26/12/2007

Accueillir, est-ce laïc ou religieux? C’est humain

Il y a une année les chrétiens et chrétiennes de Genève et environs ont accepté un immense défi: accueillir le 30e pèlerinage de confiance organisé chaque année en Europe par la Communauté de Taizé. L’enjeu est immense. Il en vaut la peine: la confiance n’est-elle pas aujourd’hui précisément, une nécessité autant politique que spirituelle ? Or rien n’est gagné.
      Car notre ville est étonnante : dite ‘cité de Calvin’, source du protestantisme, elle est aussi bastion de la laïcité. Si, pendant le 20e siècle, cet ‘état de laïcité’ n’a posé que peu de problèmes aux croyants genevois, tant la culture dominante était imprégnée des repères chrétiens, si elle a aidé à la paix locale et participé au développement international de la ville, depuis quelques décennies notre laïcité peine à être source de propositions dynamiques.
      Or, elle n’est pas un dogme intangible mais une manière de vivre ensemble. Née début 20e, son objectif était pragmatique: faire vivre ensemble deux religions qui se découvraient au coude à coude et une part non négligeable d’agnostiques. Aujourd’hui, influencé par les durcissements identitaires, modifié par une immigration non chrétienne, inquiet devant  la mondialisation des valeurs, le microcosme genevois doit adapter sa laïcité sans ni la renier, ni confiner la foi dans sa seule dimension privée. Il est temps de passer de l’état de laïcité à une laïcité de propositions.
      Ce pèlerinage en est l’occasion. Certes, la communauté de Taizé est chrétienne, religieuse ; certes, ce sont des moines, mais Taizé est éminemment ‘moderne’. Première communauté monastique œcuménique, fondée par un pasteur de Genève, elle a mis au coeur de ses actes la réconciliation. Entre Français et Allemands dès la guerre, entre chrétiens, entre vie active et spiritualité par la suite. Cela ne met pas la laïcité en danger. Face au projet d’Union européenne qui peine à enthousiasmer, face à l’image que nous avons des ‘autres’, ceux que, roumains ou polonais, nous appelons parfois avec crainte ou mépris les ‘européens de l’est’, ce pèlerinage est l’occasion de modifier nos images mentales, de créer la confiance et la rencontre entre européens.
      Mais il manque encore des places pour ces jeunes qui seront plus nombreux que les coureurs de l’Escalade! Une comparaison : pour les deux c’est la 30e édition! 27’402 inscriptions à la Course, 30’000 jeunes attendus! Des bénévoles des deux côtés! Un enthousiasme partagé! Mais pas les mêmes moyens malgré des soutiens importants.
      D’où cet appel. Appel aux Autorités politiques municipales et cantonales : engagez-vous, encouragez-nous! Un appel plus particulier à M. le Conseiller d’Etat Ch. Beer : merci d’avoir ouvert des écoles pour accueillir les jeunes, mais ouvrez l’accès à l’information dans les écoles! Des jeunes ont voulu poser les affiches de cette rencontre et distribuer les papillons dans leur collège : refus au nom de la laïcité. Dommage! Appel aux médias : couvrez cet événement avec professionnalisme et ouverture d’esprit! Vous le savez : rien de cette envergure ne se fait sans vous. Appel à la population : accueillez des jeunes entre le 28 décembre et le 1er janvier. Pas besoin de chambre ni de lit. Pèlerins de la confiance, ils viennent avec matelas et sac de couchage pour vous rencontrer et se rencontrer. Dormir au chaud et recevoir un petit-déjeuner et le repas du 1er à midi: voilà ce que nous  cherchons. Du matin au soir, ils sont pris en charge par les paroisses et les Frères de Taizé. Alors?

09/12/2007

Le fusil à l'arsenal !

L’ADIEU AUX ARMES
Le débat sur l’arme militaire à la maison est relancé. Il doit être conclu, et vite, et dans le sens de la disparition totale des armes de services des foyers helvétiques.
Certes, une belle et noble tradition va disparaître. Oui, elle était belle, respectable et unique au monde ! Quelle responsabilité, quelle confiance entre peuple et autorités, entre armée et civils ! Un bel hommage rendu pendant  des décennies aux citoyens-soldats que nous fûmes.

Mais hélas, les temps on changé. L’harmonie entre armée et population n’est plus la même, l’éducation non plus, mais surtout le rapport à la violence a changé du tout au tout. Et c’est paradoxal ! Jamais, depuis le début du siècle précédent, la Suisse n’a été aussi protégée, éloignée de tout conflit militaire connu et, jamais la présence de telles armes à domicile n’a créé autant de drames ni de polémiques.  Elle n'est plus tolérable aujourd'hui et quelques larmes patriotiques valent moins que la vie d'un seul.

On peut le regretter, mais la confiance n’est plus possible qui permettait, comme avant, de confier une arme à n’importe qui. Car c’est bien de ce la qu’il s’agit : n’importe qui et les fragiles plus que les autres ! Aucun contrôle, policier, juridique, militaire, social ou psychologique ne garantira, comme ce fut le cas, le respect de la fonction ultime et unique de cette arme : permettre un accès armé au front en quelques heures. Mais, dites-moi, cela est-il encore, aujourd’hui une nécessité militaire en Suisse ?

Ce qui rend le débat difficile, c'est qu'il met en cause la raison militaire et politique de l'armée suisse au coeur de l'Europe à l'aube du 21e siècle. Ce débat-là devra être entrepris... bientôt.