Etat d’urgence sanitaire, liberté et démocratie

Notre manière de gérer la crise du corona virus aura des conséquences majeures sur l’avenir du fédéralisme, en Suisse et ailleurs. Il semble que les pays qui réagissent le mieux, le plus rapidement et efficacement soient des pays avec un système politique centralisé.

Les nombreuses critiques émises contre l’attitude du Conseil Fédéral ont relevé sa lenteur, ses atermoiements, concluant à sa difficulté, voire son incapacité à gérer, dont acte. Mais ce qu’il faut se demander c’est, si la ligne dure et centralisatrice l’emporte (au nom de la sécurité, de la vie…), que restera-t-il après ? Aurons-nous la sagesse de lutter pour remettre à leur place les libertés et responsabilités individuelles ?

On a été et on est d’accord de toucher à ces libertés pour lutter contre le danger et c’est logique, il y a consensus : face au danger commun, l’exercice de la liberté est soumis au bien commun.

L’Allemagne est, avec la Suisse, l’un des pays les plus fédéralistes de l’Europe. Notre grand voisin a connu la séduction d’une culture dominante avec son système centralisateur, elle en a subi les conséquences et en est sortie. Nous aussi avons su et pu garder cette « sagesse » toute suisse de la responsabilité cantonale et personnelle. Les deux, Allemagne et Suisse, tentent actuellement de garder ce cap. Est-ce juste, sera-ce encore possible ? La propagation du virus semble nous donner tort. Va-t-elle l’emporter et légitimer un centralisme qui, de sanitaire, pourrait devenir politique, économique, culturel ?

Qu’on me comprenne bien, je ne nie pas l’importance de décisions fédérales fermes, mais je m’interroge sur l’après… car il y aura un après et, comme dans toute guerre. Il importe que le politique n’abandonne pas l’après-guerre aux militaires, il importe que l’état d’urgence, probablement nécessaire en temps de guerre, ne devienne pas la norme du vivre ensemble en temps de paix. Or ce risque existe.

Avec la plupart des nations la Suisse est devenue par nécessité un laboratoire épidémiologique. Il serait, il est nécessaire qu’elle soit aussi et avec d’autres un laboratoire politique qui étudie quels pays, quels régimes, quelles cultures politiques ont éradiqué le virus, avec quels moyens et quelles conséquences sur l’exercice des droits démocratiques.

Ce travail de laboratoire est de la responsabilité des institutions publiques, partis et parlements encore en état de fonctionner, mais aussi des chercheurs, des scientifiques, des communautés croyantes, des écoles et universités, des groupes économiques, des penseurs, des résistantes et des résistants.

Commentaires

  • Bonjour,
    penser que la France gère mieux le Covid-19 est une idée fausse. Alors que le 12 mars les présidents de région demandaient l'annulation des municipales du 15 mars Macron a cédé aux grosses têtes parisiennes et les a maintenues tout en décidant le 14 de fermer bars et restaurants.
    Autre exemple: son conseil politico-scientifique parisien a critiqué l'utilisation de la chloroquine pourtant préconisée par le Dr Raoult de Marseille, un des plus grands spécialistes (voir le lien: http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/03/18/covid-19-fin-de-partie-305096.html).
    Accessoirement: il y a moins de décès en Allemagne qu'en France...
    Donc: le vrai danger c'est de penser que les seuls bonnes réponses viennent des modèles autoritaires...

  • Bonjour

    Le monde devrait lire cela, avant d'ouvrir la bouche...

    https://swprs.org/a-swiss-doctor-on-covid-19/

  • " Bonjour

    Le monde devrait lire cela, avant d'ouvrir la bouche...

    https://swprs.org/a-swiss-doctor-on-covid-19/ "

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    Les informations produites par le media qui a introduit ce médecin suisse dont le nom n'est pas connu sont, comme sa raison sociale l'indique ( "Swiss Propaganda Research" (SPR) ), de la désinformation. C'est à dire la transmission d'un message destiné à obtenir un type précis de réaction et non pas un message destiné à permettre une compréhension du sujet traité.

    La plus belle blague de ce document se trouve vers la fin, je la cite in extenso :

    " The Swiss government claimed that the situation in southern Switzerland (next to Italy) is „dramatic“, yet local doctors denied this and said everything is normal. "

    Rions mes frères, qui va donc vérifier les faits des vérificateurs de faits, et qui d'ailleurs ira vérifier les faits des vérificateurs de faits des vérificateurs de fait ?

    A ce rythme la sarabande nous mènera tout droit à l'indifférence, ou pire à la violence.

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    Un article intéressant concernant le "Swiss Propaganda Research" (SPR) :

    https://www.tagesschau.de/faktenfinder/ausland/schweiz-desinformation-101.html

  • Merci de m'avoir publié Monsieur Neeser

    Maintenant, je désire vous répondre...

    Le Conseil Fédéral a agit avec excellence...Que ceux qui ronchonnent quittent ce pays !

    Cordialement

  • Tous les produits et médicaments que nous utilisons en quantité irrésonable pendant cette pandémie finissent dans l'eau! Les humains sont incapables de se comporter correctement face à la Nature, on est toujours dans l'attitude du prédateur jusqu'au jour où nous disparaitrons! Et n'oubliez pas de faire de l'exercice, aérer vos appartements et sortez la nuit pour vous balader, il n'y a personne! Prenez le soleil bras nus pour la vitamine D!

  • Cher Daniel Neeser
    Tout à fait d'accord! La dignité humaine et les acquis dans le domaine des droits humains doivent être protegés dans ces jours de confusion, même d' hysterie. Il faut garder le sens de la proportion et lutter contre les idées orwelliennes et simplistes qu'on lit parfois dans la presse.
    C'est la fonction des Nations Unies de coordiner la coopération inernationale, la fonction de la Haut Commissaire aux Droits de l'Homme de reaffirmer les drois civils, culturels, économiques, politiques et sociaux. Déjà l'experte Virginia Dandan, Rapporteur Spécial sur le Droit à la Solidarité Internationale, a redigé une déclatation sur le droit de nous toutes et tous à la solidarité internationale. Les objectifs du développement durable nous obligent à cette solidarité, entre autres l'objectif 3 sur le droit humain à la santé.
    Il y a aussi une barbarie, à propos de laquelle les medias n'ont pas suffisamment informé : les mesures coercitives unilaterales -- voir sanctions -- des Etats Unies contre Cuba, l'Iran, la Syrie, le Venezuela., etc. Les sanctions tuent -- et elles ont déjé tué des dizaines de milliers des gens, qui n'ont plus accès à l'alimentation ou aux medicaments à cause des sanctions et embargos. On pense au siège de Leningrad par les Nazis, un crime qui a couté 700,000 vies. Les sanctions américaines comportent plusieurs violations du droit international coutumier, de la Charte des Nations Unies, du Pacte Internationale relatif aux droits civils et politiques, du Pacte relatif aux droits économiques sociaux et culturels. Pire encore -- les sanctions constituent un crime contre toute l'humanité, surtout maintenant que nous luttons contre Covid-19, et les sanctions rendent la survie encore plus difficile.
    https://www.swissinfo.ch/spa/solidaridad_los-embargos-obstruyen-lucha-mundial-contra-el-covid-19/45643224

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