08/10/2010

des hommes et des dieux. une certaine gêne

Oui, c'est un film émouvant, de très belles scènes, surtout les visages de ces moines mais...


mais une gêne m'habite. Celle du traitement par le cinéaste des conditions politiques de l'époque qui ont prévalu lors de cet assassinat. Pour des raisons politiques évidentes, le film est tourné au Maroc, mais ni l'Algérie, ni le FIS, ni même  le mot Magreb ne sont prononcés et les "terroristes" ne sont guère à leur avantage: rien sur leurs possibles conflits internes ni sur leur lutte politique, aucune présentation de la société locale. Certes il y a bien, et c'est justice, des allusions à la possible compromission de l'armée dans ce massacre mais si peu...

Et la description des relations entre les moines et la  population donne totalement (aveuglément?) dans le panneau du "bon blanc chrétien" au secours des "pauvres arabes musulmans", voyez Luc, le frère médecin. D'un côté la culture, le savoir et les compétences, de l'autre...

Il demeure que le débat intérieur de ces frères, confrontés à la peur, à l'incertitude, à la violence et aux tensions entre eux est bien mené, beau et émouvant. Aurait-il été possible de donner la parole de la même manière aux "autres"...

Un film pro domo de chrétiens, un documentaire sur la vie monastique, une analyse d'un massacre politico-religieux? Non, un mélange des genres problématique!

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