22/09/2009

Une visite russe en Suisse

Le Courrier du 22 septembre publie une fine analyse de la visite officielle du Président russe en Suisse. A la question du motif principal de ce voyage, il offre la surprenante réponse de la visite au mémorial de la victoire du Général russe Souvoroff sur les troupes de Napoléon en 1799. On est loin des accords commerciaux ou sportifs...

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03/09/2009

Affaire libyenne. L'humiliation et la lourde responsabilté de l'UDC

On a beaucoup (et trop) utilisé le terme d'humiliation. A croire que le masochisme helvétique n'est pas un vain mot...

Quand un plus faible ou un plus honnête échoue devant plus fort et plus retors que lui, - et c'est le cas ici - l'humiliation n'est pas de son côté. Même s'il a commis des erreurs qui ont participé de cet échec.

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23/06/2009

Iran: quel honneur pour la Suisse ?

Iran: n'y aura-t-il que les contrats gaziers dans nos relations avec l'Iran ou quel honneur pour la Suisse ?

Le 10 juin j'écrivais cette adresse aux plus hautes autorités suisses au sujet des graves menaces planant sur les réfugiés iraniens en Irak (au camp d'Ashraf). Pas de réponse à ce jour. Depuis, les événements en Iran même font craindre le pire, toujours pas de réaction. Certes, il n'est pas nécessaire - ni même utile - de faire des effets de manche comme certains dirigeants de pays voisins, mais il demeure qu'une information de la population sur une position ferme, lisible et claire de nos autorités serait bienvenue. Elle laverait cette tache malheureuse qui a flétri notre honneur: e voile de Mme la Conseillère fédérale M. Calmy Rey et la poignée de main de M. le Président R. Merz.

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16/01/2009

Adresse à l'UDC

 

 
Ras-le bol, mais vraiment ras-le-bol de vos affiches: les trois corbeaux picorant une Suisse rouge. Non, nous ne sommes pas entourés d'ennemis qui veulent nous manger. Non, nous ne sommes pas une des ces balles de saindoux parsemées de graines dont raffolent les oiseaux. Nous valons mieux. Quel mépris pour la Patrie, quel mépris pour nos concitoyens, nos hôtes et nos familles.
Quand donc, électeurs de l'UDC, cesserez-vous d'adhérer à ces images qui, éternellement, présentent notre pays comme petit, apeuré, recroquevillé, maigrichon... ?  Il faut que se lèvent des UDCistes pour corriger ce tir. Ces images sont démoralisantes, tristes et bêtes à pleurer. Elles ne cessent de faire croire que la Suisse est un petit pays, solitaire et menacé, que tous envient. Avec vous, ça deviendra le cas, l'envie en moins...
A chaque votation, vos images sont les mêmes: une Suisse solitaire, rétrécie, une île suspendue au milieu de nulle part, comme si le reste de l’Europe n’existait pas ou uniquement comme menace.
Allez, arrêtez de vous plaindre, de pleurnicher sur notre identité prétendument perdue. Place à l’audace et à la fierté d’entreprendre en Europe et en Suisse, place au combat politique, économique, culturel, au combat pour le respect des travailleurs; vous avez des moyens, utilisez-les intelligemment! Rien ne s’est fait ni ne se fera avec cette attitude de repli.
Relisez notre histoire : elle est faite de passages, de commerce, de cols franchis, de tunnels percés. Elle est faite de peurs des autres apprivoisées (cf. Ramuz ou Bouvier), d’intelligence politique et de constructeurs audacieux (cf. Pictet de Rochemont, Dufour ou Bertarelli), d'entrepreneurs (cf. Hayek et, oui !, votre Blocher). La Suisse est terre d’accueil et de rencontres, certes conflictuelles, mais 'conflit' est proche parent de 'confluent' et notre pays est à la source des grand fleuves de l’Europe de l’Ouest, Rhin et Rhône.
En plus du mépris pour nous, votre attitude est aussi méprisante pour les autres, pour nos voisins européens déjà, même si aujourd'hui l'Europe a de la peine à se construire. Non, nous ne sommes pas seuls, au milieu ni du monde ni de l'Europe. Non, les pays européens ne sont pas des corbeaux se réjouissant de déchiqueter la dépouille de notre pays et nous valons plus qu’une boule de saindoux.
Permettez-moi, chers UDCistes, de conclure avec cette salutation qui nous vient de Roumanie, pays où j’ai vécu : sa traiti, ce qui veut dire littéralement : vivez !

 

16/05/2008

QUI EST PROPRIETAIRE DE LA TERRE SUISSE ?

A propos de la loi sur les naturalisations, une interpellation protestante

 

 

En plus de la question précise de savoir qui aura le droit de naturaliser, ce projet de loi pose une question plus fondamentale, celle du rapport au pays, à sa terre et à ses traditions. Cela d’autant plus qu’il vient de l’UDC, parti qui tire sa légitimité en tant que prétendu « gardien » de cette terre et de ces traditions.

Il faut donc poser cette question première: Qui détient le pouvoir de donner une part du territoire et ses traditions ? Cette question conduit à une autre, encore plus en amont : quelle suissesse, quel suisse peut se prétendre propriétaire du pays (territoire et traditions), et donc légitimer son droit de décider à qui il ou elle veut en donner une part.

