02/07/2015

Et si la Grèce était un modèle de démocratie?

De quelle audace et de quel sens démocratique fait preuve le gouvernement de Tsipras en soumettant au référendum populaire l'une des décisions politiques les plus capitales pour l'avenir du peuple hellène! 

 


Et pour l'Europe! Enfin, un gouvernement ose dire à son peuple que l'économie fonde sa vie. Enfin on met sur la table les vrais enjeux. Enfin les responsables politiques européens sont obligés de montrer en quoi ils sont à la botte des instituts financiers comme la BCE, le FMI et la Banque mondiale. 

Ce devrait inspirer la Suisse qui se prétend encore la plus vieille démocratie du monde, eh oui! Il y a longtemps que notre démocratie a perdu son sens comme la politique a perdu son pouvoir face à l'économie mondiale dominée par quelques consortiums. Il y a longtemps quelle n'est qu'une façade pour faire croire au bon peule qu'il a encore le pouvoir sur ses décisions. 

Cette politique grecque est un signe d'espoir pour que l'Europe redevienne un projet à taille humaine où l'humain est au centre. Un projet politique avant un marché économique. Nous sommes des être humains avant d'être des consommateurs.

Puis-je proposer à l'UDC, chantre de la démocratie helvétique et du combat contre l'UE, de prendre contact avec le gouvernement de Syriza, elle et lui ont sûrement de points communs... Et puis M. Tsipras pourra rappeler à MM Brunner et consorts que la démocratie est née en Grèce.

 

Commentaires

Tsipras va faire comme Chirac en 2005.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 02/07/2015

L'UDC au secours de l'idéologie protestante. C'est marrant.
A longueur d'année on voit l'église et la gauche vomir ces europhobes et là, par la magie des mots et des circonstances, l'innommable deviendrait le héros.

Écrit par : Pierre JENNI | 02/07/2015

" De quelle audace et de quel sens démocratique fait preuve le gouvernement de Tsipras en soumettant au référendum populaire l'une des décisions politiques les plus capitales pour l'avenir du peuple hellène! "

Navré Monsieur le Pasteur, mais j'ai dû me frotter les yeux et relire plusieurs fois votre phrase pour m'assurer que ce n'était pas les effets de la canicule qui brouillaient mon esprit !
"Quelle audace et quel sens de la démocratie", vraiment ?
Où voyez-vous de l'audace alors qu'il s'agit d'irresponsabilité et de démocratie alors qu'on nage en plein machiavélisme ?

En effet, pourriez-vous nous expliquer pourquoi Tsipras n'a pas rappelé d'emblée à ses pairs, au début des négociations, que tout accord ferait l'objet d'un référendum ? Au moins les choses auraient été claires pour tout le monde, mais ce n'est pas à l'issue desdites négociations qu'il fallait sortir cette "carte démocratique" de sa manche. Par ailleurs que penser d'un référendum organisé à la va-vite, une semaine avant ? Le Conseil de l'Europe, instance indépendante de l'UE faut-il le rappeler, ne s'y est pas trompé, lui qui juge le délai trop court pour permettre aux électeurs de se forger une opinion et répondre à une question qualifiée d’ambiguë, puisque en cas de "NON" c'est la bouteille à encre ...

Tsipras et ses affidés ont beau jeu aujourd'hui d'invoquer la démocratie, alors qu'il ne s'agit que d'un coup de poker des bonimenteurs de Syriza qui ont pris le peuple grec en otage.

Aujourd'hui SYRIZA est visible mais il n'est pas crédible !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 02/07/2015

"Nous sommes des êtres humains avant d'être des consommateurs", de même, avant d'entendre parler futurs emplois les élèves devraient être appelés à se meubler l'esprit... avant un futur appart: La culture pour la culture, pour la joie de la culture.

Les penseurs, d'autres, maîtres spirituels, ont le sentiment que notre passage en cette "vallée de l'ombre" nous met en situation de transit.
De nos choix, de nos priorités tel ou tel itinéraire pour la suite.
Terre-creuset!

Ceux qui nous dirigent ne sont pas bien encourageants, certes, mais nos indifférence, lâcheté ou laisser faire "du moment que ça va pour moi"! égoïsme, hypocrisie pas plus reluisants.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03/07/2015

Dans sa réaction, Jean d'Hôtaux pose la question pertinente du temps,de l’utilisation abusive à ses yeux du référendum et des compétences pour voter.

Si effectivement le gouvernement grec a agit vite, peut-être trop vite, avait-il le temps d'attendre? Et je ne vois pas qu'on puisse lui reprocher l'organisation du référendum. Depuis le début de la crise, les puissances monétaires et le Conseil de l'UE ont imposé leur volonté, leurs projet et leur calendrier. De quel droit ce dernier peut-il "juger le délai trop court"?

