22/09/2011

Neutralité, UDC et ASIN

UDC, ASIN et vous qui les suivez: Vous ne pouvez pas en même temps votre battre pour la neutralité de la Suisse et stigmatiser l’étranger, combattre l’importance internationale du pays et condamner sa politique étrangère. Au contraire, vous devez la soutenir. Au nom de sa neutralité !


Depuis six ans je fais l’expérience d’un soutien, modeste, à la démocratisation et la libération d’un peuple opprimé par une dictature religieuse, celle de l’Iran des Mollahs, et hier je participais une nouvelle fois à une session des Droits de l’homme à l’ONU. Ecoutant les interventions de juristes, d'hommes et de femmes politiques de Suisse et du monde, pertinentes, pointues, souvent empreintes de beaucoup d’émotion, je pensais à la position de l’UDC, de l’ASIN et de nombre de mes concitoyens à propos de la neutralité susse et du rapport à l’étranger.

Cette positon est contradictoire et ne respecte justement pas la neutralité qu’elle prétend défendre.

Vous ne pouvez pas en même temps votre battre pour la neutralité de la Suisse et stigmatiser l’étranger, combattre l’importance internationale du pays et condamner sa politique étrangère. Au contraire, vous devez la soutenir. Au nom de sa neutralité !

Avec l’immense travail de Mme Calmy Rey et celui, pas assez remarqué dans le pays, de M. Deiss comme président de l’Assemblée générale des Nations unies à New-York, la Suisse a transformé la neutralité passive helvétique en un engagement actif, retrouvant ainsi le sens dynamique de la neutralité des premiers siècles de la Confédération. Il s’agissait, dès le 14e siècle, d’un instrument pour garantir notre survie, sachant que la guerre n ‘est pas une bonne solution et que la Suisse ne pouvait vivre en s’isolant du monde alentour mais en y participant avec ses (modestes) moyens.

Il en va de même aujourd’hui. Les premiers Suisses avaient compris que le monde ne s’arrêtait pas aux cols de nos montagnes, ils se sont engagés dans le combat, difficile, violent parfois, du dialogue et des alliances politiques. Or ce que n’ont compris ni l’UDC ni l’ASIN c’est que le monde actuel ne s’arrête plus aux frontières du Saint Empire romain germanique. Leur position vide notre neutralité de tout contenu et est à l’opposé de la position politique courageuse de nos ancêtres. Ils avaient compris qu’on ne peut être neutre tout seul.

Refuser une neutralité active, engagée sur le plan international, est le meilleur moyen aujourd’hui de laisser les grands et les gros faire notre politique à notre place, stigmatiser l’étranger est le contraire d’être neutre. Le dialogue, le respect et l’exigence s’apprennent et se pratiquent à l’ONU. Je le sais, je le vois.

Alors UDC, ASIN et autres Suisses qui les suivez : soutenez notre politique de neutralité active et engagée, soutenez l’engagement et l’immense travail de la Genève internationale, autorités politiques et population confondues. Il en va de l’honneur et de la vie de votre patrie et de celle de millions d’hommes et de femmes qui, dans le monde qui est le vôtre, appellent à la liberté.

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