27/11/2009

Initiatice UDS: illusion et danger

Je n’ai que peu de sympathie pour l’Islam et encore moins d’atomes crochus avec le Coran que je me suis évertué là lire plusieurs fois mais en vain... Je le trouve ennuyeux, pas clair, trop moralisateur et, in fine, peu utile pour aujourd’hui. Il demeure que je vote contre cette dangereuse initiative.


Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle est une illusion et un danger. L’illusion : elle ne protège en rien la foi ou les Eglises chrétiennes. Le danger : elle introduit dans la Constitution une interdiction qui alourdit notre avenir commun en Suisse. Comme le dit justement la Fédération des Eglises protestantes de Suisse et son œuvre d’entraide l’EPER, la question est au niveau de notre foi, à nous chrétiens. Seule la foi sauve (le fameux sola fide de la Réforme). Inscrire cette interdiction dans la Constitution ne sauvera rien, ne remplira pas non plus les Eglises ni n’empêchera une augmentation de l’immigration musulmane en Suisse. L’UDC nous trompe et nous induit en tentation (et je pèse mes mots). Voici deux exemples de cette tromperie et de cette tentation !

Deux dignitaires catholiques se sont récemment prononcés : l’abbé Amherdt, dans Le Matin du 24, propose que les musulmans renoncent d’eux-mêmes à construire des minarets ! Mais comment leur imposer cette forme d’autocensure ? Inimaginable et impossible à garantir sur la durée. Le curé Arbez lui, sur les traces de son confrère ( ?), reprend dans La Tribune de ce jour tous les poncifs connus. Mais, plus grave car trompeur, il cite Sami Aldeeb « juriste d’origine palestinienne » qui est favorable à cette initiative, mais ce curé omet de préciser que Monsieur Aldeeb, auteur d’une remarquable traduction du Coran, est certes palestinien mais palestinien chrétien… Le curé Arbez aurait eu tout intérêt à participer à la journée sur cette question organisée par nos deux Eglises pour les prêtres, pasteurs, diacres et assistants paroissiaux catholiques et protestants genevois. Monsieur Aldeeb y a fait une intervention remarquée...

Pour conclure. Il est vrai que l’angélise ni la naïveté ne sont bonnes conseillères. Il est irresponsable de laisser croire qu’il n’y aura pas de demande de construction de minarets déposées ces prochaines années. Le débat reprendra, commune par commune, ville par ville. Mais, pour aujourd’hui, notre seule réponse de chrétiens est la foi et sa pratique dans le pays et notre seule réponse de citoyens est la tolérance et l’acceptation du risque de vivre ensemble, même avec des musulmans.

Commentaires

Encore une fois voila une bringue entre des religions pour Dieu ou Allah que personne n'a jamais vu... Merci.

Ivan Skyvol, athée grâce à Dieu.

Écrit par : Ivan Skyvol | 27/11/2009

Je me demande si les églises traditionnelles ne devraient pas d’abord s’inquiéter que pendant que leurs lieux de culte se vident, toujours plus nombreux sont les personnes en recherche de sens qui se tournent vers les extrémistes de tous bord.
Islamistes, Evangéliques ou « Ecônards » peu importe, le problème c’est ce besoin de se trouver un cadre et des règles strictes. Mais que peuvent bien vivre ces gens qui semblent préférer la soumission à la Liberté ? Il faut vraiment qu’ils soient mal dans leur peau !

Alors bien sûr cette initiative est une provocation débile de quelques (même pas tous) UDC et autres identitaires véreux et il faut espérer que le Peuple ne tombera pas dans le panneau.

Mais les têtes blanches qui mènent nos églises ne seraient-elle pas plus avisées de s’unir contre tous les intégrismes ? Plutôt que de contribuer (comme ces deux curés cités plus haut) à la stigmatisation d’une religion en particulier.

Écrit par : Vincent | 27/11/2009

Tout ce débat me fait sourire! Beaucoup de suisses sont tétanisés à l'idée que les " étrangers musulmans" envahissent la Suisse et convertissent les gens de force, et enfin installent leur Sharia! Même si on rêve un instant qu'on puisse chasser tous les musulmans étrangers - non occidentaux -, que feront nous de tous ceux qui se convertissent de leur plein gré, et il y en a de plus en plus - j'en sais quelque chose!- Ils font des enfants qui sont forcément aussi musulmans que leurs parents, et s'appellent Jean, Christophe ou Juliette. Devrait-on interdire le Coran, ce livre si ennuyant en comparaison avec la Bible, ou devrait-on encore interdire le Net, ou enfermer ces musulmans suisses sous prétexte qu'il sont devenus fous...

