09/12/2007

Le sport, les mots et la mort

EURO 2008 - UN APPEL AUX JOURNALISTES : QU’IL N’Y AIT  PAS DE ‘GROUPE DE LA MORT’…
                L’Euro n’a pas commencé que la mort rôde…  J’exagère ? Hélas non. Ce sont les mots  déjà employés par certains de vos confrères ou consœurs pour parler du groupe C : « groupe de la mort, tragédie … ».
Il est, hélas, fréquent de lire dans les reportages sportifs des expressions telles que : donner une gifle, équipe corrigée ou, plus grave, gardien crucifié ou fusillé.  On ne corrige qu’un gamin récalcitrant,  on ne crucifie plus guère de nos jours, même si – hélas - on pend encore et, généralement on ne  fusille que des traîtres ! Le foot est  un sport, donc d’un jeu, même s’il y a beaucoup d’argent en … jeu. Aucune équipe, même nationale,  n’est une armée envoyée au front par sa nation qui serait attaquée par l’autre. Sachez donc garder raison.
Vous aurez, dans l’Euro 2008, une très grande responsabilité et une belle tâche : celles d’informer et  de faire vibrer vos lecteurs et téléspectateurs, de les enthousiasmer, mais aussi de les aider à vivre tel échec, à supporter telle défaite. Car il y aura plus d’équipes défaites que de victorieuses : finalement exactement 15 contre une !  Y aura-t-il donc 15 fois plus de morts que de vivants, de fusillés que de graciés ?
                Vous ne pouvez pas supprimer la violence des joueurs, c’est à eux de la gérer, mais vous pouvez – vous devez – tout faire pour que vos reportages aident à ce que l’Euro 2008 soit une belle fête en Europe et non une guerre.  Vous n’ignorez pas la puissance des mots, sinon vous ne seriez pas journalistes. Vous savez leur influence aussi. Vous savez qu’avec des mots on peut pousser à la haine, conduire au meurtre. Vous savez la fascination exercée par les médias télévisuels sur les jeunes, souvent sur les plus fragiles, qui pourraient être prêts à faire tout et n’importe quoi pour « passer à la télé » et la violence est hélas plus télégénique que la courtoisie. Aors, à vous de renverser la vapeur !

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