31/10/2017

L’économie selon Monsanto ou le combat contre l’obscurantisme économique, une guerre religieuse ?

Dans son dossier L’Affaire Galilée (17e s.), publié dans le numéro 440 d’octobre 2017 (pp. 36-65), la revue française L’HISTOIRE [www.lhistoire.fr] a attiré mon attention sur la vigilance à exercer face aux nouvelles religions.

L’analyse que fait L'Histoire des attaques contre Galilée et de son procès, des réseaux activés, des intérêts en jeu, de l’hégémonie de la pensée unique de l’époque — l’interprétation des textes bibliques et la maîtrise de la science par la seule papauté—, tout cela m’a conduit à faire un parallèle avec le combat entre l’actuelle pensée unique du libéralisme économique et le projet d’une vie mondiale citoyenne, combat magistralement illustré par la lutte contre l’entreprise Monsanto et son fameux ‘Roundup’.

Le numéro de L’Histoire décrit la lutte de Galilée contre l’obscurantisme religieux comme la « naissance d’un rapport rationnel de l’homme au monde qui visait à émanciper la raison de la foi » (op.cit. p. 41). Je prétends qu’aujourd’hui nous nous trouvons dans une situation analogue, soit dans un combat contre l’obscurantisme économique et que nous sommes à la naissance d’un rapport rationnel de l’homme au monde qui vise à émanciper la raison d’une pensée « économicocentrée ».

On retrouve en bonne partie les mêmes armes dans ce combat : les réseaux, les financiers, les protecteurs et, surtout, le mépris du ‘peuple’. S’il y a d’un côté la puissance politique, financière et scientifique de la Rome catholique et politique avec l’appui de plusieurs universités, Galilée jouit aussi de protections et de soutiens importants : des centres intellectuels (Pise et Padoue par exemple), la cour des Médicis avec Ferdinand II, le grand-duc de Toscane dont l’un des descendants, le Cardinal Orsini, sera son intercesseur auprès du pape, de théologiens dont Barberini, le futur pape Urbain VIII, qui le laissera tomber en recevant la tiare pontificale, d’hommes de lettre, de moines et de poètes. Certes, ces soutiens ne lui épargneront pas un procès pour le forcer à abjurer mais lui éviteront la torture et aboutiront à une peine relativement légère…

Mutatis mutandis, nous retrouvons les mêmes schémas dans le combat actuel pour la suprématie économique : réseautage, désinformation, intérêts occultes, trahisons. 

Le mépris

Cependant j’aimerais attirer votre attention sur le mépris, arme redoutable quand elle est liée à la maîtrise de l’information : avec Galilée, écrit L’Histoire, on sortait "du monde des savants transformés en héros pour rejoindre le monde des savoirs ordinaires que ces derniers partagent avec les artisans, sages-femmes ou astrologues" (op.cit. p. p. 41). Ce mouvement avait été amorcé au siècle précédent, celui de la Réforme, initié par l’affichage des 95 thèses de Luther contre le trafic des indulgences dont on fête le 500e anniversaire ces jours. Son efficacité et sa puissance doivent beaucoup au fait que le Réformateur avait d’emblée partagé ses découvertes, ses espérances et ses projets avec le ‘petit peuple’, celui de ces « artisans, sages-femmes ou astrologues ».

La Réforme et les siècles qui suivirent virent l’émergence d’une nouvelle société, celles de gens ‘ordinaires’, bourgeois, commerçants, bacheliers, artisans, imprimeurs. Ils ont rivalisé avec les soi-disant experts en théologie. Aujourd’hui, même révolution, mais les thèmes ont changé, ils sont économiques, climatologiques, agricoles, et de nouveaux intérêts et dépendances sont démasqués. La violence, elle, demeure !

