31/03/2015

SEPT PAROLES DU CHRIST EN CROIX - MEDITATIONS POUR LA SEMAINE SAINTE

Mardi saint : « Père, pardonne-leur, ils ne savent plus que faire » : Dieu ne se venge pas, ni ne tue, ni ne punit.


Les hommes se sont emparés de la vie pour la tuer. Ils ont maîtrisé le Fils de Dieu. Leur folie va aboutir. Les hommes, maîtres tout puissants, dominent. Et pourtant, dérisoire équivoque, la croix où pend le Fils est encore au-dessus d’eux. En tuant Jésus, les hommes sont encore à ses pieds, comme aux pieds de la mort. Et de la croix tombe une autre parole : « Ils ne savent pas ce qu’ils font, Père, pardonne-leur ». En effet, que faire quand on a tué la vie ? Mais à la folie des hommes, répond la maîtrise du Fils.

C’est la toute puissance de celui qui s’offre, et qui remet ses bourreaux à son Père ! Alors que les hommes croient Dieu à leur merci en crucifiant son envoyé, ils sont pardonnés et placés face à la bonté de Dieu. Dieu ne se venge, ni ne tue, ni ne punit.

Les humains ne savent pas qu’en prétendant s’emparer de la vie d’un des leurs, enfant d’humanité, ils blessent Dieu et se retrouvent dans la mort, devant l’impasse du refus de l’autre ; ils ne savent pas qu’en supprimant celui qui - à leurs yeux - est un obstacle à leur vie et à leur foi, c’est eux-mêmes qu’ils amputent et leur foi qu’ils menacent d’inanité. « Père, pardonne-leur » : par la croix, l’humanité est fondée dans et sur le pardon demandé à Dieu pour tous et d’abord pour celles et ceux qui sont les instruments de la mort. Pardon demandé pour que cette ignorance ne conduise pas à la mort, mais qu’il y soit donné plus, donné par dessus, par-donné. Car là où le non-sens humain prévaut, le sens de Dieu survient.

L’humanité nouvelle, communauté de femmes et d’hommes, ceux-là mêmes qui « ne savent pas » mais qui reconnaissent dans le ressuscité le crucifié, est créée pardonnée et pardonnant. Le pardon à recevoir et à partager lui est offert à sa naissance.

L’Eglise est sacrement du pardon de Dieu accordé à l’humanité toute entière. Pardonnés, vivant par Dieu, nous pardonnons l’humanité entière au nom de Dieu ; nous lui donnons par dessus, nous la pardonnons au Nom de la source de notre pardon.

Fondée sur le pardon accordé aux bourreaux du Fils de Dieu, l’Eglise, humanité nouvelle, n’a donc rien à craindre pour elle-même, car si ceux-là sont pardonnés, à plus forte raison le seront ceux qui s’attaquent à elle. L’Eglise n’a rien à craindre, ni pour sa vie, ni pour sa survie, elle a déjà tout reçu.

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