21/10/2010

Votations populaires du 28 novembre 2010

2x Non à l’initiative pour le renvoi des étrangers !

L’EPER (Entraide Protestante Suisse) recommande aux citoyens de rejeter l’initiative sur le renvoi ainsi que la contre-proposition directe du Conseil fédéral. En cas d’adoption des deux projets, l’EPER recommande de voter pour la contre-proposition.


L'organisme d'entraide des Eglises protestantes de Suisse a le courage d'une opinion claire: le refus de l'initiative et du contreprojet. Il déclare:

" Telle que formulée, cette initiative n’est que partiellement réalisable. Elle constitue en effet une violation du droit international et ne pourrait donc être appliquée sous sa forme actuelle. De plus, elle entraînerait un net durcissement du droit en vigueur. Il s’agit une fois de plus d’une initiative xénophobe animée par des motivations politiques qui attisent la peur et les ressentiments.

L’EPER estime que la contre-proposition du Conseil fédéral doit également être rejetée. Compatible avec le droit international, la contre-proposition est certes plus nuancée et moins radicale que l’initiative mais son adoption donnerait l’impression que la criminalité des étrangers résidant en Suisse est un problème si grave dans le pays qu’elle nécessite d’entériner la lutte contre ce fléau dans la constitution fédérale. L’EPER s’y oppose."

L'EPER a raison de rejeter le contreprojet, car l'accepter, ne serait-ce que "par tactique" c'est faire le jeu de l'UDC:, jeu qui n'a que trop porté son fruit : proposer trop pour qu'un contreprojet du Conseil fédéral aille un peu moins loin mais dans le même sens. L'EPER continue: " Rien n’exclut de faire quitter le pays aux personnes condamnées lorsqu’elles ont commis des délits graves mais la procédure de renvoi n’a pas besoin d’une nouvelle base constitutionnelle. Les lois en vigueur confèrent suffisamment de moyens aux autorités compétentes pour décréter des expulsions." Les récents chiffres vaudois le montrent à l'envi.

 

De grâce n'inscrivons pas dans notrre Constitution cette loi!

 

Commentaires

Les Églises qui se réclament du message des évangiles savent ouvrir leur porte aux personnes en détresse, parfois même aux délinquants.

Mais savent-elles pousser la porte des prisons et y entrer ?
Dans les prisons de Suisse et de France, la religion la plus représentée est l'Islam. Comment vous l'expliquez-vous ?
Quel message les Églises chrétiennes peuvent-elles apporter à ces croyants là ?

À Champ-Dollon sont enfermés 56,6% de Musulmans, 21,5% de Catholiques et 9,9% d'Orthodoxes :
Avec seulement 1,9% de Protestants, vous n'y êtes pas trop à la peine...

On sait depuis longtemps que "la prison est l'école du crime".

C'est d'autant plus vrai lorsque les détenus sont contraints à une promiscuité 23h/24h (une heure de ballade dans la cour), avec 3,4 ou même 5 personnes par cellule.

De quoi voulez-vous que ces gens parlent entre eux :
- où sont les « bonnes affaires » ;
- comment ne pas se faire pincer ;
- comment répliquer à la police si l’on se fait prendre ;
- quels sont les avocats disposés à vous soutenir jusqu’au Tribunal fédéral.
(commis d’office, ces avocats sont rétribués par les contribuables)

Moins de 10% des détenus sont des Suisses (binationaux et naturalisés inclus).
Moins de 22% des détenus sont des étrangers résidant en Suisse.
Plus de 68% des détenus sont des étrangers qui viennent en Suisse
et ne trouvent rien de mieux à y faire que commettre des délits.
Source :
http://www.ge.ch/champ-dollon/doc/rapport-d-activites-2009.pdf

L’immense majorité des étrangers établis en Suisse s’y comportent aussi bien que les Suisses.

Par ma famille, mes relations personnelles et mon activité professionnelle,
je peux témoigner que les étrangers établis en Suisse soutiennent l’initiative de l’UDC, sans avoir aucune sympathie pour ce parti.
Ils ne comprennent pas solidarité factice affichée les gens soi-disant de gauche pour les délinquants.

