28/05/2013

Loi sur l’asile : Maudet contre Beer

Le Courrier du 25 mai relève l’opposition qui règne, au Conseil d'Etat, entre Ch. Beer (PS) et P. Maudet (PLR) au sujet du durcissement de la loi sur l’asile. Je ne peux que suivre la position du socialiste, tant cet ixième durcissement est contraire aux droits humains.


Et je relève, dans les propos de P. Maudet rapportés par le Courrier, plusieurs points discutables. Tout d’abord l’affirmation, une fois encore réitérée, que cette loi «va améliorer la sécurité et l’ordre public». Cela me navre de voir P. Maudet entonner à son tour le couplet populiste répété lors de chaque durcissement de la loi sur l’asile. Si tel était le cas, on n’aurait plus besoin de les durcir, ces conditions pour l’octroi de l’asile. Je redis que le sentiment d’insécurité est, d’une part, exploité par certains partis à leur profit et, surtout, est dû à une absence d’espérance et de raison de vivre ensemble, comme à des conditions de travail, de formation, de logement, de plus en plus difficiles.

Deuxième incongruité : l’affirmation du magistrat que Genève serait prête à accueillir l’un de ces fameux centres de détention pour requérants récalcitrants (ce que conteste Ch. Beer). Pour ma part, je trouve cela un peu prétentieux dans la mesure où, jusqu’à présent, Genève est incapable de gérer humainement et administrativement les conditions de détention à Champ Dollon, sous la responsabilité de P. Maudet, et que plusieurs acteurs de ce dossier alertent depuis longtemps les autorités sur les risques d’une grave crise dans cette prison.

 

Enfin, je suis navré de n’entendre, au sein du PLR, aucune voix pour défendre la dignité des requérants et stigmatiser haut et fort le fait que cette nouvelle version de la loi refuse de reconnaître la désertion militaire comme motif d’asile. A voir ce qui se passe en Syrie, à entendre l’étonnante nouvelle position de l’UE acceptant la vente d’armes aux opposants de Bachar el Assad, on ne peut qu'être déçu tant par cette clause que par l’unanimité du PLR pour l’approuver. Où donc est passé, au PLR, la pensée libérale au sens non marchand du terme ? J’avais quelque espoirs : ils s’évanouissent progressivement.

Les commentaires sont fermés.