Protestant et Citoyen - Page 11

  • Constituante et Eglise Protestante, une occasion manquée?

     Le Consistoire (parlement) de l'Eglise Protestante de Genève (EPG) vient de décider de ne pas présenter de candidats à la Constituante genevoise mais de créer un groupe de suivi : «Ce groupe sera amené à réfléchir non pas sur l'ensemble des problèmes traités par la Constituante, mais sur des thèmes qui sont particulièrement importants pour l'Église: le sens de l'Etat et les valeurs fondamentales qui le soutiennent... » (Communiqué du Conseil du Consistoire dans La Vie Protestante de juillet 2008, p. 6).

    Dommage! L'Eglise rate ici une occasion. Qui plus est, elle donne un signe contradictoire: ne pas faire partie de cette importante entreprise qu'est la refonte d'une Constitution et, en même temps, prétendre « participer valablement aux réflexions de l'élaboration de la nouvelle Constituante (...) le mandat général du groupe [étant] d'accompagner, dans le sens d'éclairer, les débats par le message spécifique de l'Evangile ». Je ne vois pas très bien comment cet accompagnement sera possible, les Constituants désirant travailler probablement à l'écart de tout groupe de pression. Le Courrier ne s'y est pas trompé, parlant de « lobby »! (édition du samedi 19 juillet, p. 8). Pour ma part, je ne peux m'empêcher de trouver cette position relativement désobligeante pour le monde politique.

    Un argument est présenté: respecter la laïcité: « L'EPG a un message évangélique à transmettre mais, dans un Etat laïc, elle dit ce qu'elle pense sans intégrer le monde politique » explique M. Vuagniaux, membre du Conseil du Consistoire , toujours dans Le Courrier. Cet argument n'est pas pertinent, au contraire. Outre son caractère quelque peu prétentieux déjà relevé, cette position fait fi de la culture protestante. Effectivement, en perspective réformée, la laïcité est une proposition de dialogue responsable, non d'exclusion. Contrairement à une certaine conception catholique romaine qui continue à envisager le rapport avec l'Etat en terme de rivalité (la prédominance toujours revendiquée du Pape sur les chefs d'Etat), le protestantisme est favorable à une présence dans la cité en termes de partenariat et de responsabilité différenciée, de manière critique certes, mais toujours complémentaire et respectueuse. Combien d'hommes et de femmes politiques ont fait la Genève actuelle, portés par leur foi protestante et Calvin a toujours tenu en très haute estime le ministère du magistrat. A l'heure où il devient urgent de montrer au monde politique et à la société qu'on peut être croyant et doué de raison, pratiquant et tolérant, à l'heure aussi où les besoins de spiritualité se font sentir partout, cette position est contreproductive.

    Je la regrette d'autant plus que, depuis quelques années l'Eglise protestante se propose justement d'être plus présente dans la Cité...

    Heureusement, je sais des parlementaires défendant les valeurs de l'Evangile et, comme l'annonce Le Courrier, des protestants se portent candidats, mais hélas, sans être nommément proposés par leur Eglise.

  • A PROPOS DES ATTENTAS-SUICIDES

    Après la conférence de Azzam Tamimi organisée aux Avanchets par l’association Droit pour tous.

     

    QUELQUES PROPOS PROTESTANTS SUR LE MARTYRE

     

    Les échos de cette conférence (je n’y ai pas assisté) me laissent perplexes. L’orateur  semble entretenir l’ambiguïté entre jihad, guerre sainte, martyre et attentats-suicides. En effet, Monsieur Tamimi déclare que « le jihad continuera jusqu’à ce que notre terre soit libérée » et laisse entrevoir une forme de justification des attentas-suicides en disant : « si on était armés comme les Israéliens, il n’y aurait aucune action martyre » (Le Courrier du 19 mai) ou encore : « les martyrs sont des innocents tués par les forces occupantes » (La Tribune de Genève du 19 mai).

    Pourtant d’autres musulmans, tel le Dr Muzammil Siddîqî sur son site Islamophile – Ressources islamiques en langue française-, luttent contre cette confusion que, selon eux, l’Islam et le Coran évitent. Muzammil Siddîqî déclare : « Le mot Jihâd ne signifie pas ‘guerre sainte’. Il désigne la lutte et l’effort ». C’est ce qu’écrit aussi Rachid Benzine au sujet d’un « nouveau penseur de l’Islam », Farid Esack : Jihâd est « un combat incessant, continu, conscient et effectif pour la justice » (Rachid Benzine Les nouveaux penseurs de l’Islam, Albin Michel, Paris 2004, p. 271). Muzammil Siddîqî précise : « L’Islam encourage les peuples opprimés à lutter pour leur liberté, et il ordonne aux autres Musulmans d’aider ceux qui sont opprimés et qui souffrent. Cependant, l’Islam n’autorise, pour quelque raison que ce soit, le terrorisme contre les non-combattants et les gens innocents. Le terrorisme n’est pas le Jihâd : c’est du fasâd (de la corruption). Le terrorisme est en contradiction avec les enseignements de l’Islam ». Enfin, j’ai lu avec reconnaissance ces propos : « Le terrorisme contre des civils innocents, que ce soit par une agression classique ou par des moyens suicidaires, n’est en aucun cas permis par l’Islam ».

    M. Siddîqî a raison : le mot martyr, par exemple les martyrs d’El Aqsa, est un contresens car est martyr celle ou celui qui donne sa vie et non qui l’enlève, même s’il meurt dans son action. Tuer un innocent est un crime et non un acte de martyr. Dans le martyre on se sacrifie soi-même, on offre sa vie pour une cause qui tient à cœur mais on n’offre pas la vie des autres. Ne confondons donc pas meurtre et don de sa vie, kamikaze et martyr.

