27/09/2018

L'humanitaire et le politique.

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Les Conventions de la Croix-Rouge et celles des Droits de l’homme ne sont pas une question d’humanitaire mais de politique.

Je m’élève fermement contre le confinement dans le domaine humanitaire du débat sur l’élargissement de la loi sur le commerce des armes. Hier encore, au siège newyorkais de l’ONU, MM. Berset et Cassis ont entonné ce credo : « tenir compte de la tradition humanitaire de la Suisse » pour le premier, « nous demander si nous devons donner plus de poids à notre industrie d’armement, c’est-à-dire notre sécurité ou à nos considérations humanitaires » pour le second (Tribune de Genève 27 sept. 2018 p.18-19). Je relève déjà le mépris du terme considérations attribué par I. Cassis à l’humanitaire face au poids de celui d’industrie dont il gratifie le commerce des armes.

Les fondateurs de la Croix-Rouge et les auteurs des Conventions de Genève (il y a plus de 150 ans) puis des autres traités internationaux nés des catastrophes des deux guerres mondiales ne faisaient pas de l’humanitaire dans ce sens méprisant de quelques attitudes gentilles et compatissantes, ils faisaient de la politique, de la « realpolitik », avec son côté cynique, voire hypocrite mais intelligente et clairvoyante.

I. Cassis commet une grave faute politique (peut-être aussi humanitaire !) quand, copiant son mentor D. Trump, il ose : « La Suisse n’a pas besoin d’une administration mondiale qui est inefficace dans son travail ». Oh le bon élève ! Je suggère à son parti, le PLR, dont on pourrait pourtant attendre une meilleure connaissance de l’histoire politique suisse et internationale, de pallier son incurie en lui offrant quelques cours… Mais il est vrai que, élu par l’UDC, ce n’est pas sur cette connaissance-là de l’histoire de sa patrie qu’il le fut.

De plus, il entonne, sans très bien savoir ce qu’il fait, l’autre credo bien actuel : la sécurité, nouvelle déesse à qui on va sacrifier encore bien des vies. Croyez-vous vraiment, Monsieur le Conseiller fédéral, que c’est en augmentant notre production et nos ventes d’armes que nous serons plus en sécurité ? Comment allez-vous garantir notre sécurité et notre neutralité dans ce commerce : en vendant plus d'armes et munitions aux USA et à l’URSS et à la Chine et à l’Afghanistan et à la France... ?

Non, Messieurs les Conseillers fédéraux : n’ignorez pas la SAGESSE POLITIQUE D’UN GRAND SUISSE, NICOLAS DE FLUE, la sentinelle aux yeux fermés selon A. Honegger dans son Oratorio, qui appelait ses compatriotes à renoncer aux armes et à l’or du commerce et des gloires militaires! 

Nicolas, notre Saint helvétique, ne faisait pas de l’humanitaire mais bien de la politique. Lisez donc sa biographie écrite par Philippe Baud, théologien catholique à l’Université de Fribourg : Nicolas de Flue (1417-1487), un silence qui fonde la Suisse Cerf, Paris 1993. Je vous invite aussi à contacter le bureau du Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres, vous pourriez y apprendre bien des choses sur le lien indéfectible et bénéfique entre humanité et politique mais fi de l'humanitaire!

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Commentaires

Monsieur Daniel Neeser,

Vous êtes un pasteur.
Selon vous quelle serait l'appréciation du commerce des armes par Jésus, sur quel ton...le même n'ignorant pas à la fois le travail humanitaire (médical, soins aux victimes) de la Croix-Rouge et, du même pays fondateur de la Croix-Rouge par Dunant, son juteux en réalité sanguinolent commerce des armes?

Ne pensez-vous pas que le même pourrait reprendre son exemple de la coupe, belle d'apparence à l'extérieur mais hideuse de l'intérieur de par l'enrichissement par le commerce des armes promesses de sang, de larmes, de douleurs atroces, et de deuil,

Pour ouvrir enfin par la pratique pour de vrai le livre des Evangiles "pour en apprécier le fruit, les effets" ne il faudra-t-il pas choisir entre Dieu ou Mammon?
Idéal splendide pour nos jeunes… fin de ce qu'Ernest Ansermet appelait "médiocratie"!?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 28/09/2018

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