16/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - Dimanche de Pâques: Tout est neuf. La résurrection, victoire confiée

Lecture : A l’aube du premier jour. Evangile selon Jean 20,1-18. Le récit du tombeau ouvert chez Jean est troublant à cause des nombreux allers et retours des principaux protagonistes : Marie-Madeleine, Pierre et le disciple que Jésus aimait. La première arrive au petit matin pour procéder aux rites funéraires mais la tombe est ouverte, le tombeau vide. Elle court avertir Pierre qui vient avec son ami. Ils courent aussi, Le premier arrivé regarde mais n’entre pas, Pierre arrive après, entre et voit les bandes et les linges qui entouraient le cadavre. Alors l’autre disciple entre à son tour. Il voit et il croit mais les deux rentrent chez eux…

Marie-Madeleine est restée dehors, en pleurs. Elle se penche vers le tombeau et voit deux anges qui lui demandent pourquoi elle pleure. « Parce que je ne trouve pas le corps de mon Seigneur ». Elle se retourne, voit un homme, en fait Jésus, mais elle ne le reconnaît pas. Il lui demande pourquoi elle pleure. Elle le prend pour le jardinier du cimetière et lui demande où il a mis le corps. Jésus, l’appelle alors par son nom. Elle se retourne, le reconnaît et s’écrie : « Mon maître » et Jésus: « Ne me retiens pas mais va annoncer à mes frères que je monte vers mon père qui est votre père », et Marie-Madeleine, instituée première envoyée va…

 

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14/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - 6. Vendredi et Samedi saints: Le temps du silence de Dieu et en Dieu

La mort de Jésus : Jésus a été crucifié. Au pied de la croix, des femmes, sa mère, sa tante, une ou deux autres, un disciple, celui à qui Jésus confiera sa maman. puis, enfin, le dernier cri de Jésus : ‘tout est fait, accompli’ et Jésus rend son souffle. Suivent alors les rites funéraires habituels qu’il faut accomplir avant le début du sabbat : décrocher le corps, trouver un sépulcre, y déposer la dépouille avec les parfums et aromates habituels. Les femmes et un disciple encore inconnu, Joseph d’Arimathée, s’en chargeront. Et commence dès le soir de ce vendredi le silence du sabbat, le repos de toute tâche jusqu’au jour d’après, le premier de la semaine où il faudra bien reprendre la vie normale. Ce sera notre dimanche.

Dieu se tait, Jésus a rendu l’âme. C’est le temps du silence.

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13/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - 5. Jeudi saint: Le jeune homme anonyme - chacun peut trouver une place

Ce soir, avant de passer par le silence de Dieu du vendredi et du samedi, je vous propose de regarder la figure d’un personnage étonnant dont l’évangile de Marc (ch. 14) est le seul à parler. Voici son récit : Jésus vient d’entrer dans le jardin où il venait souvent se retirer avec ses amis quand il est arrêté par la garde romaine. Il retient ceux de ses amis qui voulaient se battre et se laisse arrêter. Alors qu’il est emmené, un jeune homme qui le suivait, vêtu seulement d’un drap est arrêté par la garde mais, lâchant le drap, il s’enfuit, tout nu.

J’aime ce récit parce que l’apparition de ce jeune homme permet à chacun de se glisser dans le texte, même anonymement s’il le désire, comme ce personnage. Voyons ce qu’en dit l’évangéliste : il est jeune, anonyme, il suit Jésus, n’a qu’un drap, s’enfuit, est nu.

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12/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - 4è méditation. Aujourd’hui : le dernier repas, une arche au delà de la violence

Lecture : le dernier repas (Evangile selon Luc 22,14-20)

A l’heure donnée Jésus se mit à table avec les disciples et leur dit : « J’ai tellement désiré prendre ce repas avec vous, le repas de la Pâques, celui que nos pères et nos mères ont mangé dans le désert. Prenez de ce pain, buvez à cette coupe et partagez entre vous, ceci est ma vie donnée pour vous. Mais, je vous le dis, je ne prendrai plus ce repas qui est mon alliance avec vous jusqu’à ce qu’elle soit accomplie ».

Depuis longtemps j’ai été frappé par le caractère de « pont » que la cène prend dans ce texte.

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11/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - «Aujourd’hui l'invitation injuste: tu seras avec moi au paradis »

C'est trop facile! (Evangile selon Luc 23,35-43)

Jésus est mis en croix avec deux condamnés de droit commun, le peuple est là qui regarde, les chefs religieux ricanent devant ce crucifié qui se prétend fils de Dieu et ne peut se sauver. L’un des condamnés l’apostrophe : « Sauve-toi toi-même et sauve nous si tu es fils de Dieu » tandis que l’autre le reprend : « Arrête. Nous, c’est normal que nous soyons condamnés, mais lui n’a rien fait de mal » et il se tourne vers Jésus et lui dit : « Souviens-toi de moi quand tu viendras comme un roi » et Jésus lui dit : « Vraiment je te le dis : aujourd’hui tu seras avec moi au paradis ».C’est trop facile, peut-on légitimement penser à l’audition de ce récit. Ainsi, à la dernière minute et sans rien payer, on pourrait être invité au paradis et y accéder, même après des délits, des crimes, un meurtre ? Il y a de la violence dans cette promesse de Jésus, même si nous sommes habitués à ce récit, même si nous nous accrochons à ce qui ressemble un peu à une confession, à l’aveu de la faute qui, alors, pourrait justifier l'invitation de Jésus. Et encore, notre besoin d’une justice qui rétablit le droit, venge la victime et punit l’agresseur est tel qu’il n’est pas certain que nous aurions accordé cette grâce à un tel malfaiteur…

Mais, ici et maintenant, ce n’est plus de justice humaine qu’il s’agit mais de Dieu et de son amour, un amour fou, déraisonnable, hors normes. La justice des humains n’a plus cours car l’inéluctable est en route : le lien entre Dieu et l’humanité. Ou il casse ou il tient. Ou ce Dieu qui dit aimer les humains tient bon ou il cède à jamais. C’est l’alliance donnée à nos parents qui est en jeu, cette alliance dite éternelle lorsque Dieu appela Abraham, notre père dans la foi, et lui dit : « Pars de ton pays, quitte-le et va vers le pays que je te donne. Sois béni, en toi toutes les familles de la terre seront bénies. Et Abraham partit » (Genèse ch. 12).