     

    En perspective chrétienne le mot martyr vient du grec ‘martus’ ou ‘maryrion’ qui signifie témoin. Dans le Nouveau Testament, le premier martyr chrétien est Etienne, lapidé pour avoir annoncé la résurrection de Jésus, le Fils de l’Homme debout à côté de Dieu (Actes, ch. 7).

    On notera ainsi que le témoignage rendu par le martyr ne l’est pas à lui-même, mais toujours à Jésus-Christ mort et ressuscité ; les emplois de ce mot dans le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, l’attestent encore. Et je tiens à relever que (Ò, sagesse !) la Traduction Œcuménique de la Bible (TOB) n’a jamais traduit ‘martus’ ou ‘martyrion’ par martyr mais toujours par témoin…Est-ce sous l’influence de l’Esprit ? Car le danger avec le martyre c’est son instrumentalisation qui peut conduire à demander la vengeance alors qu’il n’en est jamais question. Le martyr a offert sa vie, il n’en demande aucun prix, aucune réparation. Ne parlons pas trop de nos martyrs !

    S’il est possible que les Eglises aient dévoyé, elles aussi, le sens du martyre, aujourd’hui aucune voix ne s’élève pour appeler les disciples du Christ à se tuer dans le but de tuer. Par contre, l’histoire de l’Eglise est riche en martyres. Ce sont des actes où à l’impuissance de la résistance répond la liberté du don : celle ou celui qui est condamné à mourir l’est à cause de son témoignage et par une force opposée à l’enseignement du Christ. Il offre ce qu’on prétend lui arracher. Il y a, dans le martyre, une forme de liberté et de paix que je ne trouve pas dans les attentats-suicides. Dans le christianisme, aucun martyr ne le sera jamais pour avoir tué au nom de Jésus, mais toujours pour avoir été tué pour ce Nom-là. La liste en est longue, hélas toujours à mettre à jour…

     

    Enfin, loin de moi l’idée de minimiser les souffrances du peuple palestinien ni les injustices et la violence meurtrière dont Israël est responsable, mais ne confondons pas la lutte politique et la foi. Comme la guerre, la lutte politique peut conduire à tuer. L’existence des codes pénaux militaires qui légitiment et canalisent la violence meurtrière des combats, atteste cette réalité. La lutte politique a ses héros, la foi ses martyrs. Il se peut que des kamikazes palestiniens soient des héros, ils ne sont pas des martyrs.

  • QUI EST PROPRIETAIRE DE LA TERRE SUISSE ?

    A propos de la loi sur les naturalisations, une interpellation protestante

     

     

    En plus de la question précise de savoir qui aura le droit de naturaliser, ce projet de loi pose une question plus fondamentale, celle du rapport au pays, à sa terre et à ses traditions. Cela d’autant plus qu’il vient de l’UDC, parti qui tire sa légitimité en tant que prétendu « gardien » de cette terre et de ces traditions.

    Il faut donc poser cette question première: Qui détient le pouvoir de donner une part du territoire et ses traditions ? Cette question conduit à une autre, encore plus en amont : quelle suissesse, quel suisse peut se prétendre propriétaire du pays (territoire et traditions), et donc légitimer son droit de décider à qui il ou elle veut en donner une part.

    Qui est propriétaire de la terre ? Personne ! Aucun individu, aucune collectivité ne peut prétendre légitimement posséder un bout de notre terre. Toute borne posée fut un acte de violence, sûrement nécessaire pour constituer puis protéger une famille, un clan ou une nation, mais personne ne peut prétendre être le propriétaire d’origine, ainsi légitimé, de la terre. Dans la perspective biblique, la terre est promise, donc donnée et elle doit garder ce statut de don pour rester habitable. C’est un des sens du premier récit de la bible dans le livre de la Genèse. Faire de Dieu le Créateur n’est pas une explication sur le ‘comment’ de la création mais une manière de dire que nous ne sommes pas les auteurs de tout, entre autre pas de la terre ; pour marquer symboliquement cette dépendance, le récit biblique place l’arrivée de l’être humain au 6e jour, après que tout a déjà été mis en place : lumière, eau, cieux, terre, végétation, animaux… Nous n’avons pas fait la terre et ne pouvons prétendre en être les propriétaires.

    A propos de cette fonction de gardiens que certains s’attribuent : dans la Genèse l’humain est effectivement posé par Dieu comme gardien du jardin. Gardien avec une grande responsabilité : cultiver, faire prospérer, faire fructifier mais pas propriétaire ; et chaque fois que Dieu promettra à ceux qu’il aime qu’il leur donne la terre, il les enjoindra aussitôt de rester à l’écoute de sa voix, de ses enseignements, donc de l’histoire de l’origine, pour que justement cette terre reste un don. Et pour que ce qu’on a reçu reste un don, il faut le partager ! 

    La question du partage viendra très vite dans l’histoire du peuple juif : à peine Dieu promet-il une terre à Abraham (Genèse ch. 12, versets 1 et 2), que la question des ‘autres’, des peuples déjà présents sur la terre se pose. C’est au verset 6 de ce même chapitre: « Abraham et les siens arrivèrent au pays de Canaan (la terre promise). Abraham traversa le pays (…) or les Cananéens habitaient alors le pays… » Il doit donc faire avec ces ‘autres’, même si c’est difficile. Le pays lui est donné mais n’est pas enlevé aux autres pour autant et, fait plus troublant encore, ces autres étaient là avant…

    L’histoire de la conquête des Etats-Unis le montre bien : il n’y a pas de terre vierge ! Le croire ou le prétendre conduit nécessairement à la violence injustifiable et à la destruction déshumanisante. Il n’y a pas de lieu où nous sommes ‘premiers’. Nous sommes toujours seconds. En perspective chrétienne cela renvoie à la notion de ce Dieu qui nous précède et nous appelle de plus loin que nous.

