Politique fédérale

  • Payer moins une signifie qu’elle vaut moins qu’un. Est-ce juste ?

    Plusieurs organisations patronales et entreprises annoncent refuser tout arrêt de travail ce 14 juin et prétendent que cette grève est illicite.

    « Les nombreux objectifs annoncées par les syndicats ne visent pas uniquement les conditions de travail » explique Marco Tadei de l’Union patronale suisse, Migros, pour sa part, invoque « son obligation morale envers sa clientèle (…) Notre entreprise, dont 61% du personnel est féminin, doit continuer à fonctionner le 14 juin prochain », même argument dans tel EMS genevois et le secrétaire général de la Convention patronale de l’industrie horlogère, François Matile, ose : Cette grève est illicite » !  et avoue sans gêne : « En 1991, il n’y a pas eu une minute de grève au sens où les entreprisses l’entendent. Je souhaite qu’il en soit de même cette année » (Le Temps du 9 avril). On peut le comprendre : depuis la grève de 1991 rien n’a changé quant à l’égalité salariale. Difficile d’être plus clair ou plus cynique.

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  • La Suisse n’avait jamais eu de colonies et n’en a pas. Vraiment ?

    Cela ne semble bien changer avec la décision du Conseil de Etats qui a rejeté hier le contre-projet à l’initiative pour des multinationales responsables comme l’annoncent le protestant Pain Pour le Prochain (PPP) et la catholique Action de Carême (AdC) dans leur communiqué de presse que je cite dans ces lignes.

    UN REJET FRAGILE mais un rejet quand même. En effet « par 22 voix contre 20, le lobbying d’Économiesuisse et SwissHoldings a permis d’imposer sa vision au Conseil des Etats, et toute réglementation contre les violations des droits humains, même minimale, a ainsi été balayée. Le projet est renvoyé au National ».

     

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  • Prochaine votation- DÉCLARATION DE L'EGLISE PROTESTANTE DE GENÈVE

    Voici cette déclaration annoncée

    Votation du 25 novembre 2018 sur l'initiative populaire fédérale
    dite « des juges étrangers »

    Parce que l'Eglise protestante de Genève est profondément attachée à l'histoire et au destin de ce canton façonné par le christianisme éclairé, l'Europe et le monde – une histoire et un destin qui vont jusqu'à être magnifiés par l'expression de "l'esprit de Genève";

     Parce que la démarche des initiants apparaît ankylosée par des mécanismes bien connus en Eglise que sont le fondamentalisme (comme piège de la conviction solitaire) et le congrégationalisme (comme tentation identitaire et abrogation des médiations institutionnelles);

     Parce qu'on ne badine pas avec les droits fondamentaux qui nous lient à la communauté internationale par-delà les sensibilités politiques, et qu'on ne saurait considérer que dénoncer la Convention européenne des Droits de l'Homme (CEDH) soit un effet collatéral possible à une décision du peuple souverain (lequel n'est toutefois pas tout-puissant et ne saurait le croire);

     Parce que notre pays s'est efforcé, au fil de son histoire, de tenir compte et de ménager ses minorités, et que sa construction même, dans le subtil équilibre des représentations fédérales, reflète ce souci constant de la paix dite confessionnelle et civile;

     Parce que la politique et le travail parlementaire fédéraux ne sauraient se concevoir sans recherche de consensus, où le bien commun, l'expérience longue et le discernement l'emportent sur les intérêts particuliers, fussent-ils majoritaires;

     Pour ces raisons notamment, l'EPG vous recommande la plus grande prudence citoyenne au moment de voter le 25 novembre 2018 ou da manière anticipée sur l'Initiative pour l'autodétermination, et ne pas lier votre vote à des arguments maladroits et à une perspective politiquement et spirituellement appauvrissante pour notre pays. La Suisse doit rester le cœur vivant de l'Europe, elle ne saurait s'incurver davantage sur elle-même et se croire autosuffisante.

  • Blocher et les juges étrangers

    Étonnant Christophe Blocher ! Étonnant et déroutant par ses contradictions telles qu’il les exprime dans l’interview qu’il a accordée au Temps du 21 octobre. Trop perso pour être crédible, le vieux tribun ?

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  • L'humanitaire et le politique.

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    Les Conventions de la Croix-Rouge et celles des Droits de l’homme ne sont pas une question d’humanitaire mais de politique.

