15/02/2009

Avalanche en soutane et Dieu

Selon certaines déclaration entendues au TJ de ce soir Dieu serait pour quelque chose dans cette catastrophe et les "belles âmes" mortes dans l'avalanche le seraient par sa volonté et celles qui s'en sont sorties aussi...

NON, Dieu n'a rien à faire dans cette avalanche. Aucune volonté divine, aucun destin céleste ne sauraient être invoqués que ce soit pour justifier les vivants ou expliquer les morts. Dans cette histoire il semble même que la fatalité ne puisse non plus être invoquée et que seules la bêtise, l'ignorance crasse (et là on peut parler de péché) soient au rendez-vous. Probablement renforcées par cette prétention de certains religieux d'être au dessus du commun des mortels, d'être tellement proches de Dieu que les lois du monde et la simple intelligence humaine ne comptent pas pour eux.

Pour être plus près du ciel, Ecône est-elle pour autant exemptée de la plus élémentaire décence? On faisait du ski en jupe peut-être encore au début du siècle précédent, mais aujourd'hui, si vraiment ils étaient en soutane...

L'information reçue précise que le groupe n'avait aucun équipement de montagne: "Ne disposant ni de téléphone portable ni de détecteurs de victimes avalanches, les jeunes séminaristes étaient de toute évidence sous-équipés pour une telle randonnée. Ils n'ont pu prévenir les secours qu'en redescendant au barrage". Un rescapé écrit sur un blog catholique qu'après quelques minutes de course difficile pour chercher des secours "nous atteignons la maison des gardiens du barrage. La porte était ouverte, la maison déserte, et près de la porte, un téléphone: la Providence". Non! Il ne s'agit pas de la Providence divine mais soit du hasard, soit du professionnalisme des gardiens de la cabane.

Invoquer Dieu dans cette triste mort est grave, très grave. C'est refuser la responsabilité à laquelle il nous appelle et l'intelligence qu'il nous a donnée. C'est se cacher comme Caïn devant l'appel de Dieu : Où est ton frère?

Mais, maintenant que la mort est survenue et que ces enfants ne seront rendus ni à leurs familles ni à leur Eglise, la prière peut être adressée à Dieu. Oui, si Dieu n'est pas responsable de ces morts, par contre Il est là pour celles et ceux qui sont meurtris, anéantis, pour celles et ceux qui auront perdu la confiance en leur Eglise et en cette Fraternité contestable. Il est là aussi pour les responsables de cette course fatale.

Sur le site de la Fraternité St Pie X on peut lire que "le dimanche 21 janvier 2007, en la chapelle de Sion (Valais, en Suisse), a eu lieu une double prise d’habit et une oblation. Son Excellence Mgr Fellay présidait la cérémonie et célébra la messe dominicale assisté de M. l’abbé Couture, supérieur du distric d’Asie et de M. l’abbé Gresland venu du prieuré de Sierre."

Une autre tâche, une autre forme d'oblation attendent le supérieur d'Ecône: la contrition et la simplicité de demander pardon. Puisse Dieu les lui accorder. C'est ma prière de pasteur.

Commentaires

Bel article réconfortant !
Comment interprêter le Tsunami
Comment interprêter une église s'écroulant sur les fidèles .
Questions pour lesquelles je n'ai jamais obtenu d'avis ou de réponse .
Merci pour votre réponse et mes très sincères salutations .
Fernand Perrot

Écrit par : Perrot | 16/02/2009

Votre texte est assez curieux.
Finalement vous croyez en Dieu quand ça vous arrange.
Croyez vous vraiment en Dieu ?

Écrit par : tartuffe | 17/02/2009

Je trouve votre réponse tout aussi curieuse .
En fait vous ne répondez pas à ma question.
Je n'ai jamais trouvé d'interlocuteur qui ait répondu à mes qustions .
Et pourtant c'est important d'avoir un argument losque l'on veut prandre la défense de Dieu !
Je ne vois pas en quoi je crois en Dieu quand ça m'arrange !
Ma foi , je vous prie de ne pas en douter !
Bien cordialement .
Fernand Perrot

Écrit par : Perrot | 20/02/2009

Je trouve votre réponse tout aussi curieuse .
En fait vous ne répondez pas à ma question.
Je n'ai jamais trouvé d'interlocuteur qui ait répondu à mes qustions .
Et pourtant c'est important d'avoir un argument losque l'on veut prandre la défense de Dieu !
Je ne vois pas en quoi je crois en Dieu quand ça m'arrange !
Ma foi , je vous prie de ne pas en douter !
Bien cordialement .
Fernand Perrot

Écrit par : Perrot | 20/02/2009

Vous n'avez toujours pas répondu à ma question sur l'église qui s'écroule sur les fidèles .
Je sais que la question est difficile .
-Peut-être est-ce un défi lançé à Dieu par Le Satan comme il a su le faire avec tant d'acharnement sur Job , pour que le peuple s'insurge et le maudisse !
-Ou alors doit-on simplement comme un mystère , que l'homme n'arrive pas à résoudre .

Écrit par : Perrot | 02/03/2009

Cher Monsieur,
C'est vrai, je tarde à répondre à votre question sur le présence ou l'absence de Dieu dans les catastrophes. C'est que la question est grave et qu'y répondre ne va pas tout seul...
Pour vous répondre je me suis inspiré d'une prédication faite par un collègue pasteur pour la mort de l'un des nôtres à moins de 50 ans...