    Une autre image biblique fondatrice est encore celle d’Abraham, Araméen errant, figure emblématique de notre statut de ‘passager’ sur cette terre que nous devons tous quitter un jour et dont nous ne pouvons rien emporter.

    Pour conclure. Ce pays, comme tous les autres, est un don (et un beau don !) qui nous est confié. Nous ne pouvons en garder la jouissance que comme gardiens, pas comme possesseurs. Aujourd’hui garder à ce pays son caractère de don passe par une loi sur les naturalisations qui ne nous plonge pas dans l’illusion mortelle que nous en serions propriétaires.

     

     

  • Enfermés jusqu’à 60 jours dans l’aéroport

    640628530.jpgLa nouvelle loi sur l’asile votée par le peuple suisse en septembre 2006 est entrée complètement en vigueur au début de cette année. Pour vous permettre de vous imaginer le quotidien des requérants d’asile en rétention dans la zone de transit de l’aéroport de Genève, voici quelques extraits d’une lettre que l’Aumônerie œcuménique de l’aéroport a adressée au Directeur de l’Office Fédéral des Migrations (ODM) en date du 12 mars 08.

    Lire la suite

  • Propos sur la résurrection

    1738735973.jpg Personne n’était là, à la résurrection, pour rendre témoignage du fait… Personne non plus à la création, pour faire un reportage, tel un journaliste assis sur quelque nuage...

    Lire la suite

  • SUISSE - IRAN: GAZ ET DROITS HUMAINS

    Savez-vous qu'en Iran les grues servent à construire mais aussi à pendre ?

    Des images terribles nous arrivent ce pays nous montrant les crochets des grues soulevant dans le ciel bleu des jeunes, condamnés généralement après des procès expéditifs.

    Droits de l'homme :

    Voici un choix parmi les dépêches de l'Opposition iranienne reçues ces derniers jours :

    Le régime des mollahs a pendu un jeune répondant au nom de Javad Choja'i accusé d'homicide à l'âge de 16 ans, a rapporté le journal gouvernemental Etemad mardi 26 février.

    Le régime des mollahs a condamné, le 27 février, neuf adolescents à mort à la prison  de Gohardasht à 40 km à l'ouest de Téhéran et cinq autres à la prison de Dastgerd dans la ville d'Ispahan, au centre de l'Iran. Tous avaient moins de 18 ans au moment du délit présumé.

    Il y a au moins 75 mineurs dans le couloir de la mort en Iran, selon les organisations internationales des droits de l'homme.

    Par ailleurs, Behnam Zare'i et Mohammadreza Hadadi attendent leur exécution dans la prison d'Adelabad de Chiraz, dans le sud de l'Iran. 

    Deux jeunes ont été pendus à l'aube du 4 mars dans a prison centrale d'Ispahan, a rapporté le 5 mars le quotidien officiel Etemad Melli, le premier, Akbar, avait 24 ans. Le second, un Afghan de 26 ans, Mirza.

    Le régime des mollahs a pendu six prisonniers sans révéler leur identité dans la ville de Zanjan (nord de l'Iran), a rapporté la télévision mercredi 5 mars.

    Quatre autres prisonniers nommés Peyman, Saber, Mohammad et Aliakbar ont été pendus dans la prison d'Evine, a rapporté l'agence de presse officielle Fars le 20 février.

    Contrat gazier :

    Notre Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, cheffe de la dilomnatie suisse, est arrivée dimanche soir 16 mars à Téhéran pour une visite de travail. L'ATS précise "qu'un contrat de livraison de gaz et les droits de l'homme sont au centre de la visite de la conseillère fédérale dans la capitale iranienne. La cheffe de la diplomatie suisse doit assister à la signature d'un contrat de livraison de gaz entre l'entreprise zurichoise Electricité de Laufenbourg et la National Iranian Gas Export Company."

     

    Au vu de son expérience diplomatique et de son sens de l'humain, nous pouvons espérer que Mme Calmy-Rey arrivera à tenir ensemble l'économique et l'humain et à les " mettre au centre " de sa visite. Il faut espérer aussi qu'elle sera soutenue dans ses discussions par la direction de la compagnie de Laufenbourg qui pourrait ainsi rejoindre les entreprises qui essayent de lier éthique et affaires. Il le faut pour que le gaz qui nous chauffera et fera tourner nos entreprises n'ait pas (trop) le goût de sang.

  • LE CAREME PROTESTANT - ENTRE RELIGION ET SOCIETE

     

    Du temps de mon enfance, il n’était pas de bon ton de parler de carême dans le monde protestant. On préférait l’expression « temps de la passion », dont la durée n’était pas aussi précise que les quarante jours de la tradition catholique et dont la justification tenait essentiellement au parallélisme avec l’Avent. Il y avait là un relent d’anti-catholicisme mais aussi une manière d’être au monde bien protestante. Cela pour plusieurs raisons.

     

    D’abord le fondement biblique : ni le terme ni la pratique chrétienne du carême n’apparaissent dans le Nouveau Testament. Au sujet de toute forme liturgique ou rituelle, le protestantisme est très prudent et critique. Pour lui il y seulement deux « sacrements », baptême et cène qui puissent se prévaloir de ce rang, car attestés dans le Nouveau Testament ;  et encore, l’emploi et la définition de ce terme sont sujets à d’âpres débats : pour beaucoup de protestants le seul sacrement est le Christ, tout le reste ressortit à l’histoire et à la contingence.