    Je m’élève fermement contre le confinement dans le domaine humanitaire du débat sur l’élargissement de la loi sur le commerce des armes. Hier encore, au siège newyorkais de l’ONU, MM. Berset et Cassis ont entonné ce credo : « tenir compte de la tradition humanitaire de la Suisse » pour le premier, « nous demander si nous devons donner plus de poids à notre industrie d’armement, c’est-à-dire notre sécurité ou à nos considérations humanitaires » pour le second (Tribune de Genève 27 sept. 2018 p.18-19). Je relève déjà le mépris du terme considérations attribué par I. Cassis à l’humanitaire face au poids de celui d’industrie dont il gratifie le commerce des armes.

    Les fondateurs de la Croix-Rouge et les auteurs des Conventions de Genève (il y a plus de 150 ans) puis des autres traités internationaux nés des catastrophes des deux guerres mondiales ne faisaient pas de l’humanitaire dans ce sens méprisant de quelques attitudes gentilles et compatissantes, ils faisaient de la politique, de la « realpolitik », avec son côté cynique, voire hypocrite mais intelligente et clairvoyante.

    I. Cassis commet une grave faute politique (peut-être aussi humanitaire !) quand, copiant son mentor D. Trump, il ose : « La Suisse n’a pas besoin d’une administration mondiale qui est inefficace dans son travail ». Oh le bon élève ! Je suggère à son parti, le PLR, dont on pourrait pourtant attendre une meilleure connaissance de l’histoire politique suisse et internationale, de pallier son incurie en lui offrant quelques cours… Mais il est vrai que, élu par l’UDC, ce n’est pas sur cette connaissance-là de l’histoire de sa patrie qu’il le fut.

    De plus, il entonne, sans très bien savoir ce qu’il fait, l’autre credo bien actuel : la sécurité, nouvelle déesse à qui on va sacrifier encore bien des vies. Croyez-vous vraiment, Monsieur le Conseiller fédéral, que c’est en augmentant notre production et nos ventes d’armes que nous serons plus en sécurité ? Comment allez-vous garantir notre sécurité et notre neutralité dans ce commerce : en vendant plus d'armes et munitions aux USA et à l’URSS et à la Chine et à l’Afghanistan et à la France... ?

    Non, Messieurs les Conseillers fédéraux : n’ignorez pas la SAGESSE POLITIQUE D’UN GRAND SUISSE, NICOLAS DE FLUE, la sentinelle aux yeux fermés selon A. Honegger dans son Oratorio, qui appelait ses compatriotes à renoncer aux armes et à l’or du commerce et des gloires militaires! 

    Nicolas, notre Saint helvétique, ne faisait pas de l’humanitaire mais bien de la politique. Lisez donc sa biographie écrite par Philippe Baud, théologien catholique à l’Université de Fribourg : Nicolas de Flue (1417-1487), un silence qui fonde la Suisse Cerf, Paris 1993. Je vous invite aussi à contacter le bureau du Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres, vous pourriez y apprendre bien des choses sur le lien indéfectible et bénéfique entre humanité et politique mais fi de l'humanitaire!

  • Prochaines votations sur les 2 initiatives vertes : tout va très bien Madame la Marquise !

    Est-ce de la peur ou l’aveuglement qui motive le refus des deux initiatives ?

    Si seulement c’était la peur on pourrait argumen20180919_150104.jpgter et peut-être se comprendre mais, comme pour la surdité, il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Vous ne voyez donc pas que si le soleil brille, il brûle aussi et que s’il fait beau,

    et c’est vrai que c’est beau et doux et agréable cet arrière-été,

    la sécheresse tue et tuera ?

     

    Mais non, continuons… ce n’est pas vrai comme dit M. Trump, ce sera trop cher comme dénonce M. Berset en osant son : « ceux qui ne peuvent pas se payer du bio ». Touchant cette sollicitude de circonstance. Je n’ai vu et entendu ni lui ni le Conseil fédéral se battre en faveur de ceux qui ne peuvent pas se payer… des logements décents, des soins normaux, une presse de qualité... Touchante et insultante cette sollicitude : il y a des tas de gens qui, paysans et consommateurs, ne se payent pas du bio, comme si c’était un luxe mais qui choisissent une vie autre, respectueuse de la nature, de la terre et de ses habitant-e-s.

    Continuons donc et à nos enfants de se débrouiller. De toute façon c’est pour plus tard et le jet d'eau sera toujours là. Vraiment ?



  • No Billag : « Un oui contraindra la SSR à se réformer » ? Non, il n’y a pas de « plan B

    Un slogan apparaît de plus en plus : le plan B. Il y en aurait un mais, première explication, il est volontairement caché par le Conseil fédéral pour renforcer le clan du rejet par la peur et, seconde explication, c’est le travail du parlement (Le Temps du 29 janvier Opinion de Marc Comina).

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  • No Billag : l’UDC tombe (enfin) le masque et trahit ses idéaux…

    "Billag supprimée, c'est la démocratie libérée!" 