Écrit par : Inside | 27/11/2009

Pour ma part je dis non aux minarets, en solidarité avec les musulmans qui souffrent de l'Islam, partout dans le monde.

En Tunisie aujourd'hui il ne fait pas bon s'opposer à Ben Ali, on y risque sa vie.
Je n'ai pas entendu Calmy ou le gouvernement suisse marquer sa sympathie pour le peuple tunisien qui souffre!

Je ne suis même pas sûr qu'ils sachent où est la Tunisie!

A Bagdad les fondamentalistes ont fermé, il y a quelques années le conservatoire de musique traditionnel, détruisant les instruments de musiques, on vient de le réouvrir mais les musiciens risquent leurs vie, parce qu'ils veulent simplement chanter et jouer!

Peut on accepter ça? Pour ma part je ne l'accepte pas!

Des exemples de ce type il y en a partout dans le monde musulman, alors réagissons, par solidarité avec les musulmans qui souffrent à cause de l'Islam!

Écrit par : dominiquedegoumois | 27/11/2009

Voter contre les minarets en fonction de ce qui se passe en Tunisie et en… Irak ( !), je ne suis pas certain de comprendre.
Surtout que j’ai de la peine à imaginer qu’un hypothétique oui du peuple suisse à l’initiative anti-minaret soit vraiment être considéré comme un geste de solidarité par les musulmans modérés de ces deux pays.

Écrit par : Vincent | 28/11/2009

Ceux qui financent minarets et mosquées sont les wahhabites, cet islam intégriste moyen-âgeux, homophobe, machiste, sectaire, raciste, anti-artiste et qui ne sied à aucune société un tant soit peu évoluée. Les wahhabites ont toujours eu besoin de s'étendre vers de nouvelles conquêtes, relire Ibn Séoud ou la naissance d'un royaume de Benoît Béchin, ils n'ont pas d'autres issues que celle de quitter le désert, ce sont des guerriers qui pour survivre envahissent de toutes les façons y compris par la religion. Regardez en Asie, c'est un fléau ! Partout où ils passent, on fait un bond en arrière de plusieurs siècles. A Genève, les Saoudiens ont jeté dehors les imams modérés sunnites. Aucune alliance religieuse avec eux ne devrait être admise. Si nous parlons religion alors faisons la distinction entre les courants qui sont nettement différents et renvoyons les wahhabites dans leur désert au propre comme au figuré !

Écrit par : duda | 28/11/2009

cher collègue pasteur,
je vous assure qu'il n'y a pas de souverains poncifs dans ma réflexion, tout juste des éléments inconnus du public mais utiles à connaître pour se faire une idée un peu plus précise que le politiquement correct. Qui n'est pas pour la "tolérance" de nos jours, mot fourre-tout dont il est facile d'abuser?
Est-il acceptable que sur un sujet de société et pas seulement de religion, les états majors ecclésiastiques imposent un prêt à penser aux citoyens relevant de leur confession, comme s'ils étaient des minus? Les consignes de vote ne vont pas de pair avec le droit de s'informer en connaissance de cause sur des questions complexes qui engagent des valeurs personnelles et collectives pour l'avenir. L'islamisation des régions d'Europe n'est pas un fantasme, osons l'analyser pour la gérer sans la subir.

Écrit par : abbé arbez | 28/11/2009

A l'heure où je réponds par ces quelques lignes aux derniers commentaires, le choix sera fait...
Quel qu'il soit j'aimerais partager une fois encore cette constatation: l'enjeu touche notre Constitution et il serait grave d'inscrire cette interdiction dans notre charte fondamentale, dont dit symboliquement qu'elle est gravée dans la pierre. Défnir notre vie en commun par une interdiction est déjà problématique, la définir par rapport à l'Islam l'est encore plus...
Ensuite, j'aurais un peu de peine, si cette modification est acceptée, de me battre pour le maintien de l'invocation au Dieu tout puisant qui figure (encore) dans notre Charte.
Ensuite la question a débordé celle de la construction de minarets pour devenir un débat sur l'Islam. On le voit très clairement les commentaires que ma note a suscités. Et c'est un piège, même si j'accepte que tout ne soit pas simple et qu'il faille éviter tout angélisme. L'Islam ne peut pas être interdit chez nous, pas plus que le Christianisme ne serait "protégé" par quelque interdiction que ce soit...
Enfin on peut aussi se réjouir que notre système démocratique ait suscité et permis ce débat, même avec ses fanatismes.

Écrit par : D. Neeser | 29/11/2009

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