    Il est cependant certain que le chiffre quarante, symbole de la vie humaine et de ses épreuves, se trouve bel et bien dans l’Ecriture, entre autre dans les récits du déluge, de l’Exode ou de la tentation du Christ.

     

    Ainsi le protestantisme n’a pas récusé la pratique d’un temps de jeûne ou de contrition pour elle-même, la vie des Eglises locales témoigne largement de la pratique de jeûnes. Nous en arrivons à une autre raison, liée aux conceptions des rites et des rythmes dans le monde protestant. Là, il nous faut parler de conceptions au pluriel. En effet l’une des caractéristiques du protestantisme est de récuser à tout système le droit de prétendre à l’universalité, soit-il rituel et de l’ordre de la pratique ou dogmatique et de l’ordre de la connaissance. Il y a par exemple, dans une aile importante du protestantisme actuel, un refus de l’année ecclésiastique qui n’est pas qu’une réaction épidermique. Cette position est fondée sur une conception de la vie chrétienne qui refuse tout modèle historique, tout conformisme traditionnel ou tout rituel. Pour caricaturer : il s’agirait surtout de ne pas faire ses Pâques  car Pâques et la passion sont de tous les jours !

     

    Nous en arrivons à une troisième raison : la perspective sociale. La passion du Christ, pour ne parler que d’elle, n’est pas à vivre en un temps particulier, mais bien quotidiennement, dans la vie de chacun et chacune. Ici continue de retentir l’exhortation du prophète : « Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir : un jour où l’homme humilie son âme, courbe la tête comme un jonc, se couche sur le sac et la cendre ? Voici le jeûne auquel je prends plaisir : détacher les chaînes de la méchanceté, dénouer les liens de l’esclavage, renvoyer libre les opprimés et rompre tout espèce de joug ; partager son pain avec celui qui a faim, faire entrer dans ta maison les malheureux sans asile » ((Esaïe 58,5-8). Dans cette optique, on mettra l’accent sur les actions comme celle, française, de la Mission populaire, sur des combats politiques, parfois en lien avec partis ou syndicats.

     

    Cependant, depuis les années soixante, sous des impulsions aussi diverses que la communauté de Taizé ou le groupe suisse-romand Eglise et Liturgie, un renouveau liturgique a soufflé sur les Eglise réformées de Suisse. D’abord en Suisse romande puis dans la partie alémanique, encore que cette dernière reste très marquée, sur le plan liturgique et rituel, par son origine zwinglienne. Sous ces influences, on a vu se développer des pratique liturgiques variées, mais relevant dans leur globalité d’une certaine cohérence : découverte de l’importance, ne serait-ce que pédagogique, des objets et de la beauté (icônes, cierges, nappes aux couleurs liturgiques) ; valorisation théologique et ecclésiale d’une célébration plus régulière de la Cène, dans certains lieux tous les dimanches pendant les temps de l’Avent ou, justement, du Carême ; valorisation de l’année ecclésiastique et pratique, venue des USA, de célébrations de la nuit pascale.

     

    Même s’il demeure essentiel pour l’identité plurielle du protestantisme que cette variété garde toute sa légitimité, nous pouvons constater avec bonheur qu’aujourd’hui les crispations sont dépassées entre partisans d’une austérité somme toute très intellectuelle, voire désincarnée, et ceux d’une prise au sérieux de la force de pratiques liturgiques éprouvées par le temps.

    Le dialogue entre ces deux manières de vivre doit se faire là où il n’existe pas et s’enrichir là où il est déjà pratiqué. Il y a en jeu pas moins que la vérité du témoignage des Eglises, vérité au sens de fidélité de ce témoignage à sa source et adéquation à sa mission. Car, et c’est probablement la découverte essentielle que font actuellement bien des protestants, l’humain n’est pas que le fruit de ses actes; il est fondamentalement un être de communion et un être traversé par une fracture, cette béance initiale enfouie en toute vie. Il est alors primordial de pouvoir exprimer cette faille par une pratique liturgique qui symbolise la fracture et le désir de communion. Le carême permet cela. C’est probablement sa fonction anthropologique première. Par une telle pratique, l’humain redécouvre qu’il est, lui aussi, symbole,  être symbolique. Car le symbole est, à l’origine, un morceau de terre cuite brisé dont chaque partenaire d’un contrat possède un élément. Réunies, les deux parties témoignent de la communion initiale quand leur fracture coïncide. La fracture demeure mais la communion est affirmée. A travers la redécouverte du carême et de toute la richesse symbolisante de la liturgie, le protestantisme a une chance inespérée d’avancer sur le chemin de réconciliation entre l’humain et le croyant, le citoyen du monde et celui des cieux.

