12/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - 4è méditation. Aujourd’hui : le dernier repas, une arche au delà de la violence

Lecture : le dernier repas (Evangile selon Luc 22,14-20)

A l’heure donnée Jésus se mit à table avec les disciples et leur dit : « J’ai tellement désiré prendre ce repas avec vous, le repas de la Pâques, celui que nos pères et nos mères ont mangé dans le désert. Prenez de ce pain, buvez à cette coupe et partagez entre vous, ceci est ma vie donnée pour vous. Mais, je vous le dis, je ne prendrai plus ce repas qui est mon alliance avec vous jusqu’à ce qu’elle soit accomplie ».

Depuis longtemps j’ai été frappé par le caractère de « pont » que la cène prend dans ce texte.


Ce repas est présenté et vécu par Jésus de deux manières : ce qu’il désire ardemment faire, ici maintenant, avec ses disciples, avant l’enchaînement de la violence ultime, et ce qu’il attend de pouvoir faire après, plus tard, au delà de quelque chose. « J’ai tellement désiré manger cette Pâques avec vous avant de souffrir » et « Je ne la mangerai plus jusqu’à ce qu’elle soit accomplie ». Ce sont les deux piliers de l’arche qui passe par dessus la vie des hommes et par dessus l’abîme.

Ces deux cènes, celle pour maintenant et celle à venir, sont les piliers de ce pont, cette arche sur laquelle Jésus s’engage jusqu’à la résurrection. La première cène le nourrit  pour sa marche avec nous dans ce monde, la seconde est celle qu’il se réjouit de prendre à l’arrivée, avec nous.

 Jésus va manger le pain et boire à la coupe avant de passer sur cette arche d’alliance jusqu’à l’autre côté. Le pont tiendra et le marcheur ne sera pas brisé, même par la mort. Il atteindra l’autre rive et en reviendra. D’ici là, il nous cède quelque chose et nous institue dans une fonction : recevoir de ses mains et donner au monde la coupe du salut et le pain de la vie : sa parole. Il cède la présidence de la Table et confie l’annonce de sa parole à celles et ceux qui l’ont accompagné, reconnu, perdu et retrouvé qui deviennent témoins.

 Ce repas est une des manières que Jésus choisit pour se préparer à ce passage. C’est le repas justement du Passage, autre mot pour dire Pâques. Ce repas a été pris pour la première fois par le peuple de Dieu juste avant un départ, le grand départ pour la liberté et l’inconnu, pour la communion et la tentation. C’était l’Exode, cette longue marche du peuple dans le désert, pendant quarante ans. Marche vers la liberté, mais la liberté de tous, donc aussi des plus faibles, des plus lents. Pensez, quarante ans ! De combien de naissances les Israélites ont ils pu s’émerveiller, combien de jours ont-ils dû attendre que les mères se relèvent, combien de malades ont-ils dû veiller, de morts ont-ils dû enfouir dans le sable ? Moïse lui-même ne tiendra pas, n’atteindra pas le terme de cette marche, le deuxième pilier de cette arche entre servitude et pays promis.

 Jésus connait cette histoire, cette longue route à hauts risques et, même s’il a toute confiance – celle du Père en lui et la sienne dans le Père –, il sait que tout peut arriver car il marche au même rythme que son peuple, l’humanité. Il est humanité et combien de fois l’humanité, celle d’Israël dans le désert comme la nôtre, ne bascule-t-elle pas dans la démesure, dans la perte de la confiance, dans la mort ? La Pâque de son peuple est son viatique et son but. Cette confiance et cette fidélité au delà de la violence à venir, le seul bagage qu’il puisse emporter dans ce passage.

 L’autre texte que je vous propose pour illustrer mes propos est tiré de l’évangile de Luc (ch. 10) : « Jésus envoya ses disciples proclamer son message le règne de Dieu s’est approché. Il leur donna autorité et puissance sur les démons et leur enjoignit de ne rien prendre pour la route, ni bâton, ni sac, ni argent, ni habits de rechange et les disciples revenaient tous joyeux : Même les démons nous étaient soumis en ton nom ». Le seul bagage à emporter et sans retenue est la parole qui envoie, le nom de Jésus. Les disciples en sont équipés et c’est ce qui les nourrira comme la manne a nourri leur peuple dans le désert (livre de l’Exode ch. 16).

 L’autre texte que je vous propose pour illustrer mes propos est tiré de l’évangile de Luc (ch. 10) : « Jésus envoya ses disciples proclamer le règne de Dieu. Il leur donna autorité et puissance sur les démons et leur enjoignit de ne rien prendre pour la route, ni bâton, ni sac, ni argent, ni habits de rechange et les disciples revenaient tous joyeux : Même les démons nous étaient soumis en ton nom ». Le seul bagage à emporter et sans retenue est la parole qui envoie. Les disciples en sont équipés et c’est ce qui les nourrira comme la manne a nourri leur peuple dans le désert (livre de l’Exode ch. 16).

 

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