En réalité, ces soi-disant humanistes font preuve d’un véritable mépris envers ces délinquants,
en leur déniant la capacité de discernement sur les conséquences de leurs actes délictueux.

La police genevoise a arrêté 450 personnes pendant le 1er trimestre 2010,
donc avant le début de l'opération FIGARO de pure esbroufe !

Avec une moyenne 5 arrestations par jour, tous motifs confondus,
il y a de quoi faire exploser Champ-Dollon, même avec 100 places de plus !

Bizarrement, on constate que certains jours, il n'y a aucune arrestation !
Comme si les dealers (par exemple) partaient se mettre "au vert",
laissant les camés en manque…

Voici les communiqués les plus chargés (10 à 15 personnes/jour) :

http://www.tdg.ch/delinquants-etrangers-initiative-contre-projet-inutiles-2010-10-21#comment-159722

Désolé de vous contreduire, mais il faudra voter OUI à la fois à l'initiative ET au contre-projet !

Ce n'est qu'à la question subsidiaire que vous donnerez la préférence à l'initiative, si les 2 objets obtiennent une majorité des suffrages.

En votant NON à l'une des 2 propositions, vous aidez ceux qui voteront 2 fois NON !

Écrit par : Lyonnais du 69 | 25/10/2010

A "Lyonnais du 69". J'ai reçu cette réponse d'un aumônier protestant de la prison que je vous transmets:

Monsieur,
c'est en tant qu'aumônier à la prison de Champ-Dollon que j'apporte quelques éléments d'information et de réponse à vos nombreuses remarques et interpellations. Plus précisément en tant que diacre envoyé par l'Eglise Protestante de Genève, membre de l'équipe d'aumônerie oecuménique en prison, constituée par les 3 Eglises officiellement reconnues à Genève par l'Etat (les deux autres sont l'Eglise Catholique Romaine et Catholique Chrétienne).
Oui, les Eglises sont présentes en prison, depuis de très nombreuses années - chaque semaine, six jours sur sept! Et leur présence comporte deux volets:
- accueil sans condition de toute personne en faisant la demande, pour des entretiens individuels et confidentiels;
- célébration de cultes et messes deux fois chaque dimanche de l'année (avec les hommes, puis les femmes).
Pour ce qui est des entretiens, nous accueillons donc indifféremment des personnes de diverses religions, confessions... ou sans religion... ou même athées - c'est permis aussi! Dans différentes langues, car, comme vous le soulignez, nous rencontrons des personnes du monde entier.
Lorsque la personne le souhaite - et c'est souvent - il nous est donc donné d'accueillir des personnes, de les écouter et de cheminer avec elles régulièrement, sur la durée. Par exemple à raison d'un entretien d'une heure par semaine toutes les deux semaines pendant un an, deux ans, ou plus.
Voilà le point central de notre raison d'être présents en prison: l'attention portée à la personne. Au nom de l'Evangile et selon ses préceptes. C'est une aumônerie du Christ, c'est clair et non dissimulé. Mais à partir de là, il n'y a aucune forme de pression - chacun est accueilli tel qu'il est. Sans prosélytisme.
Or une telle "clairière" de non-jugement, de confiance et de confidentialité (sous secret pastoral) est un lieu où venir souffler, déposer un peu le poids du fardeau, chercher la clairvoyance, le sens... revenir à soi, à Dieu... C'est selon. Car chaque humain est unique et son histoire aussi.
Avec les personnes croyantes, il va de soi que nous partageons notre vie de foi, la Parole Source qui est la nôtre, la prière et les enjeux de la vie spirituelle.