  • Accueillir, est-ce laïc ou religieux? C’est humain

    Il y a une année les chrétiens et chrétiennes de Genève et environs ont accepté un immense défi: accueillir le 30e pèlerinage de confiance organisé chaque année en Europe par la Communauté de Taizé. L’enjeu est immense. Il en vaut la peine: la confiance n’est-elle pas aujourd’hui précisément, une nécessité autant politique que spirituelle ? Or rien n’est gagné.
          Car notre ville est étonnante : dite ‘cité de Calvin’, source du protestantisme, elle est aussi bastion de la laïcité. Si, pendant le 20e siècle, cet ‘état de laïcité’ n’a posé que peu de problèmes aux croyants genevois, tant la culture dominante était imprégnée des repères chrétiens, si elle a aidé à la paix locale et participé au développement international de la ville, depuis quelques décennies notre laïcité peine à être source de propositions dynamiques.
          Or, elle n’est pas un dogme intangible mais une manière de vivre ensemble. Née début 20e, son objectif était pragmatique: faire vivre ensemble deux religions qui se découvraient au coude à coude et une part non négligeable d’agnostiques. Aujourd’hui, influencé par les durcissements identitaires, modifié par une immigration non chrétienne, inquiet devant  la mondialisation des valeurs, le microcosme genevois doit adapter sa laïcité sans ni la renier, ni confiner la foi dans sa seule dimension privée. Il est temps de passer de l’état de laïcité à une laïcité de propositions.
          Ce pèlerinage en est l’occasion. Certes, la communauté de Taizé est chrétienne, religieuse ; certes, ce sont des moines, mais Taizé est éminemment ‘moderne’. Première communauté monastique œcuménique, fondée par un pasteur de Genève, elle a mis au coeur de ses actes la réconciliation. Entre Français et Allemands dès la guerre, entre chrétiens, entre vie active et spiritualité par la suite. Cela ne met pas la laïcité en danger. Face au projet d’Union européenne qui peine à enthousiasmer, face à l’image que nous avons des ‘autres’, ceux que, roumains ou polonais, nous appelons parfois avec crainte ou mépris les ‘européens de l’est’, ce pèlerinage est l’occasion de modifier nos images mentales, de créer la confiance et la rencontre entre européens.
          Mais il manque encore des places pour ces jeunes qui seront plus nombreux que les coureurs de l’Escalade! Une comparaison : pour les deux c’est la 30e édition! 27’402 inscriptions à la Course, 30’000 jeunes attendus! Des bénévoles des deux côtés! Un enthousiasme partagé! Mais pas les mêmes moyens malgré des soutiens importants.
          D’où cet appel. Appel aux Autorités politiques municipales et cantonales : engagez-vous, encouragez-nous! Un appel plus particulier à M. le Conseiller d’Etat Ch. Beer : merci d’avoir ouvert des écoles pour accueillir les jeunes, mais ouvrez l’accès à l’information dans les écoles! Des jeunes ont voulu poser les affiches de cette rencontre et distribuer les papillons dans leur collège : refus au nom de la laïcité. Dommage! Appel aux médias : couvrez cet événement avec professionnalisme et ouverture d’esprit! Vous le savez : rien de cette envergure ne se fait sans vous. Appel à la population : accueillez des jeunes entre le 28 décembre et le 1er janvier. Pas besoin de chambre ni de lit. Pèlerins de la confiance, ils viennent avec matelas et sac de couchage pour vous rencontrer et se rencontrer. Dormir au chaud et recevoir un petit-déjeuner et le repas du 1er à midi: voilà ce que nous  cherchons. Du matin au soir, ils sont pris en charge par les paroisses et les Frères de Taizé. Alors?

  • Le fusil à l'arsenal !

    L’ADIEU AUX ARMES
    Le débat sur l’arme militaire à la maison est relancé. Il doit être conclu, et vite, et dans le sens de la disparition totale des armes de services des foyers helvétiques.
    Certes, une belle et noble tradition va disparaître. Oui, elle était belle, respectable et unique au monde ! Quelle responsabilité, quelle confiance entre peuple et autorités, entre armée et civils ! Un bel hommage rendu pendant  des décennies aux citoyens-soldats que nous fûmes.

    Mais hélas, les temps on changé. L’harmonie entre armée et population n’est plus la même, l’éducation non plus, mais surtout le rapport à la violence a changé du tout au tout. Et c’est paradoxal ! Jamais, depuis le début du siècle précédent, la Suisse n’a été aussi protégée, éloignée de tout conflit militaire connu et, jamais la présence de telles armes à domicile n’a créé autant de drames ni de polémiques.  Elle n'est plus tolérable aujourd'hui et quelques larmes patriotiques valent moins que la vie d'un seul.

    On peut le regretter, mais la confiance n’est plus possible qui permettait, comme avant, de confier une arme à n’importe qui. Car c’est bien de ce la qu’il s’agit : n’importe qui et les fragiles plus que les autres ! Aucun contrôle, policier, juridique, militaire, social ou psychologique ne garantira, comme ce fut le cas, le respect de la fonction ultime et unique de cette arme : permettre un accès armé au front en quelques heures. Mais, dites-moi, cela est-il encore, aujourd’hui une nécessité militaire en Suisse ?

    Ce qui rend le débat difficile, c'est qu'il met en cause la raison militaire et politique de l'armée suisse au coeur de l'Europe à l'aube du 21e siècle. Ce débat-là devra être entrepris... bientôt.  
  • Le sport, les mots et la mort

    EURO 2008 - UN APPEL AUX JOURNALISTES : QU’IL N’Y AIT  PAS DE ‘GROUPE DE LA MORT’…
                    L’Euro n’a pas commencé que la mort rôde…  J’exagère ? Hélas non. Ce sont les mots  déjà employés par certains de vos confrères ou consœurs pour parler du groupe C : « groupe de la mort, tragédie … ».
    Il est, hélas, fréquent de lire dans les reportages sportifs des expressions telles que : donner une gifle, équipe corrigée ou, plus grave, gardien crucifié ou fusillé.  On ne corrige qu’un gamin récalcitrant,  on ne crucifie plus guère de nos jours, même si – hélas - on pend encore et, généralement on ne  fusille que des traîtres ! Le foot est  un sport, donc d’un jeu, même s’il y a beaucoup d’argent en … jeu. Aucune équipe, même nationale,  n’est une armée envoyée au front par sa nation qui serait attaquée par l’autre. Sachez donc garder raison.
    Vous aurez, dans l’Euro 2008, une très grande responsabilité et une belle tâche : celles d’informer et  de faire vibrer vos lecteurs et téléspectateurs, de les enthousiasmer, mais aussi de les aider à vivre tel échec, à supporter telle défaite. Car il y aura plus d’équipes défaites que de victorieuses : finalement exactement 15 contre une !  Y aura-t-il donc 15 fois plus de morts que de vivants, de fusillés que de graciés ?
                    Vous ne pouvez pas supprimer la violence des joueurs, c’est à eux de la gérer, mais vous pouvez – vous devez – tout faire pour que vos reportages aident à ce que l’Euro 2008 soit une belle fête en Europe et non une guerre.  Vous n’ignorez pas la puissance des mots, sinon vous ne seriez pas journalistes. Vous savez leur influence aussi. Vous savez qu’avec des mots on peut pousser à la haine, conduire au meurtre. Vous savez la fascination exercée par les médias télévisuels sur les jeunes, souvent sur les plus fragiles, qui pourraient être prêts à faire tout et n’importe quoi pour « passer à la télé » et la violence est hélas plus télégénique que la courtoisie. Aors, à vous de renverser la vapeur !