Il y a dans l'Evangile de Luc (ch. 13) deux fois la même question: à propos de Galiléens venus en pèlerinage à Jérusalem et que Ponce-Pilate avait fait massacrer et à propos d'habitants d'une tour morts dans son effondrement. Sont-ils morts à cause d'une faute commise et par qui? parce que Dieu l'a voulu? ou les a oubliés? A chaque fois Jésus répond: "Non, mais si vous ne changez pas votre vie, vous mourrez de la même manière". La question posée par la mort de ces jeunes séminaristes demeurera source d'angoisse si on cherche un coupable (eux, Dieu, les autres...?), ou si on en reste au remords ou aux reproches: j'aurais dû, il aurait fallu... Dans sa réponse Jésus ne répond pas! Il n'explique rien, ne parle pas d'une mystérieuse justice divine, ni d'un destin tracé d'avance, ni de paradis ni d'enfer. Non ce n'est pas Dieu qui a voulu cette mort et ce n'est pas en Le désignant, lui ou un autre, comme coupable que vous apaisez votre inquiétude. Car la mort peut survenir à tout instant, illogique, détestable, injuste et bête (dans mon ministère de pasteur je n'a pas vu beaucoup de morts intelligentes !) Jésus renvoie ses interlocuteurs de l'époque à LA question - qui est aussi notre question - en la réorientant dans trois directions : 1) il s'agit de vous, aujourd'hui et maintenant et non de ces morts, 2) il ne s'agit pas de la mort mais de la vie et de son sens et 3) il ne s'agit pas de chercher au passé des réponses aux 'pourquoi' de cette mort sans raison mais de chercher au présent les réponses aux 'pour quoi' (en deux mots) de la vie, pour qui, pour quels projets vivons-nous et comment acceptons-nous cette non-maîtrise qui nous inquiète tant?

Car, fondamentalement, nous ne maîtrisons pas grand chose. Ni notre naissance (vous n'avez pas demandé à vivre) ni ce que nous recevons à notre départ dans la vie (le "sac à dos" et son contenu), nous ne maîtrisons pas non plus notre mort (son heure, notre état, son lieu d'arrivée, etc.)
Or le Christ a accepté de vivre lui-même cette non-maîtrise jusqu'à en mourir, Fils de Dieu impuissant sur la croix. Et celle question qui est la vôtre, qui fut celle des interlocuteurs de Jésus, il la cria sur la croix: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi... ?" Il n'y eut pas de réponse selon les Ecritures. Il nous arrive aussi de ne pas avoir de réponse... Il y eut, trois jours après, la résurrection, c'est-à-dire la mort désormais habitée, la mort qui n'est plus le vide et le non sens. Certes, elle reste une énigme, un mystère mais, avec le Christ, dont un des noms est "Premier-né d'entre les morts", elle est désormais un lieu où la présence de Dieu, la communion avec lui est attestée et ne dépend pas de nous. Elle nous est offerte et assurée. Aussi ma confiance est-elle que lorsqu'un enfant des humains se couche dans la mort (dans la fleur de son âge comme ces jeunes ou dans une vieillesse douce et heureuse) il est accueilli de l'autre côté de la vie: là se tendent les mains du Christ vivant qui recueillent celles et ceux que le Père lui a donnés, et nous sommes tous donnés au Christ.
Si nous croyons en cette issue, celle d'une mort en communion, alors la vie prend une autre saveur et la confiance devient possible, simple, non?

Écrit par : Daniel Neeser | 03/03/2009

Cher Monsieur ,
J'espère que vous aurez reçu mon message dee remerciement à votre réponse qui a retenu toute mon attention et sera pour moi une source de méditation .
Je vous prie d'adréer Cher Monsieur mes salutations les meilleures .
Fernand Perrot

Écrit par : Perrot | 15/03/2009

Cher Monsieur ,
Sortant un peu du cadre d' Avalanche en soutane et Dieu ,je me permet de vous demander un conseil .
Rencontrant souvent un agnostique et un athée , comment dois-je répondre à leur affirmation que Dieu est une invention des hommes !
Merci de m'aider dans cette démarche Avec mes très sincères salutations .
Fernand Perrot

Écrit par : Perrot | 18/03/2009

je trouve inutile il manque info :) lol !!!!! HA ALLER VOUS METTRE DES SITES D'INFORMATION U-T-I-L-E !!!

Écrit par : LOLO | 29/01/2010

"là se tendent les mains du Christ vivant qui recueillent celles et ceux que le Père lui a donnés, et nous sommes tous donnés au Christ.
Si nous croyons en cette issue, celle d'une mort en communion, alors la vie prend une autre saveur et la confiance devient possible, simple, non?"

Si vous croyez vraiment en cette issue, alors vous devez attendre cette issue avec une grande impatience et la souhaiter, si ce n'est la plus proche possible, du moins avec la plus grande joie.

Mais alors:
"La question posée par la mort de ces jeunes séminaristes demeurera source d'angoisse",
pourquoi cette angoisse? Ils sont morts, ils sont "donnés au Christ." C'est merveilleux, non?

Vous n'avez jamais lu Epicure, n'est-ce pas?

Écrit par : Johann | 29/01/2010

Pas d'accord avec Johann, à moins qu'il fasse de l'humour noir...
Croire en Dieu n'est pas justifier la bêtise et l'irresponsabilité humaines. Bien sûr que ces jeunes morts sont en Dieu (comme ils le furent vivants), puisque avec Christ la mort est désormais habitée et que toute personne qui s'y couche y est reccuillie par les mains de ce Vivant, premier-né d'entre les morts.
Mais la violence de ces décès, la douleur des familles, la culpabilité des responsables , tout cela demeure... Rien n'est "merveilleux", oh non! Quant à être "donnés au Christ"... je ne vois pas qui les aurait donnés, un don est un acte volontaire et libre...

Écrit par : Daniel Neeser | 08/02/2010

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