Quant à la question des compétences et de la complexification des enjeux, elle intervient et interviendra de plus en plus dans l'exercice de la démocratie, en Suisse comme en Grèce et ailleurs: Effectivement, plus les sujets sont complexes et moins les peuples seront capables de se prononcer de la manière proposée et sur les thèmes proposés.Là gît le problème: peut-être qu’effectivement, les peuples, entendez vous et moi, n'avons plus les moyens de comprendre ces enjeux. C'est le règne de l'expertocratie. Mais pensez-vous sérieusement que les banquiers et autres politiciens les comprennent vraiment? J'en doute.Ils savent depuis le début de cette guerre que la Grèce est prise à la gorge, les délais successifs accordés, les nouveaux emprunts proposés illustrent au mieux le manque de sérieux des créditeurs, au pire leur volonté de mettre ce pays à genoux.

L'avenir de la démocratie se jouera en amont des votes, référendum et autres initiatives: dans la volonté de tous les partenaires de renoncer dès le début et à temps, à l'utilisation de la contrainte et de la terreur.
En cas de NON, c'est la bouteille à l'encre... et en cas de OUI, l'eau de rose?

Écrit par : Daniel Neeser | 03/07/2015

Des invités à Cdans l'air, il y a quelques instants, disaient que le oui ou le non de dimanche ne changera pas grand-chose... les dés en fait étant pipés mais, comme le dit bien l'article de Daniel Neeser, et les commentaires, le référendum a été trop précipité et, comme nous disons chez nous, mal ficelé.
En Grèce, dans l'espoir de trouver des failles à l'annonce de ce référendum comme au texte des experts en la matière au service des opposants à la politique du Premier ministre analysent l'ensemble. Analyse, du grec, lyse, sauf erreur: couper!
Nous ne somme pas forcément au bout de nos surprises.

J'apprécie le fait que Daniel Neeser, qui est pasteur, s'exprime comme il le fait.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 03/07/2015

@ Daniel Neeser :

Tout d'abord, je vous remercie d'avoir publié mon commentaire.

Ce n'est pas le référendum en soi qui est critiquable dans le cas de cette tragédie grecque, mais son utilisation à des fins de stratégie politique.

L'endettement, qu'il soit public ou privé, réduit la marge de manœuvre du débiteur au profit du créancier. Les dettes sont toujours un asservissement, une perte de liberté. Le dire n'est pas faire offense à la Grèce, ni l'humilier, c'est seulement un rappel de la réalité financière. Il ne s'agit pas ici de chantage de la part des créanciers qui sont parfaitement dans leur rôle en posant des conditions pour rééchelonner la dette grecque. Il appartiendra maintenant au peuple de grec, par la voie de ce référendum, de confirmer sa confiance au gouvernement Tsipras en lui donnant un blanc seing ou au contraire de lui signifier un désaveu qui mettrait un terme aux théories et surtout à la stratégie de Tsipras et de Varoufakis.
C'est ici que la question est complexe, car si les électeurs grecs savent plus ou moins à quoi s'attendre en acceptant la solution des responsables de la zone Euro, qui certes ne sera pas de "l'eau de rose", ils ne savent rien en revanche des conditions de vie qui seront les leurs en votant NON. En effet, Syriza n'a rien à proposer, sauf un miroir aux alouettes.
Ce sera vraisemblablement du sang et des larmes dans les deux cas de figure ...

La situation de ce référendum n'est pas sans rappeler - certes dans un tout autre domaine - ce qui s'est passé en Suisse lors de la votation du 9 février 2014 "Contre l'immigration de masse". Les électeurs suisses ont pris l'énorme risque de faire un saut dans l'inconnu ...

S'agissant maintenant de la question que vous abordez, à savoir les compétences et de la complexité des enjeux dans les choix politiques. Je n'ai jamais dit que les électeurs étaient moins compétents ou moins éclairés que les élites politiques censées les représenter. Mon avis sur la question est exactement à l'opposé. Je pense toutefois que la démocratie directe accorde une immense responsabilité aux électeurs, mais que ceux-ci doivent en retour se montrer à la hauteur en étudiant soigneusement les objets qui leur sont soumis. C'est une question de responsabilité individuelle, une valeur par ailleurs très protestante.
Ce sujet me tient très à cœur et j'y avais consacré un billet sur mon blog en 2011 suite à la lecture du très intéressant essai du politologue Antoine Chollet "Défendre la démocratie directe" :
http://reveriesduncitoyenordinaire.blog.tdg.ch/archive/2011/09/05/democratie-directe-miroir-de-la-societe.html

Merci pour la qualité de cet échange.

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 04/07/2015

Les grecs sont devenus démocrates parce qu'ils non plus un rond. Mais ça ne les sauvera pas.

Écrit par : norbert maendly | 07/07/2015

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