Pour une petite centaine de personnes, l'aumônerie oecuménique est un "poumon" favorisant la traversée, la survie, le retour à la vie. Compte tenu des limites bien réelles des ressources des Eglises, ce n'est pas rien.
Et puis, chaque dimanche, ce ne sont pas moins d'une soixantaine de personnes, hommes, femmes, qui viennent chercher le Secours, chacun là où il en est, comme il le peut, au culte ou à la messe. La demande excède systématiquement le nombre de personnes autorisé par la prison, et par l'exigüité de notre lieu de culte.
A vrai dire, rien de surprenant à cela: quelle que soi la surpopulation - injustifiable - de la prison de Champ-Dollon, du point de vue spirituel, c'est un temps au désert. Car en prison préventive, comme vous le savez sans doute, la personne est coupée de nombreux liens et repères. La soif est donc grande de tout ce qui peut nourrir la vie, un peu en profondeur...
Mais il est vrai aussi que j'évoque ici les personnes avec lesquelles nous sommes en lien. Vrai aussi que de très nombreuses autres personnes nous sont inconnues... qu'elles ne sont pas forcément dans un cheminement positif; qu'elles préparent déjà, peut-être, un nouvel épisode à problème de leur vie alors qu'elles ne sont pas encore sorties de prison! Oui. La réalité du mal reste entière: comment nous pouvons être captifs de comportements qui ne mènent nulle part, comment aussi nous ne parvenons pas à trouver les "portes de sorties" malgré nos efforts... tout cela comporte une part de mystère. Et qui voudrait nous faire croire qu'il a la "solution miracle" du problème?
Mais, pour faire court, cela nous conduit effectivement à la racine du problème de la prison - et cela n'est pas spécifiquement genevois: la prison enferme, sanctionne, punit, et protège, le cas échéant, la population. Oui. Mais cela n'est pas suffisant! Soit c'est une école de vie (et pas une école de crime...), soit elle ne sert à rien, objectivement parlant! Le seul investissement réellement intelligent, devant la récidive, ne peut être qu'un surplus d'attention, de bonne volonté, et de moyens, afin que de nombreuses personnes puissent au moins, en prison, apprendre par exemple à lire, ou les bases d'un vrai métier, etc. Un surplus de bonté, pour celui ou celle que la société ne voit que comme un ennemi - dans la droite ligne de l'enseignement de Jésus-Christ.
Ce n'est ici ni le lieu ni l'espace pour entrer dans les détails, mais plus j'écoute les personnes qui se confient, en prison; plus j'écoute ma propre vie; plus j'écoute la Parole biblique, plus il est évident que la seule réponse réellement possible au mal est l'Amour - pas "l'amour" aveugle, sentimental ou naïf, mais cet Amour dont il est question dans l'Evangile. Un Amour en actes, pas en paroles.

Ce qui nous amène à la racine de ce dont nous discutons: que voulons-nous, au fond, réellement, pour ces personnes en prison? Si réellement nous voulons pour elles le bien, et le retour à la vie, alors tous les choix s'éclairent. Mais pour le moins évitons de tomber dans le plus grand piège qui soit: croire qu'il suffira de renvoyer assez d'étrangers hors de notre pays, et/ou de construire assez de prisons pour nous débarrasser du mal lui-même!
Le mal est le mal. Il demeure. Et la question reste: comment y répondre sans ajouter du mal au mal?
Un chemin à reprendre chaque jour, pour chacun de nous...

Philippe

Écrit par : Daniel Neeser | 04/11/2010

Apprenons du passé

Voila une autre votation proposée par l’UDC acceptée par le peuple.
Maintenant il y a à résoudre les problèmes d’application, car ce que le peuple suisse a accepté est contraire au droit international.
Personnellement j’ai une solution. En réalité elle n’est pas tout-à-fait de moi. Puisque j’ai remarqué une certaine similitude entre ce que nous avons voté et ce qui se passait en Allemagne dans les années 30, je pense qu’on pourrait prendre exemple de ce qui était fait en cette période et en prendre exemple pour définir la loi d’application.
Donc, car il n’est pas possible d’expulser une personne dans un pays où on n’en veut pas, on pourrait mettre sur pied des champs où concentrer ces personnes indésirables. Les champs devrait être fait loin des zones habitées pour ne pas déranger les citoyens suisses DOC.
Clairement, à un certain moment les champs seraient surpeuplés. On pourrait alors prendre à nouveau exemple du passé et construire des fours avec des cheminées très hautes…..
Il fait mal de voir que la Suisse est devenu un des pays les plus fascistes de notre continent.

Écrit par : Aurelio | 29/11/2010

Ce n'est qu'à la question subsidiaire que vous donnerez la préférence à l'initiative, si les 2 objets obtiennent une majorité des suffrages.

Écrit par : cheap wow gold us | 21/12/2010

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