Avec le combat contre le glyphosate on retrouve ce même mépris des « simples gens » exprimé par la firme avec cette perpétuelle rengaine : ils n’y connaissent rien, sont soumis à des idéologies néfastes, manipulés, par contre ‘nous’, nous savons de quoi nous parlons et avons nos experts et nous avons les moyens de nos ambitions... Monique Goyens, directrice générale du Bureau Européen des Unions de Consommateurs ne s’y est pas trompée : « La technique utilisée par l’industrie c’est de semer le doute et de se positionner comme dépositaire de la science » (La Tribune de Genève du 25 oct. 2017). « Dépositaire du savoir» : dans le procès contre Galilée, le protonotaire apostolique et secrétaire du pape Paul V écrivait à propos des partisans du savant : « Qu’ils demeurent donc plutôt avec l’Eglise, ennemie des nouveautés qu’il est séant de fuir ». L’Eglise comme lieu unique et mère du savoir. Aujourd’hui c’est d’une autre « Eglise » dont il s’agit mais avec la même arrogance et les mêmes méthodes qu’au bas Moyen-âge ! La violence exercée contre les opposants de tel pesticide ou contre les paysans résistant en Amérique du Sud  contre le vol de la terre témoigne de l’âpreté du combat. Aux partenaires du partage des ressources, soient-elles naturelles ou intellectuelles, et de leur bonne exploitation, les lobbies répondent, aujourd’hui comme au 17e siècle par la violence, qui peut aller jusqu’au meurtre, par la calomnie et des affirmations qui cachent - bien mal !- leur refus de tout partage et leur soif de pouvoir.

Un combat religieux au sens positif et négatif

Ce combat est religieux au sens positif et négatif du terme. Négatif, à cause du lien hélas toujours possible entre le glaive et le goupillon et à cause de cette prétention à parler au nom d’une instance toute puissante et nécessaire, Dieu alors, l’économie de nos jours. Il est religieux au sens positif, quand il est fondé sur le principe biblique (même si la bible n’en a pas l’exclusivité) que nous ne possédons pas l’origine du monde et que la terre a été créée avant l’humain à qui elle fut donnée et confiée.

Galilée fut condamné en 1633 puis réhabilité 359 ans plus tard, en 1992 par le pape Jean-Paul II, l’accès à la connaissance ouvert par lui et ses devanciers, Gutenberg, Luther, Copernic, Calvin ne put jamais être refermé, malgré tous les essais. Il ne le sera pas aujourd’hui non plus. Car la revue que je cite présente le 17e siècle comme le passage d’un monde clos à l’univers infini. Oui, ce n’est pas fini ! Notre 21e siècle est toujours pris dans ce mouvement vertigineux. La lutte engagée pour le partage des ressources contre la volonté de grandes puissances économiques n’est pas si éloignée du combat de Galilée et Luther.

20/09/2017

Ce que je veux, si je veux, quand je veux ou le Marché, nouvelle divinité

A propos de la votation sur la « sécurité alimentaire »

On en parle peu, pas assez. C’est l’alinéa ‘c’ qui me gène : « créer les conditions pour une agriculture et un secteur agro-alimentaire répondant aux exigences du marché ». C’est justement là que l’erreur et la distorsion par rapport au projet initial ont été introduites : faire des lois du marché la norme de la production de la terre. La nature a une énorme capacité de production mais des limites aussi. Tout ce qui se passe ces temps nous le rappelle, surproduction, déforestation, huile de palme, ouragans, tous nous dit et redit qu’il est temps d’adapter nos « exigences » à ce que nous pouvons recevoir. Le contraire est cette attitude infantile du tout ce que je veux, quand je veux, si je veux. C’est l’enfant qui fait une scène dans le supermarché parce que son père ne lui donne pas le jouet, la glace, le truc qu’il veut.

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02/06/2017

Ascension et Pentecôte les deux fêtes qui nous font adultes.

Il y a plus de 40 ans un catéchumène me disait que le départ de Jésus pour les cieux, l’Ascension, était pour lui une bonne chose car ainsi nous devenons responsables de nous-mêmes et… de lui. Quelle belle intuition ! Effectivement en quittant le monde Jésus nous dit : « Qu’avez-vous à regarder le ciel ? » (La Bible, livre des Actes des apôtres, ch. 1) ce qui veut dire : maintenant à vous de jouer.

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16/05/2017

Votation sur l'énergie: le courage de l'espérance ou le repli

Alors que les arguments pour et contre la loi fleurissent dans les médias, je suis plongé dans le livre de Piccard et Borschberg: Objectif soleil. Et je me  prends à regarder autrement les arguments des uns et des autres. Il n'y a pas photo: c'est soit le repli soit l'audace. Soit la peur et la concentration sur une pseudo sécurité et ce à court terme, très court terme, soit l'audace de l'avenir avec, oui, le saut dans une part d'inconnu mais avec quelles belles perspectives, et quels emplois nouveaux et quelles opportunités ! On sait ce que les deux pionniers ont choisi.

