13/03/2013

Quand l'esprit d'une loi est violé, le vivre ensemble est menacé.

Ainsi donc, selon la Tribune du 13 mars, rien qu’à Cologny, des dizaines d’appartements sont achetés par les mêmes personnes, les mêmes familles. 29 sur 120 de ces appartement ont été achetés par les anciens propriétaires du terrain, plus de 70 vendus par lots allant jusqu’à six à la fois… 


L’esprit de la loi est violé, sinon la loi elle-même, analyse M. Longchamp. Je me demande, pour ma part, s’il n’y a pas délit d’initiés pour acquérir à bas prix ce qui sera revendable dans quelques années à haut prix…

Et il ne s’agit pas de tableaux ou d’argenterie, mais d’appartements, de lieux de vie et d’avenir qui manquent si cruellement aujourd’hui dans la cité de Calvin, où les uns accaparent des biens de vie au détriment de la vie des autres, de celles et ceux que la bible appelle prochains…

Or je lis actuellement un livre de Marc Faessler, Qohélet, philosophe, l’éphémère et la joie, qui paraît actuellement aux Editions Labor et fides, et une phrase du texte biblique m’a frappé, mise en regard de cette information : « Si tu constates oppression du pauvre et violation du droit et de la justice, ne t’étonne pas du désir que cela suppose ! (…) Amoureux d’argent, jamais d’argent n’est rassasié, ni amoureux d’opulence rassasié de revenu. A la multiplication des biens, se multiplient ses dévoreurs. (…) C’est une richesse, conservée par son propriétaire pour son malheur… » 

Ce texte fait une allusion claire à ce qui nourrit cette pratique financière condamnable : la cupidité et, au-delà, la peur de l’avenir et le manque de confiance. Mais il fait allusion aussi à ce qui menace le vivre ensemble quand trop de possession côtoie trop de fragilité. Cette menace et ce manque de confiance font qu’on adore ce qu’on croit être notre sûreté, notre espérance, notre vie : l’argent et sa possession et qu'on jalouse ceux qui en ont. Cette adoration du dieu argent qu’avoue sans honte une des personnes interrogées par la Tribune : « Ces dix logements, je les ai achetés pour agrandir mon portefeuille »… et tant pis pour ceux qui ne peuvent se loger, ils ne comptent pas puisque moi je compte... mes appartements. L'esprit de la loi est violé: le vivre ensemble est menacé.

 

Commentaires

Je ne vois pas ce qu'il y a de surprenant à constater des comportements spéculatifs sur un marché que la majorité actuelle à considéré comme judicieux de laisser libre.

C'est un petit comme si on s'étonnait de voire le renard bouffer toutes les poules, après avoir promus une loi qui interdit les grillages et portes de poulaillers fermées !

Écrit par : Djinus | 13/03/2013

Bonjour Monsieur le pasteur.
Un pasteur est étymologiquement un gardien de troupeau. Un guide en quelque sorte.
C'est une fonction relativement lourde en ce sens qu'elle implique des responsabilités pour le plus grand nombre.
Pour assumer ces responsabilités il s'agit d'être particulièrement bien informé et surtout d'assurer une maîtrise de ses émotions.
Votre message est humaniste mais émotionnel. Vous vous offusquez des dérives d'un système qui permet de tels abus.
A mon avis vous avez deux choix :
Soit vous vous engagez en politique pour faire avancer votre cause.
Soit vous restez dans votre rôle de pasteur et vous prenez de la hauteur.
Dieu merci, depuis longtemps nos sociétés ont séparé l'Eglise et l'Etat.

Écrit par : Pierre Jenni | 13/03/2013

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