24/12/2014

Ils sont ces fleurs d’espérance qui font craquer le béton de l’oppresseur.

A propos du dénombrement de l'empereur de Rome la bible dit (évangile Luc de chapitre 2) : « En ces jours-là parut un décret de l'empereur César Auguste, en vue du recensement de toute la terre habitée (…) 


Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville. Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David appelée Bethléem, parce qu'il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu'ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle mit au monde son fils premier-né ».

Cet enfant là aura-t-il été recensé ? La question demeure car, si le texte biblique rapporte que ses parents ont obéi  à l’ordre de l’administration romaine, il ne dit pas qu’ils allèrent annoncer la naissance de leur petit aux fonctionnaires romains, par contre le récit continue par l’annonce de cette naissance à des bergers, ces gens mal vus, pas enregistrés, socialement à part, réputés pour leur caractère violent. Se préoccuper uniquement de son bébé et annoncer cette naissance à des bergers en lieu et place des autorités romaines, comme provocation on ne peut pas faire mieux ! La puissance tutélaire de Rome est bafouée, superbement ignorée.

Je lis cette histoire comme l’irruption d’une lézarde dans la massivité des structures de dominations. Rome est un empire hégémonique, sans pitié, efficace. Il veut recenser, nous dit la Bible, toute la terre habitée. Dans quel autre but sinon de savoir combien d’impôt percevoir et sur combien de travailleurs et de soldats compter quand les petits des hommes auront grandi ?

avril 2010 001.jpgL'Évangile se présente comme une transgression d’un système qui fait le total de ses avoirs et de sa puissance et envisage ses habitants comme dénombrables, comptabilisables. Comme le surgissement de la vie et de la beauté  dans les interstices du possible.

Comment ne pas mettre cela en rapport avec les pouvoirs totalitaires actuels, qui décomptent, additionnent, prétendent gérer le monde entier ?

Je pense à ces groupes financiers ‘too big to fail’, à ces multinationales dans les minerais ou dans l’agroalimentaire qui s’arrogent le pouvoir sur des pays entiers.

Marie et Joseph, je les vois dans ces résistants des campagnes d’Amérique du Sud, dans ces paysans révoltés des rizières chinoises, dans ces syndicalistes des mineurs des mines d’or ou de cuivre d’Afrique. Toutes ces femmes et ces hommes massifiés, recensés, comptabilisés puis jetés une fois qu’ils ne participent plus à l’accroissement ou à la défense de l’Empire qui les ‘administre’ (mais peut-on administrer des êtres vivants ?)... Ils sont ces fleurs d’espérance qui font craquer le béton de l’oppresseur.

Ils sont les Marie et les Joseph de l’évangile, les bergers auxquels les anges annoncent « Voici une bonne nouvelle qui sera pour tout le monde le sujet d’une grande joie : aujourd’hui il vous est né sur votre terre un Sauveur, qui est Christ, Seigneur ». Ecoutez ces petites et ces petits qui luttent contre la massivité de l’oppression. Ils ont l’avenir de Dieu en elles et en eux. A eux et à qui leur ressemblent Dieu donne sa paix et sa joie.

 

Joyeux Noël !

Commentaires

Merveilleux propos que vous nous offrez ici, avec des fleurs d'espérance!
Soyez-en béni!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 24/12/2014

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