20/08/2011

UNE FIN ENFIN ! La prostitution des mineur-es interdite

La presse nous apprend que le Conseil fédéral  a mis en consultation l’interdiction de la prostitution des mineur-es. Le Courrier du 19 août titrait: Berne veut metter fin à la prostitution des mineurs et ouvrait son article en pointant du doigt que « en Suisse Silvio Berlusconi n’aurait pas pu être poursuivi pour avoir entretenu des relations tarifée avec une mineures de 17 ans, (…) car dans notre pays la prostitution est une activité légale dès l’âge de 16 ans, l’âge de la majorité sexuelle ». La nouvelle loi ne modifiera pas l’âge de la majorité sexuelle, fixée à 16 ans, mais repousse à 18 ans celui de l’accès à la prostitution. Ce débat repose la question du sens de la majorité sexuelle, de deux ans plus précoce que l’autre, la civique.


On ne  peut que se réjouir de cette prise de conscience, même bien tardive. L’article du journal précise que la Berne fédérale avait, en 2009 déjà, rejeté une proposition de genevois Luc Barthassat poursuivant cet objectif mais que Genève s’est dotée d’une loi interdisant cette exploitation en mai 2010.
Cependant ce débat repose la question du sens de la majorité sexuelle, de deux ans plus précoce que l’autre, la civique, et de la différence qui fut faite, lors des débats sur l’abaissement de la majorité, entre responsabilité personnelle (face à sa propre sexualité) et responsabilité civile et  citoyenne.
Cette dissociation m’est toujours parue problématique : mon corps m’appartient certes (mais en partie seulement !) mais il est aussi, comme toute ma vie, en relation, lieu de relation donc avec son potentiel mais aussi avec ses pièges. Que ce soit par sa sexualité mais aussi par son intelligence, sa force physique, son aura spirituelle, l’être humain est être de relation. Peut-on alors défendre cette position qui fait que je serais responsable d’une partie mais pas du tout ? Peut-on accepter de dissocier ce corps vivant entre vie sexuelle qui serait plus facile à gérer que l’engagement politique, la formation intellectuelle ou l’action civique ?
Je ne le crois pas. Si donc l’on peut et l’on doit soutenir cette proposition fédérale, qui rejoint celle de la Convention du Conseil de l’Europe sur la protection des enfants, on peut se demander quelle était la conception de l’être humain qui présidait lors de la modification et la parcellisation des âges de(s) majorité(s).


Commentaires

On en est encore à subir cette discrimination: si une collectivité précise qu'un être humain est responsable dès l'âge de 18,

alors cela doit être le même âge pour toute responsabilité: sexuelle comme électorale comme économique.

Si vous le permettez: l'esprit de votre conclusion est floue, ce qui rend votre position, dans l'ensemble de votre texte, tout aussi ambigüe...

Une position opaque, pour atteindre l'objectif visé?
bizarre...

Écrit par : Genre femelle | 20/08/2011

@Monsieur le Pasteur Neeser

Vous êtes protestant et citoyen

Je suis une vieille suissesse née à Genève ayant connu presque tout de ce qu'une femme de seconde zone car non fortunée, peut connaître.

- comme pas de logement! (refus des employés de régie - majoritairement frontaliers - d'attribuer le bail des apparts que je trouvais).
- travaillant mais SDF en zone frontalière & résidant en hôtels, puis mère célibataire payant cash l'accouchement prématu d'un petit franco-suisse, mère battue par le conjoint pour provoquer avortement, puis avec nouveau-né dans les bras,
- ai su résister à viol avec tentative de meurtre
- ai aidé une victime de, et subi dans plusieurs emplois, harcèlements et discriminations ostracistes voire racistes de collaborateurs frontaliers conduisant par ex dans cette banque privée internationale une collègue au suicide, où le responsable, cadre frontalier, employait des chinois temporaires non déclarés, de nouveaux frontaliers restant inscrits au chômage français &ou salariés fictifs, avec comme boîte aux lettre sur Suisse, celle d'une agence temporaire de Gve
- ai du accepter de travailler en sous salaire en sous emploi, histoire d'avoir un job, de payer les factures de base et l'emprunt immo, et de subvenir à cet étudiant orphelin de père qu'est mon fils, au travers des licenciements économiques, des sous emplois et contrats d'agences me grugeant sur le salaire à hauteur de 1'000chf/mois brut.
- ai survécu à ces pires années depuis 2002, où l'âge fait partie des critères "légaux" de discrimination à l'embauche bien que ma retraite soit à 65 ans, avec des moyennes de 45h-52h/semaine, dans un marché où les frontaliers me concurrencent avec des prétentions de 35h/semaine,

sans jamais pouvoir prendre de vacances avec mon fils, en raison d'obligations professionnelles (de cadre d'exécutifs de multis travaillant jours de fête ou en stand-by etc), à part une fois 15jrs - en camping dans les Landes.

Ce narratif pour pouvoir dire qu'à mon avis, notre Conseil Fédéral est là aussi, en retard sur la démocratie
nos législateurs ont prouvé ne rien savoir faire
sans la volonté politique de nos élus.

Ce cafouillage dans l'âge des responsabilités sexuelles / électorales est typique de l'expression d'un embarras essentiellement masculin

Que Madame Micheline Calmy-Rey ait la volonté d'exprimer la voie d'une Suisse
à la démocratie avancée, digne de notre époque et de nos citoyens

sur la question de l'âge de la majorité dite "responsable" - électorale comme sexuelle
soit un même âge: 16 ans ou 18 ans, pour toutes responsabilités.
A soumettre en votations fédérales!

Écrit par : et ensuite? | 20/08/2011

A Genre femelle: Merci pur votre commentaire. Je précise le sens de ma conclusion: une critique de cette division entre vie sexuelle, vie politique, vie économique etc... Mais il est vrai que je posais en plus la question de la raison de cette séparation lorsque l'a^ge de la majorité fut abaissé

A Et ensuite? J'ai été très ému en vous lisant. Effectivement votre vie fut difficile. Mais que vous l'avez bien décrite. Merci!
Peut-être que d'autres s'y sont reconnus... Vous avez tout à fait raison d’écrire: "Ce cafouillage dans l'âge des responsabilités sexuelles / électorales est typique de l'expression d'un embarras essentiellement masculin" Il n'y a pas assez de présence de la part féminine de l’humanité dans nos décisions politiques, que cette part soit chez les femmes ou chez les hommes.

D. Neeser

Écrit par : Daniel Neeser | 21/08/2011

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