle divinité

A propos de la votation sur la « sécurité alimentaire »

On en parle peu, pas assez. C’est l’alinéa ‘c’ qui me gène : « créer les conditions pour une agriculture et un secteur agro-alimentaire répondant aux exigences du marché ». C’est justement là que l’erreur et la distorsion par rapport au projet initial ont été introduites : faire des lois du marché la norme de la production de la terre. La nature a une énorme capacité de production mais des limites aussi. Tout ce qui se passe ces temps nous le rappelle, surproduction, déforestation, huile de palme, ouragans, tous nous dit et redit qu’il est temps d’adapter nos « exigences » à ce que nous pouvons recevoir. Le contraire est cette attitude infantile du tout ce que je veux, quand je veux, si je veux. C’est l’enfant qui fait une scène dans le supermarché parce que son père ne lui donne pas le jouet, la glace, le truc qu’il veut.

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02/06/2017

Ascension et Pentecôte les deux fêtes qui nous font adultes.

Il y a plus de 40 ans un catéchumène me disait que le départ de Jésus pour les cieux, l’Ascension, était pour lui une bonne chose car ainsi nous devenons responsables de nous-mêmes et… de lui. Quelle belle intuition ! Effectivement en quittant le monde Jésus nous dit : « Qu’avez-vous à regarder le ciel ? » (La Bible, livre des Actes des apôtres, ch. 1) ce qui veut dire : maintenant à vous de jouer.

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16/05/2017

Votation sur l'énergie: le courage de l'espérance ou le repli

Alors que les arguments pour et contre la loi fleurissent dans les médias, je suis plongé dans le livre de Piccard et Borschberg: Objectif soleil. Et je me  prends à regarder autrement les arguments des uns et des autres. Il n'y a pas photo: c'est soit le repli soit l'audace. Soit la peur et la concentration sur une pseudo sécurité et ce à court terme, très court terme, soit l'audace de l'avenir avec, oui, le saut dans une part d'inconnu mais avec quelles belles perspectives, et quels emplois nouveaux et quelles opportunités ! On sait ce que les deux pionniers ont choisi.

 

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16/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - Dimanche de Pâques: Tout est neuf. La résurrection, victoire confiée

Lecture : A l’aube du premier jour. Evangile selon Jean 20,1-18. Le récit du tombeau ouvert chez Jean est troublant à cause des nombreux allers et retours des principaux protagonistes : Marie-Madeleine, Pierre et le disciple que Jésus aimait. La première arrive au petit matin pour procéder aux rites funéraires mais la tombe est ouverte, le tombeau vide. Elle court avertir Pierre qui vient avec son ami. Ils courent aussi, Le premier arrivé regarde mais n’entre pas, Pierre arrive après, entre et voit les bandes et les linges qui entouraient le cadavre. Alors l’autre disciple entre à son tour. Il voit et il croit mais les deux rentrent chez eux…

Marie-Madeleine est restée dehors, en pleurs. Elle se penche vers le tombeau et voit deux anges qui lui demandent pourquoi elle pleure. « Parce que je ne trouve pas le corps de mon Seigneur ». Elle se retourne, voit un homme, en fait Jésus, mais elle ne le reconnaît pas. Il lui demande pourquoi elle pleure. Elle le prend pour le jardinier du cimetière et lui demande où il a mis le corps. Jésus, l’appelle alors par son nom. Elle se retourne, le reconnaît et s’écrie : « Mon maître » et Jésus: « Ne me retiens pas mais va annoncer à mes frères que je monte vers mon père qui est votre père », et Marie-Madeleine, instituée première envoyée va…

 

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14/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - 6. Vendredi et Samedi saints: Le temps du silence de Dieu et en Dieu

La mort de Jésus : Jésus a été crucifié. Au pied de la croix, des femmes, sa mère, sa tante, une ou deux autres, un disciple, celui à qui Jésus confiera sa maman. puis, enfin, le dernier cri de Jésus : ‘tout est fait, accompli’ et Jésus rend son souffle. Suivent alors les rites funéraires habituels qu’il faut accomplir avant le début du sabbat : décrocher le corps, trouver un sépulcre, y déposer la dépouille avec les parfums et aromates habituels. Les femmes et un disciple encore inconnu, Joseph d’Arimathée, s’en chargeront. Et commence dès le soir de ce vendredi le silence du sabbat, le repos de toute tâche jusqu’au jour d’après, le premier de la semaine où il faudra bien reprendre la vie normale. Ce sera notre dimanche.

Dieu se tait, Jésus a rendu l’âme. C’est le temps du silence.

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