20/03/2015

Eglises : Sacrilège. Mais en quoi ?

Il y a eu plusieurs déprédations dans des églises à Genève ces derniers jours. Lors de la dernière, à Hermance, l'article de la Tribune titrait: «L’Enfant Jésus d’Hermance a été décapité, sacrilège!» Vraiment? Je m'interroge.

 


Certes, en tant que protestant je suis moins attaché aux objets du cultes, statues, ciboires ou vêtements sacerdotaux. Mais, plus fondamentalement, l'emploi de ce terme très fort m'interroge en ces temps troublés où des milliers d'hommes et de femmes, vieillards et enfants sont mutilés, violés, noyés, pendus et assassinés.

Certes, ces actes de vandalisme sont choquants et je comprends l'émotion qu'ils peuvent susciter mais, au regard de l’Évangile, seul l'être humain est sacré et sacrilège toute personne qui lui porte atteinte.

A l'heure où les Eglises à Genève, toutes confessions confondues, sont bien silencieuses sur le sort de nos frères et sœurs en humanité qui, dans le monde et ici, voient leur vie bafouée, leurs droits méprisés, leur espérances anéanties, j'aimerais qu'il y ait autant de croyants et de paroissiens pour se lever en leur faveur que pour défendre une statue, aussi belle soit elle.

Commentaires

"Nos frères et sœurs en l'humanité" c'est qui ? Le mélange des genres en matière de religions n'est jamais bon pour les croyants. Les église de Genève auraient intérêt à dire ce qui ne va pas dans l'islam si elles veulent que les fidèles garde leure confiance en elles. Que chaque religion prenne ses responsabilité et fasse le ménage en son sein. Et si certaine n'y parvienne pas alors il faut les exclure de la société. C'est quand-même pas au nom du Père Noêl que "Nos frères en l'humanité" sont exterminés.

Écrit par : norbert maendly | 20/03/2015

Ce commentaire de N. Maendly est l'exemple d'un dérapage que je regrette et n'ai pas fait. En effet rien dans mon texte, encore moins dans mon intention, ne laisse entendre que les auteurs de ces déprédations soient musulmans... Et en parlant de "mes frères et sœurs en humanité" je pensais autant aux petits et autres exclus de notre société à Genève, qu'aux victimes de l'intolérance et du fanatisme politique, nationaliste ou religieux dans le monde. Que les milliers de noyés dans la Méditerranée soient croyants, chrétiens, musulmans ou athées n'a, ici, aucune importance.

Écrit par : Daniel Neeser | 20/03/2015

Si rien dans le texte ne laissait entendre que les auteurs de ces déprédations soient musulmans on peut s'interroger sur la pensée, la signification, les intentions, la motivation des auteurs de ces déprédations. Les objets choisis: ceux d'un culte chrétien et par rapport aux commentateurs de blogs qui ne cessent d'attenter, en repartant dans le passé, à la foi (signe de "problème mental"!) foi, qui n'a pas valu que le "pire" à notre civilisation. Comment comprendre qu'en ces temps d'expansion d'une dite "religion", législation, de fait, qui ne respecte pas les autres religions... nous-mêmes qui accueillions des musulmans demandant secours, refuge, abri, travail chez nous, nous démolissions ou laissions démolir ce qui a valu à notre patrie le nom de "petit paradis"?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21/03/2015

P.S. Je précise que les lignes des commentateurs contre la foi chrétienne ("kto"! de préférence)! avant tout mais non sans s'en prendre également à l'Ancien Testament (Première Alliance) correspondent aux déprédations que vous mentionnez tout en rendant service, bien évidemment, aux détracteurs du judaïsme comme du christianisme: les gens du coran (personnellement si j'étais musulmane mais en désaccord absolu avec une législation non fondée sur les Droits de l'homme, la Charte des enfants, et cetera, souhaitant m'intégrer en une communauté religieuse je choisirais au plus proche, pasteurs mariés, le protestantisme.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21/03/2015

Définition du mot "sacrilège" relevé dans le Larousse en ligne sur internet :
" Profanation à l'encontre d'une personne, d'une chose ou d'un lieu officiellement consacrés au service de Dieu. "

