12/05/2014

Grippen, les mauvais arguments de H. Hitpold

Dans Le Temps de ce 12 mai le député fait part de sa position favorable à cet achat. Elles ne sont pas pertinentes pour les raisons suivantes.


1. L'achat du Grippen pallierait notre "incapacité à prévoir les évolutions géopolitiques" (Hitpold fait allusion à la crise ukrainienne). C'est l’activité et l'intelligence politiques qui sont nos meilleures armes face aux crises internationales et non un avion militaire. Le difficile travail de l'OCDE et du son président (suisse) en est un exemple manifeste.

2. La Chine et la Russie seraient montées en force. La peur est la meilleure alliée de la bêtise, elle est, hélas, un outil politique redoutable! Faire croire que la Suisse va être attaquée par la flotte aérienne chinoise ou russe est d'une stupidité effarante. 

3. Nous ne voterions pas pour ou contre Maurer. A voir. Le Conseiller fédéral s'est montré d'une incompétence crasse dans ce dossier. à tel point qu'on doit douter de tous ses arguments, qu'ils soient techniques - il a reconnu n'avoir pas lu les rapports, trop techniques à ses yeux, ou politiques - il est incapable d'expliquer comment une défense aérienne strictement suisse (le vieux mythe UDC) est crédible. Si, pour reprendre les fantasmes de Hitpold, l'aviation chinoise ou russe envahissent le ciel suisse, ne survoleront-elles pas, avant, quelques pays européens...?

4. Après, ce serait trop tard. Mais même l'expert de l'armée suisse qui a testé un autre avion du même constructeur (puisque le modèle prévu à l'achat n'existe pas actuellement!) explique que nos actuels avions suffisent à assurer la police du ciel, ce à quoi M, Maurer semble si attaché, et en 2010 le Conseil fédéral, dont M, Maurer faisait partie, a reporté tout achat d'avions militaires.

Pour conclure, alors que la Suisse va au devant d'années de plus en plus difficiles, entre autre sur le plan économique, à cause de la votation UDC sur l'immigration, il serait bien plus sage et intelligent de mettre toutes nos ressources, dont les milliards prévus pour le Grippen dans la formation, l’innovation, la justice salariale. Voilà les "valeurs" que nous devons défendre et non le Cervin!

Commentaires

Monsieur Neeser, d'un l'avion vole parfaitement, l'avion de développement soit le Gripen F dispose de l'ensemble des systèmes nouvelles générations au stade d'industrialisation.

Le financement vient du budget ordinaire du DDPS voté en 2013, en conséquence un non ne changera rien à l'affectation de celui-ci.Par ailleurs les garanties sur contrat du Gripen en matière de compensation seront bénéfique pour l'industrie et emplois.

Les Hornet ne rempliront leurs taches uniquement jusqu'en 2030 sans le Gripen c'est 2025. Et après ? Sans le Gripen, c'est l'avenir de nos Forces aériennes qui est compromise, notre souveraineté, notre neutralité armée. Si l'achat du Gripen E ne se fait pas, notre pays sera sous tutelle de l'Otan. En résultera une perte de notre crédibilité politique, la fin de la Genève internationale.

Mais vous pourrez suivre des yeux les avions de l'Otan dans notre ciel en partance pour allez bombarder de pays lointain.

Alors à vous de choisir : Gripen E : souveraineté et neutralité / Pas de Gripen tutelle de l'Otan !

Écrit par : Martin | 13/05/2014

Bonjour, nous sommes d'accord sur la très mauvaise communication de notre Conseiller fédéral. Aucun doute ! Ceci dit, la question est trop sérieuse pour se laisser aller à un moment d'humeur.

Oui, la politique est notre meilleure arme. Mais ce ne peut être la seule. Il y a la volonté de préserver notre liberté de décider souverainement, et il y a les moyens pour le faire. En passant de 86 à 32 avions de combat, qui arriveront en fin de vie en 2025, nous donnerions un signal fort que nous n'avons plus cette volonté.

Certes les Chinois ne vont pas nous envahir. Alors soyons cohérents et supprimons l'armée dans son ensemble... Si nous admettons qu'il subsiste un risque que dans les 20 prochaines années le manque de ressources ou la dégradation de la situation économique provoque des tensions en Europe, maintenons l'armée mais donnons lui les moyens nécessaires.

Vous le reconnaissez, la Suisse va au devant d'années de plus en plus difficiles. Que dire de l'Europe ??? Les deux problèmes avec les avions de combat, c'est 1° que tous les 20 ans il faut engager une somme considérable pour remplacer le modèle obsolète (qui se préparerait à une compétition avec une voiture vieille de 35 ans ?), et 2° qu'il faut au moins 6 ans pour fabriquer ces avions, y entraîner les pilotes, etc. jusqu'à ce qu'ils soient opérationnels. Impossible de s'adapter aux brusques changements actuels, il faut anticiper. C'est une assurance à 14 centimes par jours que je suis prêt à payer, je me passerai d'un café toutes les deux semaines...

Écrit par : Maurice Zbinden | 14/05/2014

Il est vrai que les avions chinois ou russes devront avant survoler d autres pays mais doit on confier notre défense a un tiers ?
On le voit aujourd hui avec l Ukraine (qui avait renonce a l arme atomique contre une assurance russe/americaine) ou en 1938 avec les tcheques (protégés par la France et l Angleterre et honteusement abandonne a Hitler a Munich)
La principale question est a mon avis de savoir si le Grippen est l équipement militaire le plus nécessaire a la Suisse (et la j ai des doutes, car nous avons plus de chance d etre confronte a des terroristes ou des conflit de basse intensité qu a un déferlement de chars/avions russes)

Écrit par : cdf | 14/05/2014

La votation du 18 mai prochain est simplement un leurre orchestré par le GSSA (Groupe pour une Suisse Sans Armée).

En fait, l’objet ne porte pas sur l’achat du Gripen, mais sur la façon de le financer.

Accepter le « Gripen » revient simplement à accepter le modèle du fonds de financement proposé par le DDPS (Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports).

Ce dernier permettra une confirmation de commande immédiate des 22 appareils et, surtout, de garantir une économie d’échelle sur le montant total de l’achat ainsi que de garantir le montant total des contrats compensatoires prévus.

Le fonds étant 100% financé par le DDPS. Aucun autre centime ne provient d’ailleurs (autre budget, impôts supplémentaire, etc.). Un « non » au projet reviendrait à échelonner la commande, voir « leaser » pendant une période une partie des Gripen, est perdre ainsi tout chance de contrats compensatoires.

En résumé, un « non » le 18 mai signifierait une dépense supérieure au budget actuellement prévu pour l’achat du Gripen et non à un renoncement à cet achat.

Écrit par : Franck | 14/05/2014

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