21/06/2011

Pillage du Congo, Glencore épinglée

L’entreprise suisse de négoce de matières premières Glencore a engrangé 145 milliards de dollars en 2010, notamment en exploitant des mines de cuivre et de cobalt au Congo. Une étude commandée par les trois organisations chrétiennes suisses Pain pour le prochain (Oeuvre protestante) Action de Carême (son homologue catholique) et Etre partenaires a révélé que l’État congolais et la population locale n’en ont pratiquement pas profité.

Le respect des droits humains passe par une transparence renforcée dans le secteur des matières premières. Il incombe au Conseil fédéral de veiller à ce que les politiques suisses en matière d’économie, d’affaires étrangères et de droits humains soient cohérentes.
C’est l’objet d’une pétition que les trois organisations ont adressée au gouvernement suisse. 27’237 personnes l'ont souscrit signée.


Les négociants en matières premières tels que Glencore exploitent toutes les lacunes et toutes les astuces possibles et imaginables pour éviter de payer des impôts et des taxes. L’étude met également en évidence qu’une filiale de Glencore bafoue les droits humains et pollue l’environnement. Toss Mukwa, le coordinateur du programme d’Action de Carême au Congo, souligne à ce sujet : « les multinationales exploitent les richesses minières du Congo aux dépens de la santé de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Or, l’État n’a même pas les moyens de payer les salaires des enseignants et des médecins. » 

Avec cette pétition, les œuvres d’entraide et les signataires exhortent le Conseil fédéral à prendre des mesures contre cette injustice. Les multinationales de l’industrie extractive dont le siège est en Suisse doivent révéler le montant des impôts et des taxes qu’ils reversent à chaque pays. Dans d’autres pays, ce type d’entreprises subissent des pressions croissantes : en 2010, les États-Unis ont introduit la loi dite Dodd-Frank visant à renforcer la transparence dans le secteur des matières premières. En France et en Grande-Bretagne, les gouvernements ont réclamé une loi semblable et ont été soutenus à cet égard par le Parlement européen. Lucrezia Meier-Schatz, la présidente du Forum de fondation d’Action de Carême, estime qu’« il est temps que les entreprises prennent conscience de leurs responsabilités et respectent les droits humains ! ».

La Suisse porte une responsabilité particulière car un nombre croissant d’entreprises internationales transfèrent leur siège en Suisse. « Genève est devenue une véritable plaque tournante du commerce mondial des matières premières », affirme Miges Baumann, responsable de la Politique de développement à Pain pour le prochain. « Les multinationales profitent de la politique et de la législation laxistes suisses ».   
Pendant le temps de Carême, des milliers de paroisses se sont penchées sur la problématique des matières premières et ont récolté des signatures pour la pétition d’Action de Carême, de Pain pour le prochain et d’Être partenaires.

La pétition « Les entreprises doivent respecter les droits humains » a récolté  27’237 signatures entre le 10 mars et le 19 juin dont 9'998 en Suisse romande.
Merci de votre soutien.

Commentaires

Excellent article très dynamique qui présente très bien le sujet. Merci!
Ce qui est effarant, c'est qu'on ait laissé durer si longtemps de telles injustices sans réagir.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 21/06/2011

Merci pour cet encouragement. Effcetivement, les réactions ont tardé. Maintenant elles viennent. Espérons que la pression sera suffiante sur nos autorités politiques pour que de tels comportements soient pour le moins contrôlés, si possible modifés.

Écrit par : Daniel Neeser | 01/07/2011

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