09/06/2013

Armer les APM. Ouf, on est passé à deux doigts de la faute !

La séduction des armes gangrène le monde politique en Suisse aussi. La question d'armer les Agents municipaux est revenue sur le tapis, heureusement sans succès.


Les agents municipaux ne seront donc pas armés (la Tribune de Genève des 8-9 juin 2013), c’est heureux. Mais certains arguments de la droite dure font peur, dont celui-ci : « Nous comprenons mal qu’on puisse augmenter leurs compétences en ne les dotant de rien d’autre que de crayons » (Eric Bertinat). Outre que cette remarque est injurieuse pour le travail actuel des APM, elle révèle le discrédit porté sur la capacité du dialogue, même tendu, de l’intervention humaine ferme mais non militarisée, elle exprime le mépris de la relation humaine et la séduction des armes. Quand on voit ce que cela donne, ne serait-ce que dans d’autres pays européens, on ne peut que s’en inquiéter. Il y a quelques semaines j’étais à Paris et n’ai pas manqué d’être inquiété par le déploiement de gendarmes, CRS bardés et casqués « comme des crustacés » et militaires sur les places, le long des boulevards, dans les lieux publics, sans parler de ces cohortes de cars qui, sirènes hurlantes, sillonnent à tout moment les grandes artères. De la démesure plus anxiogène que rassurante.

Alors, armer les gendarmes municipaux ? Non, la mise à mort provoque la mise à mort. La violence a déjà envahi une grande partie de la terre, ne l’aidons pas. Armer quelqu’un c’est lui donner le droit de tuer. Cessons de jouer aux enfants des Terminators. Limitons au maximum le nombre de personnes à qui nous confions le droit de blesser et donc de tuer et ne prônons pas la mort de l’autre, même dangereux, cela est l’apanage des groupes terroristes, voyez la violence meurtrière à Marseille ou la récente mise à mort d’un militant de gauche à Paris, Clément Meric.

En Suisse hélas, je sais des députés qui envisagent la violence comme solution politique, dont le MCG et l’UDC, je sais des politiciens (dont l’UDC Y. Perrin, nouveau Conseiller d’Etat neuchâtelois) qui  défendent l’emploi de la torture « dans certains cas », des avocats et des politiciens qui avouent sans gêne se promener avec une arme à feu…

On sait aussi la difficulté administrative et aussi humaine qu’il y a, pour un gendarme, de faire usage de son arme. Contrôle, procédure, garde-fou, possibles problèmes pénaux, tout est mis en place pour limiter cet usage au maximum, et c’est heureux.

 

Gardons donc une police locale et municipale non armée. Formons ses membres au dialogue et à la gestion des conflits violents sans l’usage de la mort ou des blessures comme instruments autorisés. C’est difficile mais bien plus juste et porteur de paix. « Ils sèment le vent, ils récolteront la tempête », nous avertit la Bible (Osée 8,7).

Commentaires

Ridicule !

Je vous propose d'aller faire quelques interventions sur le terrain et de mettre en œuvre votre "capacité (au) dialogue, même tendu".

Je suis persuadée que vous en reviendrez avec une vision radicalement différente.

Nadia, du métier.

Écrit par : Nadia | 09/06/2013

enfin un blog censé. Les apm ont été engagés pour faire de la police de proximité, et non pas pour faire les rambos. De plus, ils ont déjà peur de faire des nuits jusqu'à 0300 pour ceux de la ville de genève. Ils ne veulent pas bosser le soir à partir de 50 ans. Bref, une police qui n'en est pas une. Qu'ils continuent les tâches qu'ils font bien, soit le contact avec la population

Écrit par : leo | 09/06/2013

Franchement, je crois que vous êtes bien loin de la réalité du terrain. Si le dialogue était possible avec des durs prêts à "planter" le moindre "obstacle" ou même des femmes armées de bouteilles cassées ou autres joyeusetés, ça se saurait! Et je préfère un malfrat à terre plutôt qu'un policier ou APM.

Écrit par : Mireille Luiset | 10/06/2013

Je suis tout à fait d'accord avec Nadia! A condition de leur donner une formation complémentaire pour mettre à niveau leurs compétences au rang de policier. Je pense qu'il faudrait créer une Police unique dans notre canton si petit, car ça n'a pas de sens que toutes les communes bricolent leurs contingents d'APM. La Gendarmerie fait déjà de la police de proximité avec ses îlotiers. Quant au pasteur Neeser, il me semble vivre dans un petit nuage, bien déconnecté de la vie réelle.

Écrit par : Ralf LATINA | 10/06/2013

J'aime beaucoup cet article, car il montre que des voix s'élèvent encore contre le catastrophisme ambiant. Il faut empêcher l'obsession sécuritaire de nous faire arriver à une société où le policier est plus effrayant que rassurant, et ce n'est pas en l'armant qu'on y arrivera...

Écrit par : Diego Esteban | 10/06/2013

Absurde et hors contexte, les policiers municipaux vivent et acceptent tous les jours des situations dangereuses depuis plusieurs années, en 2013 ont augmentent les risques d'insécurité et on s'en fout !!!
Toujours arrivé en premier lors de vols, cambriolages, bagarres, dealers, accidents simple ou mortel...Qu'attendez-vous ? Un malheureux accident coutant la vie d'un agent ??? Pourquoi la politique écoute autant des gendarmes qui on peurs que leurs prérogatives leurs soient enlevée, dans un seul but de développer une justice efficace !!! ABE

Écrit par : Gonzo | 10/06/2013

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