03/09/2009

Minarets et clochers ou le pouvoir de l'information...

Je reste convaincu que l'inscription de cette interdiction dans la Constitution fédérale est une mauvaise chose, car elle est provocante, politiquement insoutenable et elle fige l'avenir.


En effet qui le connaît, cet avenir? Qui peut dire que le christianisme sera encore la religion dominante (même uniquement culturellement) en Suisse d'ici 50 ans ? Cette inscription ne garantit rien, ne garantit pas la foi, ne préserve pas la Suisse de l'Islam... Si l'Islam vous fait peur, peuplez vos Eglises! Bâtissez-en, agrandissez l'espace et l'accueil de vos communautés! Mais ne luttez pas contre les autres.

 

A quoi sert un minaret?

La question des la construction de minarets doit être élargie à celle de leur utilisation : un minaret n'a de sens que pour l'appel à la prière, comme un clocher n'en a que pour annoncer une messe, un culte. Sans cloches, il ne sert à rien. Les minarets seront-ils sans muezzins? Entendra-t-on d'ici un temps l' appel à la prière arabe et l'affirmation de la grandeur d'Allah cinq fois par jour ?

Au siècle de la Réforme, Genève connut une « guerre des cloches ». Car tant les partisans de la nouvelle foi que ceux de l'ancienne, chacun voulait continuer à pouvoir sonner la messe ou appeler au culte et les cloches étaient, en ces temps, les grands diffuseurs de l'information. Je vous renvoie à ce propos à l'excellent et tout récent ouvrage de Christian Grosse: Les rituels de la Cène, paru chez Droz en 2008. Quel type de présence prendra la foi chrétienne dans les pays, dans nos cités?

 

Ces questions ne seront pas résolues par une inscription dans notre charte fondamentale. Elles sont d'ordre spirituel, elles nous interpellent sur notre foi, notre ferveur et notre vocation.

 

Pour conclure, voici un extrait de la prise de position de la FEPS, Fédération des Eglises protestantes de Suisse: « Il n’y a, à tout cela, qu’une seule réponse, à la fois simple et extrêmement complexe : une chose est à sa place à un endroit donné parce qu’elle appartient aux êtres humains qui y vivent. Et une chose n’est pas à sa place s’il n’y a à cet endroit-là personne pour qui elle a du sens. Discuter des minarets, c’est parler des êtres humains pour lesquels ces minarets signifient quelque chose de spécial ».

La foi chrétienne signifie-t-elle pour les votants suisses quelque chose de spécial? Telle est la question posée par cette malheureuse initiative.

 

Commentaires

"Si l'Islam vous fait peur, peuplez vos Eglises! Bâtissez-en, agrandissez l'espace et l'accueil de vos communautés! Mais ne luttez pas contre les autres."

Vous avez absolument raison. Pour l'initiative c'est anectdotiques dans la mesure où elle sera refusée. Par contre rester assis et passif face à l'islamisation bien réelle de l'Europe est une attitude fausse.

Les moyens de lutte existent, même si ils ne plaisent pas à tout le monde:

1) Limitation de l'immigration extra-europeééen;
2) Lutte contre les mariages forcés/arrangés;
3) Refus des aménagement religieux

etc.

Je ne vais pas attendre de voir une Europe complètement islamisée pour réagir!

"La foi chrétienne signifie-t-elle pour les votants suisses quelque chose de spécial?"

Effectivement un reforcement des églises serait un rempart clairement efficace, et la sécularisation et l'abandon du religieux dans nos sociétés est un talon d'Achille que l'islam contemporain et fondamentaliste exploite. Mais on ne peut forcer personne à avoir la Foi (moi, pas faute d'avoir essayé, mais je ne l'ai jamais trouvée). Donc, pour l'heure il convient de revendiquer la valeur patrimoniale et fondamentale du Christianisme dans l'identité européenne et de le réaffirmer plutôt que de céder aux discours dissociateurs et dissolvateurs hérités du post-modernisme.