Étymologiquement, le terme de "sacrilège" relève de la même racine que "sacré", ce qui ne peut s'entendre que dans un cadre religieux. Or les faits se sont bien passés dans une église, celle d'Hermance en l’occurrence, un lieu de culte. Par conséquent parler de "sacrilège" me paraît adéquat pour les fidèles du culte catholique qui y est pratiqué. Il n'en va pas forcément de même pour les autres, les athées et ceux qui pratiquent d'autres cultes.
Comme pour le "blasphème", dont on a beaucoup parlé à propos des caricatures de Mahomet, puis de la tuerie de "Charlie Hebdo", on relève ici toute la complexité à vouloir définir, voire légiférer, ce qui relève du "sacré" et du "blasphème" dans une société sécularisée telle que la nôtre où règne la liberté de conscience et de croyance. En effet, comment définir ce qui relève du "sacrilège" ou du "blasphème" dans notre société où l'ordre légal permet à toutes les religions et à tous les courants théologiques de s'exercer librement ? Ce qui vaut pour les uns ne vaut pas forcément pour les autres et réciproquement.

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 21/03/2015

Ce commentaire de M. Belakovsky pointe sur une juste question, à savoir celle du discrédit jeté de manière complaisante et irresponsable sur le fait de croire. Cela conduit à cette désespérance que plusieurs commentateurs de l'attentat à Tunis ont relevé: ces deux jeunes, comme bien de leurs "coreligionnaires" tunisiens qui s'engagent massivement dans ds armées terrorisantes n'avaient plus rien à quoi s'accrocher, ni valeurs, ni repères ni avenir. N'est-ce pas le cas aussi en Europe de tradition chrétienne où l’idéologie quasi dogmatique de la laïcité participe d'une forme de pensée unique qui conduit à voir comme valeur et projet la seule consommation avec son corollaire inévitable de culpabilité.

Madame Belakovsky a raison d'écrire que la foi (je comprends ici ce terme dans le sens du "fait de croire" indépendamment des dogmes), "n'a pas valu que le 'pire' à notre civilisation". Non et il est sain(t)! de le rappeler. La foi fut et est aussi un signe de culture (culte et culture ont la même racine), un ferment de civilisation, une source de beauté, un lieu d'intelligence. L'histoire de l'Islam comme celles du judaïsme et du christianisme sont riches en périodes d'intenses créations intellectuelles, artistiques, scientifiques.
Il demeure, cependant, que l'un des grands défis posé aux croyants, sinon le seul, est celui de l’acceptation de l'autre foi, des autres fois. Sur ce plan, les croyants, leurs communautés et leurs responsables sont face à une révolution copernicienne, un renversement majeur: accepter que si, pour eux, le Dieu ou la divinité à laquelle ils se réfèrent est vérité, ils n'en possèdent pas la source ni l'explication ultime. Un Dieu est toujours "au-delà" de l'humain, insaisissable, personne ne peut le détenir, ni en détenir la vérité sinon cette vérité serait en détention.

Écrit par : Daniel Neeser | 21/03/2015

La foi, comme "certitude ultime" (Aurobindo)
Mais une épreuve a de quoi faire tout chavirer...

Ce qui ne justifie pas l'intolérance des "sachant tout" insultant et traitant de malades mentaux ceux qui croient!

La justification consistant à faire appel à la liberté d'expression, selon ce qui s'écrit en fait de provocations non contemporainement fondées mais présentées comme l'étant aujourd'hui, au présent: "à répétition"! pour le plaisir de saboter n'inciterait-elle pas à tirer un trait sur ladite "liberté d'expression?!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 21/03/2015

Tirer un trait sur le liberté d'expression ? Jamais, impossible et insensé depuis des siècles et heureusement (entre Voltaire et Louis XIV, j'ai choisi !) et c'est bien ainsi (c'est un croyant et pasteur qui vous le dit!), et donc accepter les ricanements, les moqueries, les insultes et prier pour qui nous persécute MAIS EN MÊME TEMPS se battre avec tous ceux qui sont moqués, persécutés, insultés car c'est toujours l'image de Dieu qu'est l'humain qui est touchée et, en elle, Dieu Lui-même: "Tout ce que vous avez fait (ou pas fait) à l'un de ces petits qui sont mes frères et mes sœurs. c'est à moi que vous l'avez fait ou pas fait... (Evangile de Matthieu)

Écrit par : Daniel Neeser | 21/03/2015

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