16/01/2009

Adresse à l'UDC

 

 
Ras-le bol, mais vraiment ras-le-bol de vos affiches: les trois corbeaux picorant une Suisse rouge. Non, nous ne sommes pas entourés d'ennemis qui veulent nous manger. Non, nous ne sommes pas une des ces balles de saindoux parsemées de graines dont raffolent les oiseaux. Nous valons mieux. Quel mépris pour la Patrie, quel mépris pour nos concitoyens, nos hôtes et nos familles.
Quand donc, électeurs de l'UDC, cesserez-vous d'adhérer à ces images qui, éternellement, présentent notre pays comme petit, apeuré, recroquevillé, maigrichon... ?  Il faut que se lèvent des UDCistes pour corriger ce tir. Ces images sont démoralisantes, tristes et bêtes à pleurer. Elles ne cessent de faire croire que la Suisse est un petit pays, solitaire et menacé, que tous envient. Avec vous, ça deviendra le cas, l'envie en moins...
A chaque votation, vos images sont les mêmes: une Suisse solitaire, rétrécie, une île suspendue au milieu de nulle part, comme si le reste de l’Europe n’existait pas ou uniquement comme menace.
Allez, arrêtez de vous plaindre, de pleurnicher sur notre identité prétendument perdue. Place à l’audace et à la fierté d’entreprendre en Europe et en Suisse, place au combat politique, économique, culturel, au combat pour le respect des travailleurs; vous avez des moyens, utilisez-les intelligemment! Rien ne s’est fait ni ne se fera avec cette attitude de repli.
Relisez notre histoire : elle est faite de passages, de commerce, de cols franchis, de tunnels percés. Elle est faite de peurs des autres apprivoisées (cf. Ramuz ou Bouvier), d’intelligence politique et de constructeurs audacieux (cf. Pictet de Rochemont, Dufour ou Bertarelli), d'entrepreneurs (cf. Hayek et, oui !, votre Blocher). La Suisse est terre d’accueil et de rencontres, certes conflictuelles, mais 'conflit' est proche parent de 'confluent' et notre pays est à la source des grand fleuves de l’Europe de l’Ouest, Rhin et Rhône.
En plus du mépris pour nous, votre attitude est aussi méprisante pour les autres, pour nos voisins européens déjà, même si aujourd'hui l'Europe a de la peine à se construire. Non, nous ne sommes pas seuls, au milieu ni du monde ni de l'Europe. Non, les pays européens ne sont pas des corbeaux se réjouissant de déchiqueter la dépouille de notre pays et nous valons plus qu’une boule de saindoux.
Permettez-moi, chers UDCistes, de conclure avec cette salutation qui nous vient de Roumanie, pays où j’ai vécu : sa traiti, ce qui veut dire littéralement : vivez !