Pour retrouver cette alliance, pour sortir de la loi de la faute et de la punition, on pressent que l’exercice de la justice humaine est vain, qu’il faut autre chose, qu’il faut briser un cercle vicié. Il y a un besoin de vie au delà de la justice, ce besoin irraisonnable qu’exprime le malfaiteur. La justice humaine n’est pas condamnée, le bandit accepte sa condamnation mais elle est, ici et maintenant, récusée pour faire place à une vie impossible sur le plan humain.

Jésus a compris l’appel qui est celui de sa mission : ouvrir des chemins là où tout est fermé et même logiquement fermé, et il se pose comme origine de cette vie : « Aujourd’hui tu seras… ». Devant la mort inéluctable, il ouvre un chemin qu’il prend aussi, celui de la mort, du mort : « avec moi aujourd’hui au paradis, avec moi car j’y vais ». Pour cela, Jésus abandonne toute exigence. Il ne résiste pas à l’injustice, ne demande ni reconnaissance de son innocence, ni raison de mourir. Il met toute son énergie non sur lui-même, mais au service d’une sortie de l’implacable, d’une sortie de la logique humaine. Il devient alors libre. Libre au point de tout pouvoir, de pouvoir ouvrir à la vie même celui qui est voué à une mort acceptée et certaine : c’est un bandit, justement condamné.

Oui, cette invitation est injuste et violente parce que notre conception de ce qui est juste ou ne l’est pas est proche de ce qui s’appelle les mérites, les conditions que nous posons aux autres ou à nous-mêmes pour entrer au paradis, en être dignes. Et de ces conditions, Jésus en a évacué le principe, l’a rendu vain. « Aujourd’hui, au paradis, avec moi » tel est l’avenir que Jésus dessine devant les yeux de ce condamné.

Le texte que je vous propose pour illustrer mon propos est ce chant des premières communautés chrétiennes que St Paul a intégré dans sa lettre aux Philippiens (ch. 2) :

Jésus venu de Dieu, n’a pas considéré comme un privilège à conserver d’être l’égal de Dieu, mais il s’est dépouillé, a pris la condition de serviteur, devenant semblable aux humains et a été reconnu à son aspect comme un être humain. Il s’est abaissé, a été fidèle jusqu’à mourir et à mourir sur une croix comme un moins que rien. Alors Dieu l’a élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus on s’émerveille, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue affirme à la gloire de Dieu le Père que le seul Dieu, c’est ce Jésus-là.

10/04/2017

De la violence du monde à l'autre violence - Lundi saint: Ils ne savent pas douce ignorance

« Ils ne savent pas », doux rappel de notre humanité!

La mise en croix et la première prière de Jésus (Luc 23, 26-34). La cohorte des soldats conduit Jésus au calvaire, Simon de Cyrène porte la croix, une foule, des femmes en pleurs, quelques disciples suivent. Jésus est crucifié et alors prie ainsi son père : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ».

          Pourquoi cette prière, pour qui Jésus prie-t-il ? Pour tous et pour tout ! Ce cri est essentiel : il nous dit que nous ne savons pas, que fondamentalement nous sommes ignorants du mal et du bien, ignorants par nature. Nous ne maîtrisons pas le mal que nous infligeons, non pas que cette ignorance nous exonère de notre responsabilité voire cautionne le mal infligé mais parce que, dans l’ordre de la création, nous venons après la source du bien et du mal.

 

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09/04/2017

De la violence du monde à l’autre violence - Une méditation pour chaque jour de la semaine sainte

Cette année encore la violence a été présente et le demeure. Qu’elle soit réduite à un fait divers ou bien agrandie à la dimension du monde, qu’elle soit politique ou familiale, culturelle, économique ou financière, elle est là avec son lot de questions, souvent sans réponse, traînant derrière elle comme son ombre la peur, la haine, le désir de vengeance. Mais, au fond, est-ce nouveau ? Autrement dit, la violence du monde et dans le monde n’est-elle pas inhérente à la condition humaine ?

La passion de Jésus de Nazareth, « l’homme de douleur », est là justement pour nous aider. Ces récits nous disent en premier lieu que la violence existe, nous préexiste même ; ils nous donnent ensuite de réaliser combien cet homme désarmé nous est proche et en même temps nous appelle à quelque chose de neuf.

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02/04/2017

La lutte contre l'antisémitisme otage de jeux politiques douteux

La lutte contre l'antisémitisme otage de jeux politiques douteux

Le Conseil national vient d'accepter une motion UDC demandant de "couper toute subvention aux ONG
qui seraient liées à des propos racistes, antisémites ou qui soutiendraient la campagne BDS (Boycott, Sanctions, Désinvestissement)", cela avec les voix du centre, PLR et PDC et hélas celle de notre député Barazzone. 

 

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