    L’invitée de la Tribune de Genève du 18 janvier, C. Amaudruz, tombe le masque et trahit. Elle n’est pas la seule…

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  • No Billag : l’étonnant soutien de l’UDC

    L’UDC a construit son idéal politique sur l’indépendance de la Suisse, sur une identité puisée dans son histoire vue à travers le prisme d’un pays résistant, seul contre tous. Le refus des juges étrangers est encore le slogan-phare du parti.

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  • La procédure, c’est la procédure, la mère n'enfantera pas !

    Et pourtant l’enfant est mort, et pourtant la mère était enceinte, et pourtant elle criait, elle disait « contractions ». Et son mari criait et sa sœur criait. Mais il y a la procédure à appliquer. DSCN0681.JPG

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  • Ce que je veux, si je veux, quand je veux ou le Marché, nouvelle divinité

    A propos de la votation sur la « sécurité alimentaire »

    On en parle peu, pas assez. C’est l’alinéa ‘c’ qui me gène : « créer les conditions pour une agriculture et un secteur agro-alimentaire répondant aux exigences du marché ». C’est justement là que l’erreur et la distorsion par rapport au projet initial ont été introduites : faire des lois du marché la norme de la production de la terre. La nature a une énorme capacité de production mais des limites aussi. Tout ce qui se passe ces temps nous le rappelle, surproduction, déforestation, huile de palme, ouragans, tous nous dit et redit qu’il est temps d’adapter nos « exigences » à ce que nous pouvons recevoir. Le contraire est cette attitude infantile du tout ce que je veux, quand je veux, si je veux. C’est l’enfant qui fait une scène dans le supermarché parce que son père ne lui donne pas le jouet, la glace, le truc qu’il veut.

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  • Votation sur l'énergie: le courage de l'espérance ou le repli

    Alors que les arguments pour et contre la loi fleurissent dans les médias, je suis plongé dans le livre de Piccard et Borschberg: Objectif soleil. Et je me  prends à regarder autrement les arguments des uns et des autres. Il n'y a pas photo: c'est soit le repli soit l'audace. Soit la peur et la concentration sur une pseudo sécurité et ce à court terme, très court terme, soit l'audace de l'avenir avec, oui, le saut dans une part d'inconnu mais avec quelles belles perspectives, et quels emplois nouveaux et quelles opportunités ! On sait ce que les deux pionniers ont choisi.

     

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  • La lutte contre l'antisémitisme otage de jeux politiques douteux

    La lutte contre l'antisémitisme otage de jeux politiques douteux

    Le Conseil national vient d'accepter une motion UDC demandant de "couper toute subvention aux ONG
    qui seraient liées à des propos racistes, antisémites ou qui soutiendraient la campagne BDS (Boycott, Sanctions, Désinvestissement)", cela avec les voix du centre, PLR et PDC et hélas celle de notre député Barazzone. 

     

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  • Propos de premier août

    « Au nom du Dieu tout puissant », ainsi commence la Constitution suisse. Quel sens lui donner?

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  • Panama’s song et les éléphants d’Hannibal ou la chute des mythes helvétiques

    Et voilà que ça recommence. Comme une pièce trop connue ou une rengaine. Vous en n’avez pas marre, vous ? Ce dernier, mais pas ultime, volet de la pièce fait suite à bien d’autres.

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  • Un dernier appel aux membres de l'UDC capables de bon sens

    Je vous appelle solennellement, vous membres du plus gros parti de Suisse, à faire amende honorable quand il est encore temps.

     

     

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  • UDC et MCG: une demande indécente

    La demande MCG-UDC, hélas acceptée par le parlement genevois, d'une session urgente extraordinaire sur le thème des réfugiés syriens (Le Courrier de ce 23 septembre) est scandaleuse et indécente. 

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  • Et si la Grèce était un modèle de démocratie?

    De quelle audace et de quel sens démocratique fait preuve le gouvernement de Tsipras en soumettant au référendum populaire l'une des décisions politiques les plus capitales pour l'avenir du peuple hellène! 

     

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  • Moins d’étrangers c’est plus écologique

     Oui, c'est affiché en vert sur nos murs par la campagne Ecopop

    Mais c’est bien sûr, nous les Suisses polluons moins que les autres, sommes plus propres, nous lavons plus et consommons moins.

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  • A propos de la fête nationale

    « Au Ciel montent plus joyeux, les accents émus d'un cœur pieux » proclame l’hymne national suisse, « Tu m’as dit d’aimer et j’obéis, mon Dieu protège mon pays » supplie la prière patriotique. Pouvons-nous encore chanter ainsi et invoquer Dieu le jour de la fête nationale ?

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