26/01/2012

Religion: effacez ces traces de religion que je ne saurais voir!

"Toutes traces des mentions religieuses (concernant les élèves) seront supprimées des documents d'archives du Département de l'instruction publique (DIP)" déclare la directrice de l'Unité juridique du Département (La Tribune du 17 janvier). Suite logique et normale des décisions déjà prises et appliquées depuis deux ans de ne plus demander la religion des élèves (demande qui était déjà facultative). Dont acte.


Il demeure que cette phrase et les termes utilisés font froid dans le dos: "toutes traces supprimées". Epuration??? Comme semble s'en inquiéter l'article de la Tribune : "Le DIP va encore plus loin" (que la simple suppression de la case 'religion' dans la fiche informatique). Trop loin? Je le pense car, alors que nos racines s'estompent, bien des gens qualifiés, anthropologues et sociologues en tête, sans être nécessairement croyants, disent combien la perte de ces traces, de ces liens et repères est dangereuse pour une société.

En quoi cette mention lèse-t-elle la vie privée, met-elle en danger la société et cette fameuse laïcité dont on nous rabat les oreilles depuis trop longtemps sans en définir le contenu et le sens de manière positive. Il est faux et intellectuellement stupide de prétendre que "Dans un Etat laïque les choix religieux des citoyens appartiennent strictement à la sphère privée". Avant d'être un acte de culture parmi d'autres, comme l'agnosticisme ou l'athéisme, la foi est aussi un lien social, une force d'intégration, une aide à supporter l'exil. Combien de communautés chrétiennes étrangères ne naissent-elles pas chaque mois ici, aidant les arrivants à s'orienter dans leur nouvelle existance sans perdre les liens avec leur source?

Et, dans quelques décennies, les historiens se plongeant sur la vie genevoise ne sauront plus quelle fut la foi, la pratique, le sens et l’importance de la foi des habitants de notre cité... Eux non plus n'auront plus de repères.

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