12/11/2010

Renvois criminels étrangers-Trois Eglises de Genève critiquent l'initiative et le contre-projet

"Tant l’initiative que le contre-projet sont marqués par l’idée que la solution à la criminalité dépend du rejet
de l’autre. Ils véhiculent en effet une image négative des étrangers que les Eglises chrétiennes jugent
incompatible avec l’esprit d’ouverture et la tradition d’accueil de la Suisse tout comme avec les valeurs de
l’Evangile".


Voici deux des arguments présentés par nos trois Eglises, le respect de la famille et le pardon:

"Préoccupant également est le fait que les textes soumis au vote, en particulier l’initiative de l’UDC, participent d’un mouvement de relativisation croissante des droits fondamentaux, parmi lesquels :

- La protection de la famille (...) Les enfants et les conjoints sans autorisation de séjour propres en seraient les premiers touchés. Ils seraient contraints de quitter la Suisse en même temps que la personne expulsée. Même dans les cas de renvoi de jeunes condamnés, les parents ne pourraient continuer d’exercer leur autorité parentale qu’en quittant la Suisse avec leur progéniture.

- Le droit au pardon/à une deuxième chance. En effet, les Eglises rappellent que l’objectif central des peines est la resocialisation des délinquants. C’est pourquoi les peines sont toujours limitées dans le temps. Cela correspond à l’idée chrétienne de la réconciliation".

Avec pertinence ce communiqué conclut: "Souvenons-nous que vivre ensemble ne signifie pas vivre entre-nous !"

Il est signé par Mme Christine Hauri, Présidente du Synode de l'Eglise catholique chrétienne, Mgr Pierre Farine, Evêque de l'Eglise catholique romaine et par Mme Charlotte Kuffer, Présidente de l'Eglise Protestante de Genève

Commentaires

Par ailleurs et dans une logique typiquement absurde, tant l'initiative que le contre-projet laissent sous-entendre qu'à crime égal il est bien plus grave d'être étranger que suisse.

Autrement dit, les assassins labellisés "Suisse" seraient les acteurs conformes d'une "scène-aux-vices" purement helvétiques, de bonnes pâtes à tartiner nos certitudes inexpulsables ...

Écrit par : Santo Cappon | 22/11/2010

Il faut agir sur ce dossier concernant les multirécidivistes étrangers sans autorisation de séjour type dealers maghrébiens, faux requérants d'asile africains qui sont dans des réseaux de drogue organisés, les cambrioleurs de l'Est, etc... Les églises jouent un drôle de rôle, elles s'engagent comme des partis politiques ou jouent aux assistants sociaux. Quel est le message des Eglises pour les citoyens en proie à la violence, de vol, de drogues (surtout chez les jeunes et leurs familles) qui ont été les victimes des multirécidivistes ? Le contre-projet est la bonne solution.

Écrit par : Sirène | 22/11/2010

Les deux derniers commentaires illustrent bien la difficulté du débat et ses pièges. Ils pointent tous les deux sur la nationalité des auteurs de délits. On peut effectivement accepter l'idée qu'un étranger qui commet un délit commet une deuxième faute: il viole une loi morale importante, celle du respect de l'hospitalité. Mais la justice n'a pas à faire la morale, elle doit appliquer la loi en fonction des faits. Qu'on aie plus de ressentiments devant un délit commis pas un hôte est possible, mais qu'on lui applique une autre loi au nom de sa nationalité, non!

Rappelons cependant que le fait d'intituler la loi expulsion des "criminels" étrangers est un autre piège, sûrement voulu par l'UDC, car dans le langage courant ce mot désigne l'auteur d'un meurtre mais dans la langue juridique il inclut les auteurs de bien d'autres "délits" qui ne sont ni des meurtres ni des assassinats.

Enfin, à propos de la position des Eglises, je signale que la Fédération des Eglises protestantes suisses a opté pour le oui au contreprojet. Je pense aussi que "Sirène" connaît sûrement les nombreuses actions que les chrétiennes et chrétiens en Suisse (suisses et étrangers!) ainsi que leurs Eglises (suisses mais aussi africaines, asiatiques ou sud-américaines!) entreprennent pour aider les jeunes, les drogués, les chômeurs, les malades etc...

Écrit par : Daniel Neeser | 23/11/2010

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