  • Arche de Zoé, un sauvetage qui sent le racisme ?

    Après le « sauvetage » des journalistes et hôtesses de l’air par le président Sarkozy  et sa déclaration relative au sort des autres condamnés restés à N’Djamena : « Que chacun rentre à la maison », je ne peux m’empêcher d’y voir une forme nouvelle de racisme : Comment ? Nous  pourrions laisser les nôtres être jugés par des Tchadiens ? Lisez : Comment nous, Européens civilisés, pourrions-nous laisser les nôtres être jugés par des Africains, ces n…oirs (tiens, je pensais à un autre mot, commençant aussi par ‘n’) dont on ne connaît même pas les dialectes, dont la justice sera forcément… cruelle, sauvage, raciste…  Les Tchadiens, qui ne sont pas des imbéciles, ne s’y sont pas trompés, exprimant leur légitime sentiment de honte, pour le moins de frustration, devant cet enlèvement..

     

    Au départ de cette affaire se trouve une ONG, certes pas très futée, mais  je gage que d’autres auraient pu, pourront ( ?) tomber dans des difficultés analogues… mais, hélas, cela complique tout et renforce cette impression de racisme. Car en plus de mépriser ou, au mieux, de douter des capacités juridiques du Tchad, on demande en quelque sorte à ce pays de renoncer à son droit et son devoir au nom de l’aide qu’on lui apporte. C’est comme si on disait aux Tchadiens : on vous aide dans votre guerre, on vous assiste et sauve vos enfants que vous êtes incapable de bien élever, alors, de grâce, ne soyez pas trop regardants sur nos méthodes. Vous devriez même nous remercier…
    Même s’il y aura très certainement encore des rebondissements dans cette triste affaire, cet enlèvement est un scandale et un contre-sens tant au plan politique que juridique. Le plan juridique : l’un des principes fondamentaux du droit, reconnu par tous les pays, prévoit qu’un délit soit jugé sur le lieu et selon les lois du pays où il a été commis. Le contraire serait-il acceptable, qu’un président africain vienne en Europe et reparte, trois heures plus tard  avec ses compatriotes qui, dans l’un de nos pays, sont accusés de crimes graves ?
    Que les sanctions ne soient pas partout les mêmes, que la rigueur soit plus grande ici, plus douce ailleurs, que les gardiens de prison aient la peau noire ou blanche, ne change rien à l’affaire.
    Au plan politique ensuite, cet enlèvement est à l’opposé de la philosophie de beaucoup des œuvres d’entraide nationales et internationales pratiquée depuis des décennies. Après les siècles du colonialisme puis ceux du néocolonialisme, après les années de paternalisme, ces œuvres ont évolué vers des formes de cogestion, de responsabilisation et de respect des partenaires. Oter au Tchad sa responsabilité de juger lucidement cette affaire et de condamner légalement celles et ceux qui seront reconnus coupables relève de ce respect demandé et déjà heureusement exercé. Si cette opération « arrange » le président tchadien, ce serait encore pire et, comme s’interroge votre rédacteur A. Grosjean dans l’édition du 5 novembre : « quel prix a payé Sarkozy au Tchad pour pouvoir jouer les sauveurs ? » J’ajoute : quel prix le peuple tchadien va-t-il payer ? Et je demande, même si une convention d’entraide juridique existe entre ces deux pays, au nom de quel principe sinon économique ou militaire, on peut ainsi, officiellement et par l’action du plus haut personnage d’un pays, son président,  voler à la justice d’un pays des personnes qui sont soupçonnées de délits graves ? 

     

  • Après le face à face Moutinot - Weiss sur Léman Bleu

    D'accord avec vous, Monsieur Weiss, pour dire que la réaction de la police bernoise fut inadaptée, mais pas d'accord avec votre interpellation au Conseiller d'Etat genevois chargé de la police. Il ne s'agit pas d'abord de police plus présente ou plus efficace mais de politiciens qui prennent leurs responsabilités et trouvent une parade politique aux exactions de l'UDC.

    Je n'as pas (encore?) ni vu ni compris ce que votre parti entend faire et dire dans ce sens. Comme l'a dit pertinemment le Conseiller d'Etat, avant de parler prévention et interventions policières, il s'agit de travailler comme responsables politiques intelligents et proactifs. Il est vrai que c'est difficile face à l'UDC qui arrive à tirer profit de tout, tant des attaques que des critiques dont elle est l'objet.