 

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16/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - Dimanche de Pâques: Tout est neuf. La résurrection, victoire confiée

Lecture : A l’aube du premier jour. Evangile selon Jean 20,1-18. Le récit du tombeau ouvert chez Jean est troublant à cause des nombreux allers et retours des principaux protagonistes : Marie-Madeleine, Pierre et le disciple que Jésus aimait. La première arrive au petit matin pour procéder aux rites funéraires mais la tombe est ouverte, le tombeau vide. Elle court avertir Pierre qui vient avec son ami. Ils courent aussi, Le premier arrivé regarde mais n’entre pas, Pierre arrive après, entre et voit les bandes et les linges qui entouraient le cadavre. Alors l’autre disciple entre à son tour. Il voit et il croit mais les deux rentrent chez eux…

Marie-Madeleine est restée dehors, en pleurs. Elle se penche vers le tombeau et voit deux anges qui lui demandent pourquoi elle pleure. « Parce que je ne trouve pas le corps de mon Seigneur ». Elle se retourne, voit un homme, en fait Jésus, mais elle ne le reconnaît pas. Il lui demande pourquoi elle pleure. Elle le prend pour le jardinier du cimetière et lui demande où il a mis le corps. Jésus, l’appelle alors par son nom. Elle se retourne, le reconnaît et s’écrie : « Mon maître » et Jésus: « Ne me retiens pas mais va annoncer à mes frères que je monte vers mon père qui est votre père », et Marie-Madeleine, instituée première envoyée va…

 

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14/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - 6. Vendredi et Samedi saints: Le temps du silence de Dieu et en Dieu

La mort de Jésus : Jésus a été crucifié. Au pied de la croix, des femmes, sa mère, sa tante, une ou deux autres, un disciple, celui à qui Jésus confiera sa maman. puis, enfin, le dernier cri de Jésus : ‘tout est fait, accompli’ et Jésus rend son souffle. Suivent alors les rites funéraires habituels qu’il faut accomplir avant le début du sabbat : décrocher le corps, trouver un sépulcre, y déposer la dépouille avec les parfums et aromates habituels. Les femmes et un disciple encore inconnu, Joseph d’Arimathée, s’en chargeront. Et commence dès le soir de ce vendredi le silence du sabbat, le repos de toute tâche jusqu’au jour d’après, le premier de la semaine où il faudra bien reprendre la vie normale. Ce sera notre dimanche.

Dieu se tait, Jésus a rendu l’âme. C’est le temps du silence.

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13/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - 5. Jeudi saint: Le jeune homme anonyme - chacun peut trouver une place

Ce soir, avant de passer par le silence de Dieu du vendredi et du samedi, je vous propose de regarder la figure d’un personnage étonnant dont l’évangile de Marc (ch. 14) est le seul à parler. Voici son récit : Jésus vient d’entrer dans le jardin où il venait souvent se retirer avec ses amis quand il est arrêté par la garde romaine. Il retient ceux de ses amis qui voulaient se battre et se laisse arrêter. Alors qu’il est emmené, un jeune homme qui le suivait, vêtu seulement d’un drap est arrêté par la garde mais, lâchant le drap, il s’enfuit, tout nu.

J’aime ce récit parce que l’apparition de ce jeune homme permet à chacun de se glisser dans le texte, même anonymement s’il le désire, comme ce personnage. Voyons ce qu’en dit l’évangéliste : il est jeune, anonyme, il suit Jésus, n’a qu’un drap, s’enfuit, est nu.

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12/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - 4è méditation. Aujourd’hui : le dernier repas, une arche au delà de la violence

Lecture : le dernier repas (Evangile selon Luc 22,14-20)

A l’heure donnée Jésus se mit à table avec les disciples et leur dit : « J’ai tellement désiré prendre ce repas avec vous, le repas de la Pâques, celui que nos pères et nos mères ont mangé dans le désert. Prenez de ce pain, buvez à cette coupe et partagez entre vous, ceci est ma vie donnée pour vous. Mais, je vous le dis, je ne prendrai plus ce repas qui est mon alliance avec vous jusqu’à ce qu’elle soit accomplie ».

