07/04/2016

Panama’s song et les éléphants d’Hannibal ou la chute des mythes helvétiques

Et voilà que ça recommence. Comme une pièce trop connue ou une rengaine. Vous en n’avez pas marre, vous ? Ce dernier, mais pas ultime, volet de la pièce fait suite à bien d’autres.


Il y eut le premier : Fonds juifs en déshérence avec son final en honte et en milliards. Il fut suivi de Secret bancaire, symphonie avec grand orchestre, reprises, rappels, sanglots longs et autres finals infinis. Celui de maintenant c’est Panama’s song. Un vrai drame shakespearien. Il y a l’ouverture avec les dénonciateurs et leur clarinettes en maîtres d’œuvre, le premier acte avec les violons offusqués des amants trompés et autres parents éplorés, le second voit l’arrivée des notaires et avocats scandalisés, se dressant, effarouchés, sur les notes haut perchées de leurs cris, puis le troisième acte nous offre les trémolos des ténors politiques entonnant le trop connu Tout va très bien Madame la Marquise sous la baguette du maestro Lüscher. Nous en sommes là. Pour les actes suivants, je me permets de contredire l’assurance du maestro (« Il n’y a plus aucun établissement ni aucun intermédiaire financier sérieux qui accepte de l’argent non déclaré » sic !). Ce sera assurément la charge des percussions, cuivres et autres cymbales retentissantes, gardée en réserve par les auteurs du livret, ces journalistes d’investigation qui n’ont, soyez-en certains, pas fini d’écrire la partition…

Ah oui, j’ai évoqué Hannibal et ses pachydermes. C’est que la Tribune de ce jour, en même temps qu’elle publiait les suites de ce Panama’s song, faisait état d’une trouvaille scientifique qui nous ôte le privilège d’avoir vu passer ces animaux sur nos cols helvétiques. Décidément, on nous aura tout ôté, les banques fréquentables, les avocats et notaires honnêtes, les politiciens intelligents et maintenant Hannibal et ses éléphants… Pauvre Helvétie, c’est la chute fracassante de nos mythes.

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