Qui est propriétaire de la terre ? Personne ! Aucun individu, aucune collectivité ne peut prétendre légitimement posséder un bout de notre terre. Toute borne posée fut un acte de violence, sûrement nécessaire pour constituer puis protéger une famille, un clan ou une nation, mais personne ne peut prétendre être le propriétaire d’origine, ainsi légitimé, de la terre. Dans la perspective biblique, la terre est promise, donc donnée et elle doit garder ce statut de don pour rester habitable. C’est un des sens du premier récit de la bible dans le livre de la Genèse. Faire de Dieu le Créateur n’est pas une explication sur le ‘comment’ de la création mais une manière de dire que nous ne sommes pas les auteurs de tout, entre autre pas de la terre ; pour marquer symboliquement cette dépendance, le récit biblique place l’arrivée de l’être humain au 6e jour, après que tout a déjà été mis en place : lumière, eau, cieux, terre, végétation, animaux… Nous n’avons pas fait la terre et ne pouvons prétendre en être les propriétaires.

A propos de cette fonction de gardiens que certains s’attribuent : dans la Genèse l’humain est effectivement posé par Dieu comme gardien du jardin. Gardien avec une grande responsabilité : cultiver, faire prospérer, faire fructifier mais pas propriétaire ; et chaque fois que Dieu promettra à ceux qu’il aime qu’il leur donne la terre, il les enjoindra aussitôt de rester à l’écoute de sa voix, de ses enseignements, donc de l’histoire de l’origine, pour que justement cette terre reste un don. Et pour que ce qu’on a reçu reste un don, il faut le partager ! 

La question du partage viendra très vite dans l’histoire du peuple juif : à peine Dieu promet-il une terre à Abraham (Genèse ch. 12, versets 1 et 2), que la question des ‘autres’, des peuples déjà présents sur la terre se pose. C’est au verset 6 de ce même chapitre: « Abraham et les siens arrivèrent au pays de Canaan (la terre promise). Abraham traversa le pays (…) or les Cananéens habitaient alors le pays… » Il doit donc faire avec ces ‘autres’, même si c’est difficile. Le pays lui est donné mais n’est pas enlevé aux autres pour autant et, fait plus troublant encore, ces autres étaient là avant…

L’histoire de la conquête des Etats-Unis le montre bien : il n’y a pas de terre vierge ! Le croire ou le prétendre conduit nécessairement à la violence injustifiable et à la destruction déshumanisante. Il n’y a pas de lieu où nous sommes ‘premiers’. Nous sommes toujours seconds. En perspective chrétienne cela renvoie à la notion de ce Dieu qui nous précède et nous appelle de plus loin que nous.

Une autre image biblique fondatrice est encore celle d’Abraham, Araméen errant, figure emblématique de notre statut de ‘passager’ sur cette terre que nous devons tous quitter un jour et dont nous ne pouvons rien emporter.

Pour conclure. Ce pays, comme tous les autres, est un don (et un beau don !) qui nous est confié. Nous ne pouvons en garder la jouissance que comme gardiens, pas comme possesseurs. Aujourd’hui garder à ce pays son caractère de don passe par une loi sur les naturalisations qui ne nous plonge pas dans l’illusion mortelle que nous en serions propriétaires.

 

 

09/10/2007

Après le face à face Moutinot - Weiss sur Léman Bleu

D'accord avec vous, Monsieur Weiss, pour dire que la réaction de la police bernoise fut inadaptée, mais pas d'accord avec votre interpellation au Conseiller d'Etat genevois chargé de la police. Il ne s'agit pas d'abord de police plus présente ou plus efficace mais de politiciens qui prennent leurs responsabilités et trouvent une parade politique aux exactions de l'UDC.

Je n'as pas (encore?) ni vu ni compris ce que votre parti entend faire et dire dans ce sens. Comme l'a dit pertinemment le Conseiller d'Etat, avant de parler prévention et interventions policières, il s'agit de travailler comme responsables politiques intelligents et proactifs. Il est vrai que c'est difficile face à l'UDC qui arrive à tirer profit de tout, tant des attaques que des critiques dont elle est l'objet.

Puis-je me risquer à cet exercice? Voici le discours que l'UDC pourrait tenir si jamais son leader n'était pas réélu au Conseil Fédéral: "Le complot contre Monsieur Blocher a réussi. Emmené par les gauchistes et cette droite molle et inefficace, les Suisses se sont, hélas, laissés berner. Nous avions raison de révéler ces alliances complotées entre médias, gauche et partis bourgeois pour faire taire les vrais démocrates. Mais notrre chef, maintenant dans l'opposition face à un Conseil Fédéral mou et inactif, saura rester fidèle à sa vision d'une Suisse indépendante et fidèle à ses origines..."

Si, par contre Monsieur Blocher est réélu, voici le 'même autre discours' que ça pourrait donner: " Le complit contre Monsieur Blocher n'a pas réussi. Emmené par une UDC vivante et organisée, le peuple suisse ne s'est pas laissé berner par les gauchistes et cette droite molle et inefficace. Nous avions raison de révéler ces alliances complotées entre médias, gauche et partis bourgeois pour faire taire les vrais démocrates. Réélu aux plus hautes fonctions de Conseiller Fédéral, notre chef saura rester fidèle à sa vision d'une Suisse indépendante et fidèle à ses origines..."

Face à cette rhétorique, nous attendons de votre parti, Monsieur Weiss, comme de tous les autres, une imagination politique anticipatrice, des actions et non des réactions. soyez donc plus intelligents que l'UDC, que diable!