10/09/2013

Otez ces traces…

Place des Nations, vers la Broken Chair, un homme, probablement Tamoul, debout, témoin silencieux et paisible, devant un bouquet de fleurs.


C'était vendredi dernier, 6 septembre, ce bouquet de fleurs était scotché au pied d’un lampadaire, à côté des traces sur l’asphalte fondu de la récente immolation d’un humain. Il a l’air de veiller ou d’attendre. Il ne bouge pas, ne proclame rien, n’harangue personne. Une voiture de police arrive, s’arrête à côté des fleurs. Les gendarmes descendent et parlementent avec l’homme, vérifient, la discussion dure un peu, la voiture repart. Nous nous approchons. L’homme nous explique : la police serait intervenue à la demande de l’Office des Nations Unies, juste en face, pour faire supprimer ces traces, « parce que ça gêne, parce qu’ils craignent une récidive ». L’homme-témoin nous explique qu’il est là pour veiller, garder ces traces jusqu’à l’arrivée de la famille du défunt qui va venir se recueillir. La police a été d’accord de surseoir au nettoyage… Ce mardi, les fleurs sont toujours là.

 

Cette scène m’est revenue à l’esprit en lisant la réflexion du père de Marie, pasteur à Ollon (Le Temps du 6 septembre) après l’assassinat de sa fille : « Avec mon épouse et notre autre fille nous avons d’emblée chois de refuser de nous laisser salir le cœur par la haine. Nous avons tout remis à Dieu ». Deux drames, deux types d’attitudes, le veilleur-témoin silencieux, le meurtri-témoin d’espérance, toutes les deux dans la paix et la confiance. Deux formes d’humanité qui furent, cette fois-ci, soutenues par l’attitude de la gendarmerie. Quant à l’ONU et son « propre en ordre » ?!…

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