28/02/2013

L’ours et les noctambules

J’ai été interpelé par la simultanéité du débat sur la coexistence de l'ours dans nos montagnes et de celle des habitants des villes et des noctambules et par la violence de certains propos.


Permettre à tout un chacun des vivants sur notre planète de mener sa vie selon ses besoins et ses conditionnements part sûrement d'un bon sentiment. Faut-il, pour autant, que cette vie soit commune et peut-on tout partager? Y a-t-il une échelle des valeurs  et des biens prioritaires sur d’autres ?

Ce désir de vivre ensemble et en paix avec toute la création, sans aucune frontières, participe de ce désir édénique : « Le loup paîtra avec l'agneau et un enfant conduira ensemble le veau et le lionceau » (la Bible, prophète Esaïe).

Ne sommes-nous pas devant le fantasme enfantin d’une vie irénique, comme rempart devant la violence des temps ? Comme si côtoyer les loups et les ours dans nos villages et concilier vie nocturne et repos nécessaire nous aiderait à supporter la barbarie des guerres et des révolutions ? A tout prendre, j’estime plus important d’oser, acte éminemment politique, poser des limites et dire clairement que nous ne pouvons tout nous permettre et tout vivre ensemble, même au nom des meilleurs sentiments. Faudra-t-il attendre un nouvel accident comme les coups de feu dans la Vieille ville ou un ours dévorant un passant pour rappeler que nous ne sommes, pas encore ou plus, c’est selon, au paradis ?

Commentaires

J'adhère entièrement à vos propos et j'ai écrit une note dans ce sens, l'an passé.
http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2012/10/13/saleve-l-ours.html

Écrit par : djemâa | 28/02/2013

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