Ensuite, pour freiner la reconnaissance de l'islam, il suffirait de s'inspirer de ce qui a été voté au canton de Vaud, et qui stipule que la reconnaissance d'une religion est liés à la démonstratiin de son utilité publique et de son attachement aux principes d'égalité.

Ce genre de règles minimales devrait assurer que l'on se protège efficacement d'un islam orthodoxe aujourd'hui largement dominé, cessons de l'ignorer, par les courants fondamentalistes (wahabites et salafistes), et ainsi assurer une dissolution progressive de l'islam dans les valeurs fondamentales de nos sociétés judéo-chrétiennes à la base.

Un changement de majorité religieuse, si elle avait lieu, d'un part achèverait l'identité propore de la Suisse, mais en plus, si elle était de fait accompagnée d'une dominante fondamentaliste, achèverait le cylce de modernisation humaniste de nos démocraties. Le combat pour la préservation de ces acquis et de nos racines culturelles ne peut être ignoré des églises, qui n'ont pas à se plier spontanément au respect d'une rligion concurrente qui considère de toute manière les textes chrétiens comme falsifiés. Dès lors, le dialogue ineterreligiuex étant vain dans ce contexte, il est temps que les églises se montrent plus combatives!

Écrit par : Carlitos de Unamuno | 03/09/2009

Bâtissez-en, agrandissez l'espace et l'accueil de vos communautés! Mais ne luttez pas contre les autres."

J'ai une idée qui irait dans ce sens.
Créons des espaces pour les musulmans dans les églises.
D'un coté tapis pour les prières des fidèles, de l'autre la messe.
Cela demande juste un peu d'organisation.
Et le clocher ? On peut facilement y trouver une place pour le muezzin ou des haut-parleurs.
Un coup de cloche et hop, appel à la prière.
Ainsi l'on fait d'une pierre deux coups : Plus besoin de construire de nouveaux minarets et on repeuple les églises.
Elle est pas belle la vie ? Merci qui ?

Écrit par : Daniel | 03/09/2009

"Si l'Islam vous fait peur, peuplez vos Eglises! Bâtissez-en, agrandissez l'espace et l'accueil de vos communautés! Mais ne luttez pas contre les autres."

Vous avez une vision limitée du monde il semble. Car voyez-vous, celui-ci n'est pas divisé en 2 catégories, d'un côté l'Islam et de l'autre l'Eglise.

En tant qu'athée, j'estime que dans nos sociétés, partout où la religion recule l'intelligence et la tolérence se développe (vous trouverez bien sur plein de contre exemples, moi je suis en Europe de l'Ouest je me fiche éperduement de ce qu'apporte la religion aux sociétés primitives de Patagonie). Je suis donc absolument contre le repeuplement des églises, tout autant que je suis contre le développement de l'Islam dans nos pays.

Pourtant, je vois l'Islam comme une menace plus dangereuse dans mon pays (la France).
- En effet, à cause des problèmes d'intégration (de fortes minorités musulmanes dans nos quartiers pauvres), de notre ancienne position de colonisateur, ou de problèmes de racisme, beaucoup de journalistes/hommes politiques n'osent pas clairement affronter le problème religieux par peur ou sentiment de culpabilité.
- De plus, si toutes les religions apportent la régression dans nos pays, au moins les religions chrétiennes sont adaptées à nos moeurs. Tandis que dans certaines de ses composantes, l'Islam resprésente un vrai danger pour notre mode de vie.

Je suis donc un peu inquiet, car je me demande si nous serons prêt à traiter l'Islam comme nous avons su traiter la religion catholique (c'est à dire par une stratégie de confinement). Mais se tourner vers la chrétienté serait aller de Charybde en Scylla.

En tout cas, je tiens à féliciter les suisses pour leur vote ! Nos médias français sont bien sur horrifiés par tant de "préjugés", certains de nos élites bien pensantes diront même que ce vote est raciste et stupide.
Mais je suis certain qu'une majorité de français seront comme moi très heureux de ce résultat.

Écrit par : bosquart | 30/11/2009

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