Depuis longtemps j’ai été frappé par le caractère de « pont » que la cène prend dans ce texte.

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11/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - «Aujourd’hui l'invitation injuste: tu seras avec moi au paradis »

C'est trop facile! (Evangile selon Luc 23,35-43)

Jésus est mis en croix avec deux condamnés de droit commun, le peuple est là qui regarde, les chefs religieux ricanent devant ce crucifié qui se prétend fils de Dieu et ne peut se sauver. L’un des condamnés l’apostrophe : « Sauve-toi toi-même et sauve nous si tu es fils de Dieu » tandis que l’autre le reprend : « Arrête. Nous, c’est normal que nous soyons condamnés, mais lui n’a rien fait de mal » et il se tourne vers Jésus et lui dit : « Souviens-toi de moi quand tu viendras comme un roi » et Jésus lui dit : « Vraiment je te le dis : aujourd’hui tu seras avec moi au paradis ».C’est trop facile, peut-on légitimement penser à l’audition de ce récit. Ainsi, à la dernière minute et sans rien payer, on pourrait être invité au paradis et y accéder, même après des délits, des crimes, un meurtre ? Il y a de la violence dans cette promesse de Jésus, même si nous sommes habitués à ce récit, même si nous nous accrochons à ce qui ressemble un peu à une confession, à l’aveu de la faute qui, alors, pourrait justifier l'invitation de Jésus. Et encore, notre besoin d’une justice qui rétablit le droit, venge la victime et punit l’agresseur est tel qu’il n’est pas certain que nous aurions accordé cette grâce à un tel malfaiteur…

Mais, ici et maintenant, ce n’est plus de justice humaine qu’il s’agit mais de Dieu et de son amour, un amour fou, déraisonnable, hors normes. La justice des humains n’a plus cours car l’inéluctable est en route : le lien entre Dieu et l’humanité. Ou il casse ou il tient. Ou ce Dieu qui dit aimer les humains tient bon ou il cède à jamais. C’est l’alliance donnée à nos parents qui est en jeu, cette alliance dite éternelle lorsque Dieu appela Abraham, notre père dans la foi, et lui dit : « Pars de ton pays, quitte-le et va vers le pays que je te donne. Sois béni, en toi toutes les familles de la terre seront bénies. Et Abraham partit » (Genèse ch. 12).

Pour retrouver cette alliance, pour sortir de la loi de la faute et de la punition, on pressent que l’exercice de la justice humaine est vain, qu’il faut autre chose, qu’il faut briser un cercle vicié. Il y a un besoin de vie au delà de la justice, ce besoin irraisonnable qu’exprime le malfaiteur. La justice humaine n’est pas condamnée, le bandit accepte sa condamnation mais elle est, ici et maintenant, récusée pour faire place à une vie impossible sur le plan humain.

Jésus a compris l’appel qui est celui de sa mission : ouvrir des chemins là où tout est fermé et même logiquement fermé, et il se pose comme origine de cette vie : « Aujourd’hui tu seras… ». Devant la mort inéluctable, il ouvre un chemin qu’il prend aussi, celui de la mort, du mort : « avec moi aujourd’hui au paradis, avec moi car j’y vais ». Pour cela, Jésus abandonne toute exigence. Il ne résiste pas à l’injustice, ne demande ni reconnaissance de son innocence, ni raison de mourir. Il met toute son énergie non sur lui-même, mais au service d’une sortie de l’implacable, d’une sortie de la logique humaine. Il devient alors libre. Libre au point de tout pouvoir, de pouvoir ouvrir à la vie même celui qui est voué à une mort acceptée et certaine : c’est un bandit, justement condamné.

Oui, cette invitation est injuste et violente parce que notre conception de ce qui est juste ou ne l’est pas est proche de ce qui s’appelle les mérites, les conditions que nous posons aux autres ou à nous-mêmes pour entrer au paradis, en être dignes. Et de ces conditions, Jésus en a évacué le principe, l’a rendu vain. « Aujourd’hui, au paradis, avec moi » tel est l’avenir que Jésus dessine devant les yeux de ce condamné.

