25/01/2012

Maria ou le partage de l'impuissance

Elle est de nouveau là, Maria, avec ses maigres bagages, son pas claudiquant, ses larmes, son odeur de pauvre mais avec son énergie et l'opiniâtreté avec laquelle elle défend sa vie, celle de son fils malade dans cette lointaine Roumanie et celle de sa mère.

 


Elle est là, quémandant quelques sous aux passants. Certains sont généreux. Elle a pu repartir vers la Noël avec un peu d'argent, de quoi faire la fête.

Ce matin qu'elle est revenue, je suis passé un moment avec elle au café du coin et elle m'a parlé de son Noël. Avec les sous reçus elle avait acheté un peu de bois, de la farine, des choux, de l'huile et même de la viande. Et elle avait préparé un vrai festin de Noël sur son fourneau: sarmale, mititei et autres prajituri. La fête, quoi, même s'il neigeait dans la maison à cause du toit percé...

Mais, ce matin, la fête était loin. Le fils, cardiaque, vient d'être opéré et, si les soins sont payés en partie, les médicaments sont chers, l'ardoise à la superette est toujours là et le toît toujours percé.

Et ce matin je l'a quittée avec ce sentiment d'impuissance. J'aimerais bien jouer au Père Noël. L'histoire du petit ours Mishka me revint à la mémoire. Mais je ne suis pas Mishka, mais il y a mes responsabilités de mari et de père, mais il y a tant d'autres Maria, mais il y a...

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