12/12/2011

GLISES A GENEVE ET MENDICITE : UNE PAROLE FORTE DES PROTESTANTS

La nouvelle loi condamne et interdit la mendicité : "celui qui aura mendié sera puni de l'amende". Savez-vous qu'elle fait de la charité un acte complice ? En effet le tribunal pénal genevois a  défini ainsi la mendicité : "tout comportement tendant à récolter de l'argent ou de la nourriture donnée par charité afin de subsister".


Le Consistoire (parlement de l'Eglise protestante) a, dans sa dernière session, décidé de soutenir la pétition adressée au Grand Conseil, et actuellement à signer, demandant la suppression de l'article de la loi genevoise de ce printemps faisant de la mendicité un délit: "celui qui aura mendié sera puni de l'amende". Cette pétition est soutenue par les deux autres grandes Eglises chrétiennes genevoises (cf. la Tribune du 9 décembre).


Le Consistoire accompagne cette position d'une parole explicative forte. Extraits:
Le fondement biblique: "Dans la Bible, l'affirmation première consiste à dire qui est Dieu et quelle est sa volonté : il est un Dieu solidaire des pauvres ! Quand il exprime sa foi, le peuple d'Israël rappelle la condition de servitude subie par ses pères en Egypte, dont Dieu les a délivrés (...) Il y a des pauvres dans toutes les sociétés humaines et, comme le dit Jésus: Vous aurez toujours des pauvres parmi vous".


La position politique: "La pauvreté n'est pas un phénomène naturel, ni le plus souvent la conséquence de choix individuels malheureux. Elle est le révélateur de l'organisation interne des sociétés. Car s'il y a des pauvres dans toutes les sociétés, c'est que toutes se structurent de manière inégalitaire. Et pour cette raison même, toutes sont aussi confrontées à la question de la justice, dont elles relèvent le défi, chacune avec plus ou moins de détermination".


L'analyse actuelle: "Il n'est donc pas étonnant qu'il puisse y avoir des sociétés plus inégalitaires que d'autres, mais il est surprenant que dans la nôtre, qui se veut pourtant démocratique, nous assistions, aujourd'hui, à une véritable explosion des inégalités".


Enfin l'exhortation: "La leçon que nous pouvons en retenir n'est pas seulement religieuse, elle nous rend attentifs au fait qu'une société ne reste humaine que dans la mesure où en elle des efforts sont faits pour empêcher les inégalités de rompre le lien qui unit tous ses membres (...) De la pauvreté, la vie bascule dans la misère (...) Comment peut-on alors en venir à criminaliser le geste de tendre la main ? Il est clair que la loi qui en vient là ne peut pas passer pour une simple mesure d'ordre public, car elle contribue à instituer une société fermée, fondée sur l'exclusion. Ce n'est pas un crime qu'elle réprime, c'est une condition d'existence qu'elle sanctionne, et en ce sens elle ne constitue pas seulement une injustice, mais une iniquité (...) »

Sans états d'âme le tribunal pénal genevois a confirmé cette position en définissant ainsi la mendicité : "tout comportement tendant à récolter de l’argent ou de la nourriture donnée par charité afin de subsister". Je vous laisse juge... La charité, attitude éminemment chrétienne, pousse dans l'illégalité celle et celui qui en bénéficie et fait de son auteur un complice!

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