Le texte que je vous propose pour illustrer mon propos est ce chant des premières communautés chrétiennes que St Paul a intégré dans sa lettre aux Philippiens (ch. 2) :

Jésus venu de Dieu, n’a pas considéré comme un privilège à conserver d’être l’égal de Dieu, mais il s’est dépouillé, a pris la condition de serviteur, devenant semblable aux humains et a été reconnu à son aspect comme un être humain. Il s’est abaissé, a été fidèle jusqu’à mourir et à mourir sur une croix comme un moins que rien. Alors Dieu l’a élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus on s’émerveille, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue affirme à la gloire de Dieu le Père que le seul Dieu, c’est ce Jésus-là.

10/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - Lundi saint: Ils ne savent pas douce ignorance

« Ils ne savent pas », doux rappel de notre humanité!

La mise en croix et la première prière de Jésus (Luc 23, 26-34). La cohorte des soldats conduit Jésus au calvaire, Simon de Cyrène porte la croix, une foule, des femmes en pleurs, quelques disciples suivent. Jésus est crucifié et alors prie ainsi son père : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ».

          Pourquoi cette prière, pour qui Jésus prie-t-il ? Pour tous et pour tout ! Ce cri est essentiel : il nous dit que nous ne savons pas, que fondamentalement nous sommes ignorants du mal et du bien, ignorants par nature. Nous ne maîtrisons pas le mal que nous infligeons, non pas que cette ignorance nous exonère de notre responsabilité voire cautionne le mal infligé mais parce que, dans l’ordre de la création, nous venons après la source du bien et du mal.

 

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09/04/2017

De la violence du monde à l’autre violence - Une méditation pour chaque jour de la semaine sainte

Cette année encore la violence a été présente et le demeure. Qu’elle soit réduite à un fait divers ou bien agrandie à la dimension du monde, qu’elle soit politique ou familiale, culturelle, économique ou financière, elle est là avec son lot de questions, souvent sans réponse, traînant derrière elle comme son ombre la peur, la haine, le désir de vengeance. Mais, au fond, est-ce nouveau ? Autrement dit, la violence du monde et dans le monde n’est-elle pas inhérente à la condition humaine ?

La passion de Jésus de Nazareth, « l’homme de douleur », est là justement pour nous aider. Ces récits nous disent en premier lieu que la violence existe, nous préexiste même ; ils nous donnent ensuite de réaliser combien cet homme désarmé nous est proche et en même temps nous appelle à quelque chose de neuf.

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02/04/2017

La lutte contre l'antisémitisme otage de jeux politiques douteux

La lutte contre l'antisémitisme otage de jeux politiques douteux

Le Conseil national vient d'accepter une motion UDC demandant de "couper toute subvention aux ONG
qui seraient liées à des propos racistes, antisémites ou qui soutiendraient la campagne BDS (Boycott, Sanctions, Désinvestissement)", cela avec les voix du centre, PLR et PDC et hélas celle de notre député Barazzone. 

 

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17/01/2017

La Sainte Famille ? Quelle famille ?

Happy family: joyeuse mère de père de l'enfant assis sur le canapé. Vector illustration plat Banque d'images - 40502781Cette fête a été intégrée dans le calendrier catholique romain au cours du 19e siècle. Elle est un fruit de la culture et de la société bourgeoise et perpétue une image de la famille prétendument fondée sur l’Evangile : papa, maman, enfant(s). Cette image n’est pas biblique. Il faut toujours être très prudent quand on se réfère aux textes bibliques en matière de morale, leur emploi n’est jamais innocent.

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23/12/2016

Noël fête consumériste pagano-chrétienne ? Mais bien sûr !

Vous en avez assez des dérives consuméristes et païennes de Noël ? Lisez Le père Noël supplicié de Claude Lévi-Strauss!  Sa réédition due à Maurice Olender tombe à pic (La librairie du XXe siècle – Seuil, novembre 2016). Il s’agit du texte que le célèbre anthropologue publia en mars 1952 dans Les temps modernes, après qu’à Dijon, sous l’impulsion du clergé, un Père Noël fut brûlé le 23 décembre de l’année précédente sur le parvis de la cathédrale.

