29/01/2013

Initiative Minder - Economiesuisse et débat démocratique

« On n’achète pas un vote » (P. Gentinetta patron d’Economiesuisse), et pourtant…

Je reviens sur l’interview de P. Gentinetta dans la Tribune du 23 janvier pour stigmatiser la légèreté de certains propos, le financement de la campagne et la confiscation du débat à coups de millions.


1.     M. Gentinetta est léger quand il dit qu’il «est vrai qu’il y a eu certains excès qui ont suscité de l’émotion au sein de la population». On parle de millions trop souvent et indûment versés à des personnes qui se sont trompées et ont trompé la Suisse et M. Gentinetta parle de certains excès ! Procédé classique qui vise à prendre en compte l’opinion exprimée et de la combattre en la limitant à quelques excès. Il parle d’émotion alors qu’il s’agit de réflexion, d’intelligence, de philosophie économique ! Procédé tout aussi classique qui fait passer les opposants pour des personnes émotives, donc un peu stupides, puisant leurs arguments dans leurs sentiments, donc n’agissant pas avec intelligence, alors que les autres, eux, sont intelligents. 

2.     Le financement de la contre-campagne. Au vu des montants investis, la disproportion entre ceux consentis par Economiesuisse et ceux des tenants de l’Initiative Minder est la même que celle qui règne entre les salaires «normaux» des administrateurs et autres PDG et les parachutes dorés qui sont à l’origine de l’Initiative. On n’achète pas un vote, vraiment ? Cette attitude n’est-elle pas à l’image de ces «patrons» dont M. Gentinetta nous dit, parlant de M. Corti, qu’il « a pris un risque énorme en venant chez Swissair», raison pour laquelle «il a visiblement été nécessaire de lui verser une prime d’arrivée (de 12 mio)» (sic !). Et pour les employés virés par la suite (qui eux, biens sûr, n’ont pris aucun risque…), y eut-il une prime… de départ ?

3.     La confiscation du débat sur internet. Là c’est le comble ! Empêcher le débat est le signe clair d’une volonté de puissance, à l’image d’Economiesuisse qui, là, protège ceux qui nous pillent. Avec ces 5 à 8 millions (environs 1 franc par habitant !) et cette confiscation, ces dirigeants montrent leur mépris, ou leur peur ?, du débat démocratique. Cette disproportion des moyens se voit aussi au nombre d'encarts dans les journaux et autres médias. Espérons que cette artillerie lourde (c’est Monsieur Gentinetta qui parle de «guérilla marketing») se retournera contre les généraux et autres colonnes blindées d’Economiesuisse.

 

 

Les commentaires sont fermés.