    Puis-je me risquer à cet exercice? Voici le discours que l'UDC pourrait tenir si jamais son leader n'était pas réélu au Conseil Fédéral: "Le complot contre Monsieur Blocher a réussi. Emmené par les gauchistes et cette droite molle et inefficace, les Suisses se sont, hélas, laissés berner. Nous avions raison de révéler ces alliances complotées entre médias, gauche et partis bourgeois pour faire taire les vrais démocrates. Mais notrre chef, maintenant dans l'opposition face à un Conseil Fédéral mou et inactif, saura rester fidèle à sa vision d'une Suisse indépendante et fidèle à ses origines..."

    Si, par contre Monsieur Blocher est réélu, voici le 'même autre discours' que ça pourrait donner: " Le complit contre Monsieur Blocher n'a pas réussi. Emmené par une UDC vivante et organisée, le peuple suisse ne s'est pas laissé berner par les gauchistes et cette droite molle et inefficace. Nous avions raison de révéler ces alliances complotées entre médias, gauche et partis bourgeois pour faire taire les vrais démocrates. Réélu aux plus hautes fonctions de Conseiller Fédéral, notre chef saura rester fidèle à sa vision d'une Suisse indépendante et fidèle à ses origines..."

    Face à cette rhétorique, nous attendons de votre parti, Monsieur Weiss, comme de tous les autres, une imagination politique anticipatrice, des actions et non des réactions. soyez donc plus intelligents que l'UDC, que diable!

  • Le forcené des Rues Basses est un prophète

    Le "forcené des Rues Basses" a fait la une des  journaux. Il faut dire que, si son premier acte était relativement anodin et, surtout, logique vu l'atmosphère qui entoure les prochaines élections, son deuxième (dernier ?) est plus impressionnant, même s'il n'impliqua aucune violence contre les biens et les personnes.

    Le compte-rendu publié par GHI de sa brève - et utile - rencontre avec M. Chevrolet donne cependant à penser. Cet homme est probablement psychiquement fragile, peut-être aussi socialement. Mais nullement dangereux, il a été rapidement libéré. Il serait putôt en danger lui-même et, dans ce sens, apparaît comme le représentant de tous ceux et toutes celles qui, même "normaux", sont fragilisés par la campagne  l'UDC.

    Ce parti donne une image, voulue ou non c'est à lui de le dire, de l'exaltation de la puissance, celle de la Patrie, du Droit et de la Justice (à aplications variables !), celle de Qui-A-Raison, de Qui-Est-Du-Bon-Côté. Le revers de cette image, son ombre portée est le mépris des petits, des autres, de celles et ceux qui, par choix ou par nécessité, sont en bas de l'échelle, exclus, marginalisés, celles et ceux aussi qui osent penser autrement, sans pour autant être des "étrangers" au sens udéciste. Ceux-là resteront dans le troupeau blanc-pur - ils paissent dans le même pâturage - mais seront vite désignés comme pas assez blancs, un peu mâtinés de gris ou de noir.

    Le forcené des Rues Basses est un prophète, non pas dans le sens populaire de qui devinerait ce qui se passera, mais dans le sens biblique de qui révèle ce qui est, qui se passe maintenant et que peu de gens voient. Prophète parce qu'il est fragile donc sensible, il rèvèle des dangers latents : dans ce qui se passe, dans les valeurs répandues par ce parti, se trouvent les germes d'une violence plus grande, celle qui boutera hors de l'espace vital de l'UDC quiconque n'en aura pas épousé les valeurs. Cet homme n'est pas dangereux, aucun prophète ne le fut jamais ni ne le sera, mais il est en danger, comme tout prophète... et comme nous.

  • TVguide, la femme et le serpent

    Mary-Louise Parker nue avec un serpent (celui d'Eve ?) sur la Une du TVguide :  qui provoque qui ? Un peu de décence, svp. Oui, cette page de couverture me choque par son efficacité calculée qui n'a rien à voir avec de l'information : le serpent, animal mythique et tellement lié à la sexualtié, le bas du dos coupé de manière sugestive, là d'où surgit l'animal ... Elle ne me choquerait pas dans un musée, une exposition de photos encore que sa qualité... Mais ici, elle n'a pas sa place.

    Je sais que la mission des média est d'informer, mais à voir la part de cette émission sur ne serait-ce que celles de la TSR, on peut douter que l'information sur les programmes TV justifie cette couverture.

    Quand bien même les médias sont des produits qui doivent être achetés, ne poiurrait-on pas y trouver une forme de retenue, de refus du vulgaire, un essai, même timide, d'élévation de l'Homme? Ce serait comme un peu de douceur dans un monde de brutes.

      

  • La traçabilité, l'estrade, le négro spirituel et le migrant

     La traçabilité

    Il est désormais nécessaire d'inscrire leur traçabilité sur les produits mis en vente. C'est même obligatoire pour un nombre croissant d'entre eux. Ainsi leur constitue-t-on comme une 'histoire', une généalogie même: lieu de fabrication comme celui de naissance, modifications et ajouts de composants comme autant de liens familiaux et d'alliances, lieu d'emballage ou de vente comme destinée finale. Il s'agit bien d'histoire, presqu'au sens noble, tant ces indications font office de liens et de mémoire, donnent une trajectoire: on sait d'où (de qui) vient tel produit, où il est passé et où il va...

    L'estrade

    Dans l'histoire de l'esclavage, c'est là où on vendait les esclaves. Lieu de vente et de rupture: on arrachait les enfants à leurs parents, séparait les maris de leurs femmes, les frères et les soeurs, et cela définitivement. Leur destin était le rendement et, au nom de ce rendement, il fallait casser tout ce qui pouvait s'y opposer: enracinement, culture, mémoire, langue, puisque leur identité n'était désormais liée qu'à leur force de production.