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21/12/2016

Les chemins de Marie, propos d'un pasteur

A propos de Marie, un peu d’histoire

Marie, mère de Dieu disent les orthodoxes, mère de l’Eglise proclame le catholicisme, et nous..., protestants, que disons-nous de celle par qui, d’une certaine manière, tout a pu commencer ?

Le protestantisme est riche d’interprétations diverses et de silences au sujet de la Vierge. Luther la considère comme Mère des croyants et figure du disciple ; Calvin, très circonspect au sujet des fêtes mariales, parle cependant toujours avec vénération de Marie et l’appelle la Vierge Marie ou la sainte Vierge. Du 16e au 19e siècle la pensée protestante ne fera presque plus aucune place à Marie, ni d’ailleurs à de nombreux autres témoins bibliques. L’opposition la plus virulente interviendra à l’occasion de la promulgation des dogmes catholiques de l’immaculée conception et de l’assomption de la vierge (1854 et 1950), dogmes qui reposent sur une conception de la sexualité, de la mort et de l’incarnation inacceptable pour le protestantisme. Puis, selon l’Encyclopédie du protestantisme : «les développements plus récents, en particulier le refus du Concile de Vatican II (1962 – 1965) de toute notion de co-rédemption mariale et son insistance sur l’unique médiation salvatrice du Christ permettent à nouveau un certain dialogue.»

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28/10/2016

L'UDC irresponsable

Possesseur d'un "trésor de guerre" volé, l'UDC jouit intensément de voir partis, milieux économiques, parlement et gouvernement se démener bravement pour nous faire sortir de l'impasse qu'elle a créée. Dès le début les Blocher et autres Amstutz sont restés en retrait, laissant avec délectation le désordre s'installer en Suisse et dans nos relations politiques et économiques et en rendant "les autres" responsables. Aucune proposition qui tienne la route, aucun projet sinon la répétition incantatoire d'une souveraineté suisse qui n'est qu'un fantasme. La dernière charge est l'ordre de vote donné aux parlementaires (ce qui contredit la Consitution).

A propos de souveraineté du pays, je m'étonne de ne pas entendre ce parti (qui se targue d'être le premier de Suisse) sur les deux grands défis économiques, sociaux et environnementaux qui nous sont posés: TTIP et TAFTA. Il semble que, dans ce combat, la petite Wallonie ait tenu le rôle des Waldstaetten...

19/08/2016

Pauvre France. La pudeur est pourtant une vertu.

Oui, pauvre France empêtrée dans la surenchère de ses réactions à la violence extrémiste. La voici qui risque de devoir bientôt créer des brigades du correctement habillé, à l'envers s'entend! Car, si jusqu'à présent, c'était surtout les tenues trop découvertes ou trop courtes qui pouvaient, et encore dans certains lieux, être gênantes maintenant c'est le contraire: dévoilez ce ventre que je ne saurais ignorer, montrez vos jambes, exhibez vos épaules...  A quand les brigades aux ciseaux? Ça fait penser à l'Iran, dans l'autre sens...!

La pudeur est pourtant aussi une vertu. Triste, et tellement stupide.

29/07/2016

Propos de premier août

« Au nom du Dieu tout puissant », ainsi commence la Constitution suisse. Quel sens lui donner?

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15/05/2016

Une si belle Pentecôte

Quelle joie et quel enseignement d'avoir participé ce matin, dimanche de Pentecôte, au culte de Confirmations et de baptêmes à la cathédrale de St Pierre.

Soutenez la Cathédrale

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19/04/2016

90 pages pour dépasser les clichés des "laïcs" sur le protestantisme

Tel pourrait être le sous-titre de La Réforme, Matin du monde moderne publié chez Cabédita par Michel Grandjean, professeur d’histoire du christianisme à la Faculté de théologie de Genève. Je me prends à souhaiter, on peut rêver !, que ces pages soient diffusées aux enseignants ou parmi les adeptes d’une laïcité d’exclusion de la foi hors du champ politique. Si la lecture de ces pages pouvait les aider à renouveler leur regard sur le protestantisme La Réforme, Matin du monde moderne aurait rempli un signalé service au protestantisme et à la société des hommes…

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