12/05/2009

Coût de la santé, une question taboue

Le président du PDC ouvre un débat très sensible mais inévitable: faut-il dépenser beaucoup (trop) pour soigner des personnes en fin de vie ? Ce débat révèle la richesse matérielle de notre société mais aussi sa fragilité et son manque de confiance. Un éclairage chrétien.

 


Il ne s'agit pas d'abord de question financière et Mme Maury Pasquier (TG du 11 mai) a raison de demander à ce que le débat soit posé sur un autre plan. La réalité inéluctable de la mort fait de nous des frères et sœurs en humanité. Cependant, pour la foi chrétienne, il ne s'agit pas de "s'avouer vaincu" mais de se savoir accueilli et aimé, même et surtout dans la mort et accepter de renoncer, comme le propose la députée, à "cette notion de toute puissance humaine face à la maladie". Pour les chrétiens, la mort est habitée, le Christ Vivant (Premier-né d'entre les morts est un de ses noms) nous y reçoit. Ses mains sont là qui accueillent et recueillent celle ou celui que passe sur l'autre versant de la colline, qui franchit ce seuil qu'on franchit, certes seul, après avoir lâché les mains des vivants... Ces mains du Christ nous cueillent comme on cueille une fleur pour la mettre dans le bouquet sur la Table de Dieu.

Si notre mortalité fonde notre fraternité humaine, la foi que la mort, toute mort, est désormais habitée fonde notre fraternité spirituelle, fait de nous des frères et sœurs en Christ.

Le Conseiller d'Etat Hunger au téléjournal du soir de ce 11 mai disait que renoncer à une thérapie est un acte thérapeutique. J'ajoute que c'est un acte de confiance. Oui, un médecin peut confier son patient, une famille son parent à la miséricorde divine puisque le lien de Dieu, attesté par le baptême dans la vie, demeure dans la mort, attesté par la Résurrection du Christ dans et de la mort.

 

 

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