02/04/2015

SEPT PAROLES DU CHRIST EN CROIX - MEDITATIONS POUR LA SEMAINE SAINTE

Jeudi saint : « Jésus cria sur la croix ‘J’ai soif’ et on lui tendit une éponge imbibée de vin vinaigré » : que la soif soit apaisée mais qu’elle demeure !


Sur la croix la promesse faite aux Pères d’Israël s’accomplit, les prophéties sont réalisées : « Pour que tout soit parfait, Jésus dit : J’ai soif et on lui tend du vinaigre ». J’ai soif ! Le psaume sur lequel Jésus s’appuie dit : « Sauve-moi, ô Dieu ! Je suis tombé dans un gouffre et les eaux m’inondent. Je m’épuise à crier, mon gosier se dessèche. Ils sont plus nombreux que les cheveux de ma tête ceux qui me haïssent sans cause. Ils mettent du fiel dans ma nourriture, et, pour apaiser ma soif, m’abreuvent de vinaigre » (Psaume 69).

A la soif du Fils, les hommes ne peuvent plus répondre que par la dérision et la haine. La soif ne sera pas étanchée, quand bien même Jésus boira la coupe jusqu’au bout. Cette coupe est pleine de toute la détresse humaine, de la soif de l’humanité en un monde meilleur, de la soif de justice et de paix, de liberté, de respect et d’amour, mais aussi de la soif de vengeance, de sang et de jugement ou encore de sécurité.

A travers ses psaumes et toute son histoire, Israël a crié sa soif qui est celle du monde, et quand il criait Dieu lui répondait. En accomplissant l’Ecriture, Jésus reprend à son compte l’histoire de son peuple, l’humanité et, criant sa soif sur la croix, atteste que la confiance en Dieu seule est la source qui apaise la soif, au prix de l’acceptation de la mort et de la finitude humaine.

En offrant au monde l’étude et la méditation de la Parole ainsi que la coupe de la Cène, l’Eglise boit à la Source vive et y invite l’humanité. Mais elle ne possède pas cette source, Dieu est au-delà de l’Eglise qui est, tout au plus, humble veilleuse auprès de la Source. Souvenez-vous de la réponse de la Vierge Marie : « Je suis l’humble servante du Seigneur… ».

L’Eglise veille auprès de la Source et sa veille s’oriente dans deux directions : transmettre les données connues (le texte de la bible) aussi fidèlement et intelligemment que possible, donc aussi avec les moyens intellectuels et scientifiques de son temps, et préserver la soif dans le monde en refusant toute interprétation qui mettrait un terme à la lecture et l’interprétation du texte. L’Eglise témoigne dans le monde que seul Dieu apaise la soif mais que la soif demeure et doit demeurer.

La soif criée sur la croix est aussi celle de connaître et on n’a jamais fini de connaître Dieu. Le savoir n’est pas tout, l’humanité ne vit pas que de connaissance et de science mais aussi de cette Parole qui lui rappelle son origine non maitrisée et son avenir béni. Croire n’est pas savoir, encore moins avoir, mais espérer. Et il est vrai qu’espérer, parfois, assoiffe. Sur la croix, le cri de Jésus nous redit avec force que la foi n’est pas la satiété. La foi n’étanche pas la soif de Dieu, parfois elle l’avive douloureusement.

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