12/11/2014

Globalgrain à Genève – Ecopop. Qu’on ne se trompe pas de combat

En toute discrétion, presqu’incognito, bien à l’écart à l’Hôtel Intercontinental, se tient du 11 au 13 novembre GlobalGrain, la réunion annuelle des commerçants internationaux de graines. Dans la rue, une manifestation minuscule mais indispensable tentait de se faire entendre mais, éloignée par la Police genevoise aux ordres, les quelques discours n’auront pas empêché les congressistes de faire leurs affaires.


Si j’en parle dans cette note c’est pour faire suite à mon billet précédent sur l’initiative Ecopop.

Ne nous trompons pas de combat. Car c’est dans les agissements des transnationales et multinationales de l’agrobusiness que se trouve la source des dangers contre lesquels Ecopo prétend réagir : spoliation des terres, accaparement indus des ressources naturelles, mainmise sur l’eau, emploi massif de produits pour une agriculture intensive, sont les méthodes préférées des grands groupes financiers pour s’approprier des milliers d’hectares de terres arables et les exploiter à leur profit après en avoir chassé les paysan-nes qui y travaillaient depuis des générations. Tout cela conduit à un exode massif et, donc à ces mouvements de populations exilées contre lesquels Ecopo lutte.

Pour exemple, et je cite le papillon remis à cette manif : « Toutes les 30 secondes, de riches investisseurs font main basse sur une superficie équivalant à celle du stade olympique de Londres dans les pays pauvres. 56 millions d’hectares, superficie approximative de l’Espagne, c’est la surface agricole rachetée à grande échelle en Afrique. Autant de terres qui pourraient servir à produire des denrées alimentaires sur un continent où, chaque année, 17 millions d’enfants meurent de faim ». Cela est loin mais en Suisse trois fermes disparaissent aussi chaque jour. Qu’on ne se trompe donc pas de combat.

Ne nous trompons pas de combat : c’est aussi ici qu’arrive une part des richesses « La Suisse abrite aussi un grand nombre de fonds qui ciblent leurs investissements sur l’agriculture et en partie sur l’achat de terres. Sarasin et Pictet, deux grandes banques privées, proposent des fonds centrés sur l’agriculture. Plusieurs fonds suisses, classiques ou spéculatifs, investissent dans l’agriculture, dont par exemple Global Agricap à Zurich, GAIA World Agri Fund à Genève. Addax Bionergy, basée à Genève, loue 15’000 hectares en Sierra Leone où plus de la moitié de la population souffre de sous-alimentation ». Il est donc logique, en bonne relation de cause à effets d’accueillir ces paysan-nes exilé-es si nous accueillons sans état d’âme l’argent de leurs terres.

Ne nous trompons pas de combat. Il est temps que notre gouvernement et les partis gouvernementaux soient bien plus actifs et réactifs dans ce domaine et participent à la résistance contre l’accaparement des terres au loin et ici.

Ecopop rejette sur les plus fragiles et sur ceux qui luttent déjà une responsabilité humaine, écologique et politique qui est aussi la nôtre. Ne nous trompons pas de combat et rejoignons celui de ces paysan-nes et petits propriétaires qui travaillent la terre, la leur et la nôtre. Ils nous aideront dans notre combat. 

Les commentaires sont fermés.