09/07/2013

La COTMEC supprimée, l'Eglise catholique fait-elle fausse route?

Le Courrier  (29 juin 2013) annonce que «L’Eglise catholique coule sa commission Tiers-Monde» et parle du coup de tonnerre que suscite cette décision qui entrera en vigueur le 31 décembre. Je ne peux que poser le même jugement sur cette résolution.


Une décision problématique

Fondée il y  a 45 ans, la COTMEC est le témoin du fait que la foi chrétienne est et doit être active et intelligente sur le plan politique et économique aussi. Sa disparition est un coup dur, déjà pour l’Eglise catholique, mais elle l’est aussi pour l’Eglise protestante dont sa propre commission Tiers-Monde naquit à l’ombre de sa sœur. Je ne connais pas encore sa réaction.

Cette suppression est surtout un signe problématique sur le sens que l’Eglise catholique entend donner à son action et sa connaissance des raisons et enjeux de la pauvreté et de la violence.

Dans sa déclaration, l’évêque auxiliaire Mgr Farine exprime son souci face à «l’énorme chômage qui frappe le secteur banquier» et sa volonté «d’intensifier la pastorale de la rue». La force de la COTMEC est (était !?) justement de ne pas confondre pastorale évangélique et action politique ou, positivement, de montrer en quoi la pastorale devrait travailler sur les causes politiques et économiques de la pauvreté. Confiner la pastorale de la rue aux sacristies nie les causes économiques mais aussi culturelles, sociales et spirituelles de la pauvreté. Le dernier commentaire du Courrier (5 juillet) est très clair sur ce point

La présence, hier, du Pape François à Lampedusa et ses mots forts sur «l’indifférence du monde»  face à la détresse de l’émigration et sur «la globalisation de cette indifférence» sont à l’opposé de la décision genevoise et montrent à quel point le travail de la COTMEC fut (puis-je encore dire est ?) essentiel.

 

Espérons que l’Eglise protestante de Genève, en pleine réflexion sur sa mission dans une situation de marginalisation progressive n’ira pas dans le même sens et, qu’au contraire, elle relèvera le défi et fera appel aux forces libérée au sein de sa consœur.

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