    Les négros spirituels

    On n'est humain qu'avec une histoire et des liens. Davantage qu'un chant de ralliemement, le négro spirituel est un chant de "re-liement". Chant de combat, éminemment politique, inspiré de la Bible, il est né de cette nécessité de reconstituer une identité, de se relier, d'inventer son histoire. Puisqu'on m'ôte toute histoire, alors je me la refais en puisant dans cette histoire universelle. Dans le négro spirituel, l'esclave s'affirme comme une personne en empruntant et recevant l'identité de fils et de fille de Dieu. Il devient enfant de ce peuple, hébreu dans la bible mais à vocation universelle, qui reçoit son identité d'une autre Source quand les forces de déshumanisation économiques, politiques ou culturelles veulent rompre ses liens et lui dénier tout droit à une histoire.

    ...et aujourd'hui ?

    Il est paradoxal de constater le soin apporté à la traçabilité des produits et l'anonymat grandissant des travailleurs migrants, leur flexibilité exigée, ces déracinements constants imposés à ces foules: autant de formes de déshumanisation. Effacer l'histoire, vider la mémoire pour créer un esclave adéquat au profit de l'Homme du 17è siècle, tel était l'enjeu de l'esclavage, ne sommes-pas, aujourd'hui, devant quelque chose d'analogue?

  • L'eau à 2,50? Non!

    L'eau à 2,50 : NON!

    Grand-Saconnex, midi, une jolie terrasse d'un resto avenant. Trois plats du jour s'offrent à ma faim, entre 18,- et 19,-. Hélas, en haut à gauche de la carte, cette infiormation, carafe d'eau: 2,50. Les habitants du Grand-Saconnex apprécieront ainsi que les nombreux employés des organisations internationales qui, payés en dolars ou en euros, n'ont déjà pas nécessairement des salaires capables de suivre l'augmentations des prix genevois. Je suis parti, déçu de l'image de marque de "ma" ville ainsi écornée. Que c'est mesquin!

    Qel accueil touristique ! Pendant mes dernières vacances en France, la carafe nous fut souvent apportée gentiment et sans bourse délier, parfois même avant de passer commande.

    Qelle bêtise, surtout ! J'aurais très probablement commandé une bouteille de San Pellégrino et je gage que les quelques rares demandes d'une carafe à 2,50 (pour un quart ou un demi?...) ne vont pas rentabiliser les frais de cette impression supplémentaire.

  • Votre premier billet

    Bonjour,

    Merci d'avoir créé votre blog sur notre plateforme. Vous pouvez dès à présent bloguer librement, mais nous vous conseillons de paramétrer d'abord votre blog à l'aide de quelques menus simples qui se trouvent sur la colonne de gauche de votre administration:

    1. Paramétrer le blog

    Sous Paramètres / Blog, vous pouvez donner un nom à votre blog. C'est ce nom qui apparaîtra dans les pages d'index. Vous pouvez également mettre un sous-titre et une description qui permettra aux moteurs de recherche de mieux vous trouver.

    2. Paramétrer les commentaires

    Sous Paramètres / Commentaires, vous pouvez choisir si vos visiteurs peuvent commenter librement vos billets ou si vous préférez les modérer (les lire) avant d'autoriser la publication.

    3. Décrivez-vous

    Sous Auteur, Editer Auteur, vous pouvez insérer toutes les caractéristiques personnelles que vous désirez. Et vous pouvez choisir lesquelles vous voulez voir publiées lorsqu'un visiteur cliquera sur le lien "A mon propos" de votre blog.

    4. Choisissez les catégories de vos billets.

    Au moment de la création de votre blog, vous avez choisi une catégorie générale pour votre blog, celle qui apparait en troisième colonne de l'index de nos blogs. Mais vous pouvez aussi catégoriser vos billets à l'intérieur de votre blog (les catégories qui apparaissent en 2e colonne de votre page d'accueil). Allez dans Notes / Catégories, et choisissez celles que vous voulez.

    5. Ecrivez votre premier billet

    Ceci fait, lancez-vous dans la rédaction de votre premier billet. Dans Notes / Nouvelle note, vous pouvez lui donnez un titre, une catégorie , et écrire jusqu'à... 65'535 caractères. A l'aide du menu au-dessus du texte, vous pouvez insérer du gras, de l'italique, faire des listes, insérer des liens hypertextes ou des images. Lorsque vous avez terminé, il suffit de cliquer sur "Bloguer ceci!" pour que votre billet soit publié.

    6. Corriger un billet paru

    Personne n'est parfait. Pour corriger un billet paru, aller sous Notes / Editer une note. Vous pourrez modifier n'importe quel billet déjà rédigé. C'est également là que vous pourrez effacer un billet, comme par exemple ce premier billet que nous avons placé pour vous.

    7. Editer et corriger des commentaires

    Dans Notes / Commentaires, vous pourrez intervenir également sur les commentaires liés à vos billets. C'est également là que vous pourrez les publier si vous avez choisi l'option Commentaires modérés.

    8. Créer une liste de liens

    Sous Liens / Liens, vous pouvez créer une liste de vos liens favoris qui seront affichés en 2e colonne de votre blog.

    9. Voir votre audience

    Sous Statistiques / Webalizer, vous pourrez suivre jour après jour votre succès et découvrir combien de visiteurs sont venus lire vos billets.

    10. Envoyer des billets par votre téléphone mobile 

    Vous pouvez bien évidemment consulter votre blog sur votre téléphone mobile en reprenant l'adresse de votre blog et en la terminant par /mobile

    Vous pouvez également envoyer des billets depuis votre téléphone mobile. Pour cela, il vous suffit de créer une adresse e-mail dans Auteur / Editer Auteur. Puis, depuis votre téléphone mobile, créer un MMS que vous enverrez à cettre adresse pour publier votre billet. 

    Bonne chance!